Le SMIC en Europe

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Le SMIC en Europe

Sur les 18 pays de l’Union Européenne qui disposaient en janvier d’un salaire minimum légal, le Luxembourg arrivait en tête avec 1.503 euros par mois ; la Lettonie était en queue avec 129 euros, selon une étude rendue publique, jeudi 13 juillet, par Eurostat. En tenant compte du coût de la vie, cela représente une différence de pouvoir d’achat de 1 à 6, explique l’office européen de statistiques. Trois groupes de pays se dégagent : celui où le salaire minimum est inférieur à 300 euros par mois, qui comprend les pays baltes et d’Europe centrale ; celui où il est compris entre 400 et 700 euros et celui où il est supérieur à 1.200 euros. Seule, parmi les anciens pays communistes, la Slovénie, qui va adhérer à l’euro en 2007, échappe au peloton de queue. En tête de classement figurent, outre le Luxembourg, l’Irlande, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Belgique et la France. L’Allemagne n’a pas de salaire minimum. Il serait d’ailleurs intéressant que les meilleurs économistes d’entre vous s’expriment sur ce qu’est sensé couvrir le salaire minimum et ce qui nous différencie de l’Allemagne, par exemple, qui n’en a pas. A moins qu’il en existe un dans chaque land.

By | 2013-03-01T15:52:26+00:00 15 juillet 2006|Economie & Finances|Commentaires fermés sur Le SMIC en Europe

No Comments

  1. Le Politoscope 15 juillet 2006 at 22 h 32 min

    Cet article a été référencé sur LePolitoscope.net

  2. A.B. Galiani 15 juillet 2006 at 23 h 02 min

    Le salaire minimum a dans la doctrine (la vulgate ?) économique au moins deux objectifs. Le premier est de corriger l’asymétrie des relations entre employeurs et employés, les uns étant supposés être en mesure d’imposer leurs conditions aux autres. Le second, dans un contexte de keynésianisme débridé, est d’en faire un instrument de soutien de la demande, entrant dans le cadre de politique contra cyclique (d’autant que la hausse du SMIC, espère-t-on, pousse à la hausse l’ensemble des salaires).
    Malheureusement, les keynésiens ne considèrent pas la relation entre coût du travail et productivité. Ou plus exactement, ils pensent que l’inflation doit venir corriger la déconnection entre coût du travail et productivité, négligeant ainsi l’aspect autoentretenu de ce dérèglement.
    Le SMIC, à l’instar des autres salaires, n’est qu’un élément du coût du travail. Les charges, bien improprement appelées « patronales » (mais « salaire indirect » par les économistes) en forment l’autre partie. Au final, le salarié ne touche que la moitié de ce que paie son employeur.

    La différence entre la France et l’Allemagne tient, à mon sens, à la différence de conception de l’Etat qui renvoie à une conception de l’entreprise.
    En France, l’Etat, surpuissant, s’est substitué aux partenaires sociaux pour imposer sa conception : le salaire minimal se fixe d’abord sur un mode technocratique, associée à l’occasion à une pointe d’électoralisme. De plus, la France a longtemps connu un syndicalisme « révolutionnaire » conduisant à jeter l’opprobre sur le monde de l’entreprise, dont les intérêts sont jugés purement vénaux.
    En Allemagne, le salaire se négocie par branche et localement .C’est un mode plus décentralisé et sûrement plus démocratique. On n’y perd pas de vue que ce sont d’abord les entreprises qui créent les richesses. Les syndicats savent se montrer fermes mais sont plus respectueux de leur outil de travail.

  3. Laurence Mahé, Nantes 16 juillet 2006 at 0 h 25 min

    Cher Monsieur Lambert,

    Je ne suis pas une meilleure économiste. Pour autant, je me permets de réagir à votre billet parce que je connais l’Allemagne. Disons plutôt l’ex-Allemagne de l’Ouest.

    Je n’ai pas connaissance de législation du travail différente dans chacun des Länder allemand. Mais je ne suis pas au courant de la législation actuelle. A part Berlin qui a longtemps bénéficié d’un statut fiscal et social extrêmement favorable du temps du mur mais la situation a bien changée.

    Je connais bien les allemands. Il faut bien se souvenir que les allemands sont sortis de la guerre différemment de nous de deux manières : 1. vaincus 2. Occupés par les américains.

    Ces deux éléments sont à l’origine d’une cohésion incroyable de la population pour retrouver une meilleure estime d’elle-même. Et, le gros avantage de l’occupation américaine a été que les allemands ont eu ce sentiment de ne pas être abandonnés mais , au contraire, qu’on leur a donné une chance de réintégrer l’économie mondiale. Soutenus pas cet espoir, les vaincus sont devenus volontaires et déterminés à s’en sortir.

    Le modèle libéral américain a uni la population autour de l’entreprise comme seule voie pour sortir de la honte et du désespoir des familles.
    Iln’y a pas eu de règlements de compte entre patrons et encore moins avec les employés. Bien au contraire, la volonté des réussir des patrons humiliés par le système nazi et les employés aussi était telle que se tirer dans les pattes n’était pas à l’ordre du jour. En revanche, très rapidement, les patrons ont su qu’ils devaient bien traiter leurs employés (d’autant qu’ils avaient été des usines qusi esclavagistes durant la guerre) et les employés ont su qu’ils ne devaient pas regimber devant le travail et aucunement gêner le bon développement des entreprises. IL y a eu un consensus tel qu’il n’y a pas eu de dialogue social nécessaire, le simple dialogue s’est fait naturellement pour que d’un commun accord tout puisse aller pour le mieux pour tout le monde.Et, les américains, mêmes occupants se sont avérés plus aidants qu’on ne l’imagine, d’autant qu’ils ont trouvé un pays exangue et donc se sont avérés être plus des sauveteurs que des ennemis. Pour exemple ,le pont aérien entre Berlin Ouest et l’Allemagne de l’Ouest qui est un symbole qui a sauvé la ville de la famine et je peux vous dire que jusqu’à aujourd’hui les allemands ont une reconnaissance encore réelle et vivante envers le peuple américain qui a sauvé leur capitale.

    Pour en revenir au smic. Donc, pourquoi faire? Avec la réussite et la renommée mondiale des entreprises allemandes, les salaires de base ont atteints des sommets rapidement. Sans doute, depuis le retour des frères de l’est, la situation s’est dégradée mais le sentiment d’adhésion à l’entreprise est ancré dans la culture allemande malgré biensûr , dans le passé,les problèmes de branches dûs à l’évolution de l’économie mondiale et ,aujourd’hui, l’intégration de l’Allemagne de l’Est.

    La France est peut-être sortie vainqueur de la guerre mais elle n’a pas eu l’occasion de s’ouvrir mentalement à l’économie mondiale puisque pas occupée.De plus, elle s’est empétrée dans ses problèmes de règlements de comptes qui a entravé le développement économique.L’entreprise n’a pas échappé aux rancoeurs et dissensions. Ca n’était déjà pas terrible avant la guerre alors après ça ne pouvait qu’être pire. Comme on est encore dans le non-dit, il ne faut pas espérer que l’unité de ce pays puisse se faire en matière de travail et de salaires si on ne sort pas du cercle infernal de notre système de communication pathologique en France, ce que j’appelle le syndrome du résistant-collabo.ON est dans un camp ou un autre et toujours pour la même raison : si on dit oui, on est un collabo, si on dit non on est un résistant. Il n’y a qu’une solution pour s’en sortir.Parce que les 36 000 lois qu’on peut encore voter serviront à peu sinon ça se saurait, nous sommes déjà les champions de la paperasse (pas pire que l’Allemagne , surtout les prussiens).Et même la méthode "dialogue social" (je n’aime pas ce terme mal-approprié) en tant que tel n’est pas une solution en propre.

    Je sais bien que ce n’est pas très "économique".Dans le genre, le Royaume-Uni, c’est pas mal non plus.

    Pour ce que devrait couvrir le smic… j’ai déjà trop écrit.

    Bien à vous ,Cher Monsieur Lambert

    Laurence Mahé, AD ump 44

  4. AB Galiani 16 juillet 2006 at 7 h 50 min

    A souligner qu’il n’existe pas de salaire minimum en Suède ou en Finlande … Signe d’une démocratie qui fonctionne bien ?

  5. AB Galiani 16 juillet 2006 at 12 h 12 min

    Pour une fois, je partage trés largement l’analyse de Laurence Mahé …

  6. Ornais 16 juillet 2006 at 15 h 11 min

    Pour rebondir sur les propos de Madame Mahe , le Japon a lui aussi retrouvé sa fierté ar le travail .. pour vaincre dans la guerre economique .. La bas aussi , on n’entends guere parler de greve .. si ce n’est avec un brassard ..

    Mais il ne faut pas negliger aussi le poids dans les budget des parts affectées a la defense .. Un porte avion , une escadre .. des parachutistes employés a quelques taches de police au loin .. sont tres coueteux aussi ..

    Et ce d’autanst plus que l’on a pas encore standardise notre armement avec les etas Europens . ni meme definis une politqie comune .. et je ne parle pas non plus d’une armee commune qui seraist bien moin chere et plus efficace ( si l’on depasse la barriere des langues ) .. La france joue cavalier seule ..surtout en afrique .. et deviens un nain diplomatique des qu’il s’agit d’un conflit serieux ..

    Le Smic a ete institue comme limite basse … et c’est devenu aujourd’hui , et atnt a devenir une norme .. en France .. Cela en dit long sur cet outil qui par son effet pervers permis cette Smicardisation des salaries ..

    Le probleme n’ets pas le SMIC .. mais le manque d’emploi … Les soudeurs ne sont pas des smicards quand ils sont efficace .. par contre la plethore de prof de sport ne va pas lfaire croitre leur salaire ..

  7. hifi 16 juillet 2006 at 22 h 25 min

    M.LAMBERT,

    Selon mes sources ,le gouvernement allemand étudie actuellement la possibilité d’introduire le smic (mindestlohn).

    Quant aux allemands,ils ont une qualité que le peuple français n’a pas:le sens du collectif et d’appartenance à une nation.

    Ils ont compris très tôt que la régionalisation (que C. de GAULLE a souhaité) était le moyen le plus efficace pour gèrer les problèmes des gens au plus près.

    Ils ont compris que les fonctionnaires étaient des serviteurs,au sens premier du terme,de l’Etat et non des "planqués donneurs de leçons politiques à des députés impuissants"

    Ils ont,sur le modèle américain qui les a aidés à reconstruire leur pays,compris le sens du mot "entrepreneur" ,qui chez nous est souvent un type qui s’est mis à son compte sans compétence particulière.En Allemagne il faut un CAP pour être plombier,en France c’est pour être coiffeur…

    Les allemands ont compris qu’un produit de qualité (made in germany) ne pouvait pas être galvaudé et surtout ils ont fait l’effort de sortir de leur pays pour les vendre.

    Allez demander à un Français de changer de région (50 km) et vous verrez sa réaction (cf Bordeaux)

    Ils ont compris que le "tout-assistanat,le tout gratuit,le tout j’y ai droit" était néfaste dans son concept.

    Je souris quand je vois le 1 euro réclamé par le médecin français:en 1965,à BERLIN,je donnais déjà 1 DM au pharmacien qui m’avait expliqué à l’époque que cela avait été institué pour "responsabiliser" les gens.

    En France,tout le monde est persuadé que c’est l’Etat qui paye,on leur a jamais expliqué que l’Etat,c’est eux…et c’est une des raisons essentielles de notre gabegie financière !

  8. Jakouille la fripouille 17 juillet 2006 at 9 h 58 min

    Salaire minimum légal dans les pays de l’Union Européenne

    Le SMIC légal en Europe, tous les chiffres par pays…

  9. jacques riff 17 juillet 2006 at 10 h 06 min

    J’ai longtemps pensé que le niveau élevé du SMIC était un frein à l’embauche. Or le Royaume-Uni et l’Irlande, souvent villipendés par certains, comme "ultra-libéraux" ont un SMIC plus élevé que la France, et un chômage beaucoup plus bas. Je suis perplexe…

  10. David Puls 17 juillet 2006 at 10 h 07 min

    Les accords de branche en Allemagne ont démontré leur efficacité par rapport à notre système de salaire minimum… il me semble pourtant que cela est dû pour une bonne part à l’obligation de «paix sociale» (Sozialfrieden) qui est partie intégrante de tout accord. D’autre part, le patronat a des moyens de pressions pour faire respecter cette paix social : la fermeture (provisoire) d’entreprises non-grévistes de la même branche (Aussperren). Sachant que les grévistes ou les employés empêchés de travailler sont rémunérés par leurs syndicats, un conflit peut très rapidement vider les caisses du dit syndicat… ça fait réfléchir. Concernant le fédéralisme allemand évoqué par des post précédents: Il est vrai que cela permet un mode de gouvernement plus proche des populations et que cela crée une certaine compétition (dans le domaine de l’enseignement supérieur notamment)… mais cela à un inconvénient colossal: le coût. Des 16 Länder qui composent la république fédérale, 11 bénéficient d’aides compensatoires (Länderausgleich). Le poids de l’administration des Länder (et des communes) est souvent trop lourd pour les états les moins peuplés. Les experts estiment que le «seuil de rentabilité» est de 5 millions d’habitants, or la plupart des états sont bien en deçà (l’état de Hambourg, par exemple, ne compte que 660000 hab.). Je ne partage donc absolument pas les avis qui nous décrivent le système fédéral comme étant LA solution. Les allemands ont d’ailleurs des difficultés considérables pour réformer ces états dont les frontières sont issues du découpage des alliés : paradoxalement, l’identification au Land est souvent bien plus forte qu’à l’Etat fédéral. Il y a pourtant fort à parier que dans ce domaine comme tant d’autres, une qualité fondamentale des allemands sera à nouveau la clef: le pragmatisme.

  11. AB Galiani 17 juillet 2006 at 13 h 39 min

    A Jacques Riff
    Le SMIC n’est qu’une partie du coût du travail. Il faut rajouter tous les "à cotés" : charges "employeur" (50 % pour le privé) , taxes sur les salaires ; versements divers … Il faut donc comparer "tout compris".
    L’INSEE a montré d’ailleurs qu’une diminution de ces ‘"à coté" a un effet sensible sur l’emploi.

  12. libé 17 juillet 2006 at 15 h 06 min

    L’économie est un ensemble d’équations décrivant un système dans lequel on recherche une maximisation des variables. Une des équations nous indique que pour produire, il faut du capital et du travail, chacune de ses variables ayant un coût.
    La fixation d’un coût minimum du travail n’est pas une notion très « économique » quand elle repose sur les idées de relations « sociales » entre employeurs et employés et l’exploitation des uns par les autres, ces notions relevant plus de la politique et du syndicalisme que de l’économie, excepté peut-être chez Marx et encore ce n’est pas si simple. Bref, en économie si un salaire minimum est fixé alors, nous avons juste une équation de plus dans notre système caractérisée par L≥x.
    Dans tout système, chacun cherche à maximiser les variables, y compris le travailleur qui, si le coût du travail lui paraît trop faible et si il peut bénéficier d’autres ressources, peut préférer ne pas se mettre sur le marché du travail tout simplement. Inversement, si le coût du travail est trop élevé, on aura plus tendance à jouer sur la variable « capital » pour maximiser la production. Le résultat d’un coût du travail trop faible ou trop élevé sera inévitablement le chômage.
    Tout ça pour dire que d’une façon ou d’une autre le système est régi par l’offre et la demande et s’équilibre de lui-même avec les contraintes qu’on lui impose, sans pour autant éliminer tout chômage. La fixation d’un salaire minimal n’est qu’une contrainte mathématique supplémentaire et qui au final n’a pas grand influence sauf pour l’Etat qui s’en sert malheureusement d’outil de communication, plus que d’outil de régulation, et se donne une image interventionniste ou non.
    En Allemagne, ils ont choisi la voie de la négociation pour fixer ce salaire plutôt que la loi. La contrainte mathématique demeure cependant même si le cadre de la négociation est plus souple et donc par définition meilleur régulateur.
    Economiquement, la baisse du coût du travail n’est pas aberrante, politiquement, voire syndicalement, elle est difficilement concevable.

  13. Eric 21 juillet 2006 at 14 h 59 min

    Cher Monsieur Lambert,

    je suis surpris que vous n’ayez pas consulté un rapport public du "Conseil supérieur de l’emploi, des revenus et des coûts" sur le smic

    Vous y trouveriez des reponses édifiantes sur les questions que vous posez sur l’Allemagne et que certains soulèvent en evoquant la suède.

    http://www.cerc.gouv.fr/rapports...

    on y parle d’accord de branches. De salaires minimum par branche. on y parle de taux de syndicalisation à 80%.

    Autant de choses qui sont dans la droite ligne de la recente revision des regles des seuils dans les entreprises au nom de l’accroissement de l’activité.

    Je suis surpris que vous ne soyez pas en arret devant la situation britannique. Un smic existe …. et la pas de commentaires . La grande-Bretagne tant de fois citée en référence.

    Quant au japon qui semble raviver la nostalgie de certains, peut on rappeler l’excellence du pays du soleil levant dont on a fini de nous parler depuis l’excellente gestion économique qui a conduit le système bancaire nippon au bord de la banqueroute et dont les elites politiques ont regulierement fait le devant de l’actualité pour des "affaires" avec démission à la clé.

    Le SMIC n’a pas votre faveur c’est clair. J’aimerais savoir sidans quelle partie du discours "travailler plus pour gagner plus ", vous faites le raccord avec l’augmentation en 6 ans de pres de 70% du prix d’un appartement.

    Le promoteur, l’agent immobilier, l’heritier ont travaillé autant plus pour gagner autant plus.

    Le logement qui n’est qu’"un poste parmi d’autres " du budget d’un ménage peut augmenter sans discontinuer , tant que les taus sont a 3% ?

    Le sujet important est donc le smic et ses contraintes.

    J’ai beaucoup apprecié votre billet sur la relance. Vous devriez le transposer dans une approche du phenomène immobilier avec toute la hauteur européenne qu’il sied au sujet.