La protection de l’enfance n’est pas négociable

//La protection de l’enfance n’est pas négociable

La protection de l’enfance n’est pas négociable

Il semble qu’une controverse assez partiale s’invite imprudemment dans le débat public, à propos de la non-réouverture du Foyer « Les Sources » à Flers.

France 3 Basse Normandie en fait un papier sur son site, et la presse écrite également. Sans doute serait-il utile de revenir d’abord aux motifs qui ont conduit à la fermeture du foyer par décision du Préfet de l’Orne.

Qui peut s’accommoder de ce qui s’y est passé ? La Justice est saisie de faits dont le droit pénal donne des qualifications dont la gravité devrait faire frémir ceux qui jouent sur les mots avec la situation présente.

Pour ma part, j’assume les devoirs considérables qui me sont fixés par la loi, en qualité de Président de Conseil Général et dont personne n’a qualité pour m’en dispenser : garantir la protection des mineurs accueillis dans leur santé, leur sécurité, leur moralité et leur éducation, et ce au moyen de conditions optimales d’installation, d’organisation et de fonctionnement de l’établissement.

Ces exigences ne pouvaient être remplies par l’association Montjoie que dans le cadre d’une réouverture progressive, selon un format qui a été arrêté conjointement entre les services de l’Etat et du Département. Elle s’y refuse. C’est sa responsabilité.

Si cette association veut traduire le Conseil Général devant une juridiction administrative, je l’y attends de pied ferme. Pour ma part, je me réserve de l’appeler en garantie devant une autre juridiction afin qu’il soit recherché les responsabilités réelles de chacun sur les faits graves qui se sont produits avant la fermeture. Pour moi, je le dis calmement mais sans faiblesse : la protection de l’enfance n’est pas négociable !

By | 2017-03-13T11:27:33+00:00 27 octobre 2012|Orne|2 Comments

2 Comments

  1. PREVOTS 30 janvier 2013 at 12 h 01 min

    Bonjour,

    Étant moi même salarié (au moment des faits) de l’établissement que vous accusez de tous les maux, je m’autorise un droit de réponse à toutes les déclarations faites par vos services qui s’apparentent trop souvent à de la « diffamation » (prescrite aujourd’hui rassurez-vous), le mot est fort mais quand un communiqué de presse de vos service déclare que « des viols » ont été signalé aux sources, sans indiquer qu’il s’agit de jeunes entre eux et qu’en réalité les dits-viols n’ont pas été qualifiés ainsi par un magistrat, et quand l’auteur ajoute que les violences des mineurs n’ont pas fait l’objet de réponses éducatives, les raccourcis pris sont trop rapides (je vous renvoie à l’art29 Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse) et reflètent soit une méconnaissance du dossier, soit une volonté de nuire.

    Je ne remets pas en cause la gravité de ce qui s’est passé, pas plus qu’aucun de mes anciens collègues et, s’il est vrai qu’à tous les niveaux il était possible de travailler différemment et mieux, je pense et persiste à dire que les faits reprochés ne peuvent en aucun cas être imputés aux salariés (contrairement aux diverses allégations), s’il en était autrement je ne doute pas que des poursuites pénales seraient déjà engagées.

    Je me pose la question du sens d’une décision de fermeture directement liée à la problématique des jeunes accueillis, que les services de la protection de l’enfance du conseil général continuaient à orienter vers notre établissement en nous cachant sciemment des informations importantes, graves parfois, et cessaient de suivre dès leur admission (absence quasi systématique aux réunions de synthèse, absence de réponse téléphonique, absence de prise de décision urgente, quand la situation l’imposait…).
    Notre établissement avait à accueillir une « concentration » de jeunes aux profils complexes, qui avaient souvent eu des expériences malheureuses dans d’autres institutions, et dont les situations demandaient une prise en charge accrue sans que les moyens ne le permettent réellement.
    La responsabilité des incidents que vous mettez en avant ne peut qu’être une conséquence de plusieurs dysfonctionnements dont l’origine n’est pas LES SOURCES.

    Je ne jette bien sûr pas la pierre sur les collègues de l’Aide Sociale à l’Enfance, qui ont eux aussi à faire un travail toujours plus compliqué avec des moyens toujours plus réduits mais je pose la question de l’avenir de la Protection de l’Enfance dans notre département, et en France, si les moyens qui lui sont accordés, s’amenuisent à ce point.

    J’ai toujours exercé les missions qui m’étaient confiées avec éthique et responsabilité dans le respect stricte de la loi, comme bon nombre de mes anciens collègues. L’image qui pèse aujourd’hui sur l’ensemble des « ex salariés des Sources » n’en est que plus difficile à porter.

    Par ailleurs, j’ai, avec d’autres, eu la responsabilité d’annoncer le 13 juillet dernier à des adolescents que dès le lendemain, ils devraient quitter « les Sources » (un point de repère pour beaucoup qui avaient trop souvent connus des ruptures violentes) sans avoir la possibilité de leur donner la moindre indication quant à leur avenir immédiat, puisque personne n’en avait connaissance, pas même leurs familles (je vous renvoie cette fois à la loi du 2 janvier 2002). J’ai dû terminer mon travail d’accompagnement de ces jeunes dans les larmes (les leurs), sous le regard des représentants du Conseil Général qui ne se sont pas donner la peine de faire de déclaration aux salariés présents.
    Une JOURNÉE NOIRE POUR LE TRAVAIL SOCIAL. J’ose espérer que ce n’est pas cette image de la protection de l’enfance que vous souhaitez défendre.

    J’ajouterai simplement, avec une pointe de provocation tout de même et beaucoup d’amertume, qu’étant éducateur spécialisé diplômé en recherche d’emploi active depuis mon licenciement « économique », je n’ai vu que trop peu d’offres d’emploi correspondant à mon profil, et mon niveau d’étude. Je ne peux donc que faire le constat que les places d’accueil des SOURCES n’ont, à ma connaissance, pas été reprises dans l’Orne, puisque des moyens humains auraient été nécessaires pour une telle prise en charge.

    Une belle économie tout de même, pour un Conseil Général qui continue de prétendre que « la protection de l’enfance n’est pas négociable ».

  2. PREVOTS 18 février 2013 at 10 h 00 min

    erratum:
    Le troisième paragraphe est inexact: il y a bien sûr eu des suivis de qualité par des professionnels compétents au sein de l’ASE, mais certaines situations n’ont pas été traitées de manière adaptée, et ont pu entrainer des conséquences regrettables. Les exemples cités sont exacts mais ne peuvent faire l’objet d’une généralité.

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