La modernisation de la France est en
marche. Le gouvernement, après de nombreuses réformes, franchit une étape importante en
dévoilant la nouvelle architecture du budget de lEtat.
De quoi sagit-il ? De
reconstruire le budget de lEtat, en partant du besoin des citoyens et non des
demandes des administrations. En offrant à lEtat la chance de travailler sous le
regard éclairé de nos concitoyens, informés des objectifs fixés pour mener à bien des
politiques publiques clairement identifiées.
Il était temps de rénover cette
construction budgétaire, qui datait de 1959. Elle ne correspondait plus aux besoins
dun Etat moderne. Elle liait les mains des gestionnaires et constituait un frein à
la réforme. La marge de manuvre du Parlement, pourtant concerné au premier chef
dans lexercice de cette responsabilité, devenait infime.
Aujourdhui, avec plusieurs
mois davance sur le calendrier fixé, nous présentons la première pierre de ce
nouvel édifice quest la loi organique du 1er août 2001. Cest la
pierre dangle. Il sagit des nouveaux principes dorganisation du budget
qui simposeront désormais, à compter du projet de loi de finances pour 2006, à
tous les décideurs publics. A chaque politique publique correspond désormais une
mission. Après un long travail, le Gouvernement en a identifié environ 45, dont une
dizaine dépassent les frontières jusque-là imperméables des ministères. Chaque
mission se décompose en programmes qui, eux-mêmes, se déclinent en actions. Le
Parlement, père de la réforme, sera associé étroitement à sa mise en oeuvre. La
concertation sengage aujourdhui pour que nous puissions graver dans le marbre,
au printemps, cette nouvelle architecture budgétaire.
Ne nous y trompons pas : il ne
sagit pas dun aménagement technique de plus, mais bien dune révolution
refondatrice de lEtat. Avec ce nouvel édifice, nous dépassons les cloisons
actuelles des structures administratives, pour donner plus de force à la réforme.
Cette nouvelle architecture engage
une modification en profondeur du fonctionnement de lEtat, ouvrant la voie à une
culture de la performance. Les politiques publiques sont enfin clairement définies. Elles
se déclinent en programmes fixant des objectifs mesurables grâce à des indicateurs de
résultats. On saura dire clairement ce que lon fait de largent des Français,
et quel est le résultat obtenu.
LEtat va sapproprier une
nouvelle culture managériale, qui renforcera la fierté des agents de le servir. A la
tête de chaque programme, un responsable transcendera les organisations administratives
actuelles. Il sera libre de lutilisation des crédits au sein de son
programme ; en contrepartie, il sera jugé sur ses résultats. Il ma toujours
semblé étrange de juger de la qualité dun ministre et de la politique quil
mène en fonction des hausses de crédits quil obtient. Les ministres et leurs
politiques doivent être jugés sur les résultats quils obtiennent au bénéfice
des Français en utilisant largent public. En dautres mots, le bon ministre
doit être celui des résultats et non celui des moyens.
La logique quantitative de moyens
sefface devant la culture qualitative de projet
Ainsi, la culture du résultat
sinvite dans les administrations. La logique quantitative de moyens sefface
devant la culture qualitative de projet . Pour accompagner ce mouvement de fond, nous
appliquerons à lEtat des règles de la comptabilité des entreprises. Cest
ainsi que la réforme se construira. Cest par là quen renouvelant leur
travail, en les mobilisant autour dobjectifs, en leur donnant les moyens de les
atteindre, chaque agent de lEtat retrouvera de la fierté dans lexercice de
ses missions.
Au sein de ladministration,
monte un mouvement profond, dabord de curiosité, puis dentrain, pour
participer à la découverte et à la réussite de ce nouveau mode de fonctionnement.
Grâce aux expérimentations réalisées depuis 2003, les esprits sont bien préparés.
Dès 2005, nous en recueillerons les premiers résultats, pour présenter au Parlement, à
lautomne 2005, le premier budget qui sera voté dans cette configuration nouvelle.
Même si, aujourdhui, nous
sommes en avance sur notre plan de charge, le temps nous reste compté. Redoublons
dardeur pour expliquer cette réforme aux Français. Bien quaride, ce sujet
peut les passionner dès lors quil est sans cesse rappelé que le budget ne se
construit quavec largent prélevé sur le fruit de leur travail. Il
sagit dun vrai enjeu politique, qui va changer la vie de lEtat et
permettre de revisiter lensemble des politiques publiques. Cest ainsi que nous
ré-enchanterons tous ceux qui sont à luvre dans lEtat et qui sont en
quête de sens dans ce beau métier de service des autres.
Alain Lambert, ministre
délégué au Budget et à la Réforme budgétaire
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