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Les cinq cohérences du Gouvernement
Pour la seconde fois en quelques semaines, Laurent Mauduit instruit malicieusement à charge contre la politique du Gouvernement, sans que la défense ait été appelée à s'exprimer. Je m'invite donc cordialement au débat pour alerter sa vigilance sur les cinq remarques lacunaires de sa dernière démonstration qui qualifie d'incohérences ce qui au contraire résulte d'une volonté politique du gouvernement.
1-En matière de politique de revenus, le gouvernement serait resté inerte ! Tout au contraire, la baisse dimpôts sur le revenu, la convergence des Smic vers le haut relevant le pouvoir dachat de plus de la moitié de ses bénéficiaires de 11,5 % entre 2003 et 2005, le relèvement de la prime pour lemploi, décidés malgré le dérapage du déficit hérité de la précédente gestion, témoignent de la volonté déterminée de soutenir le pouvoir dachat des Français, ce qui sest mesuré et retrouvé incontestablement dans la consommation et donc dans la croissance. Largument de la suppression du dispositif de TIPP flottante est anecdotique quant on sait que le prix du carburant à la pompe reste, malgré le conflit au Proche-Orient, inférieur à celui de septembre 2000.
2-Nous créerions des menaces sur loffre au détriment des entreprises à cause des taux élevés que devrait maintenir la BCE du fait de la politique budgétaire française.
Rappelons dabord que la dégradation du taux de marge au cours des dernières années tient dans une large mesure à l'affaiblissement de la productivité lié à la mise en uvre des 35 heures. Au-delà de ce facteur structurel et du repli des marchés financiers, latonie de linvestissement tient surtout à une insuffisance de la demande et non à un problème doffre.
Au surplus, des mesures fortes d'allégement de charge ont été prises en faveur des entreprises : près de 3 milliards d'euros en 2003, avec l'approfondissement des allégements de charges sur les bas salaires, la suppression de la part salariale de la taxe professionnelle et les contrats jeunes sans charges. Sans oublier les mesures pour libérer les entreprises de contraintes inutiles (assouplissement des 35 heures, suspension de la loi dite de modernisation sociale ).
Il serait pour le moins paradoxal, d'un côté, de regretter que les pouvoirs publics ne fassent rien pour soutenir la demande, et de l'autre, de souligner les méfaits potentiels de l'accroissement du déficit public. Les enquêtes de conjoncture attestent que les entreprises jugent leurs conditions de financement favorables. Le poids des charges dintérêt dans la valeur ajoutée reste à un niveau modeste. Ainsi, alors que les surcapacités sont largement résorbées, rien ne soppose à ce que linvestissement reparte dès que lhorizon séclaircira.
Enfin, il n'y a pas lieu de s'étonner qu'un pays laisse jouer les stabilisateurs automatiques, comme le fait la France, face à un affaiblissement sensible de la demande interne et externe. Ce n'est pas s'écarter du "bon chemin", ni risquer de déclencher une réaction négative des autorités monétaires, dès lors que les dépenses sont tenues.
3-Le gouvernement naurait pas les moyens de baisser les impôts et de revenir à 2,9 % de déficit par rapport au PIB. Sappuyer sur de soi-disant " simulations secrètes " de Bercy pour étayer un scénario budgétaire apocalyptique et parler d " équations budgétaires " ne convainc pas, alors même que les prévisions de finances publiques transmises à Bruxelles sont plus sincères quelles ne lont jamais été. Pour avoir dénoncé et démontré le mensonge budgétaire dans le passé, chacun peut compter sur moi, et sur lidée que je me fais de lhonneur, pour ne jamais mabandonner aux pratiques du passé. Il est, en conséquence, faux daffirmer que le gouvernement serait confronté à une équation budgétaire insoluble. Cest affaire de volonté, de solidarité et de méthode. Au nom de quoi, dans un pays qui engage 570 Mds de dépenses budgétaires et sociales, serait-il impossible de se donner lobjectif de réduire le solde de 9Mds ? La France serait-elle à ce point résignée sur sa capacité à décider de son destin quil lui serait désormais impossible dinfléchir le rythme de ses dépenses ?
Quant à la poursuite de la baisse des impôts, dont la TVA, énoncée comme impossible, faut-il rappeler que le précédent gouvernement affirme les avoir allégés lui-même denviron 2 points de PIB ? La croissance la aidé, certes. Elle permettra, le moment venu, au nouveau gouvernement, de faire de même. Mais cette fois, de manière responsable, c'est-à-dire en réduisant les dépenses à due concurrence. Puisque chacun sait quaucune baisse dimpôts nest durable si elle nest assise sur une baisse équivalente de dépenses pérennes.
4-A propos des dépenses, celles qui sont privilégiées et auraient été trop accrues sont celles qui concourent directement à rétablir lautorité de lEtat dans ses prérogatives régaliennes, celles de police, de justice, de défense. Les premiers résultats sont dailleurs tangibles et les Français le reconnaissent. En revanche, les ministères en charge de ces missions fondamentales, pas plus que les autres ministères, ne sont dispensés de maîtriser les dépenses courantes qui nont rien de régaliennes et sont communes à toute laction publique. Les ministres concernés le savent et sappliquent, à raison de limportance pour les Français des fonctions quils exercent, à supprimer tout gaspillage et optimiser les crédits quils leur sont alloués, dès le premier euro.
Cest encore sur la base dune " confidence " quune hypothèse " conventionnelle " de 50.000 suppressions demplois serait retenue pour 2004. Curieusement, les affirmations les plus irréalistes sappuient toujours sur des documents secrets. En revanche, il nest nul besoin dêtre expert pour considérer que, si le précédent gouvernement a décidé de 45.000 emplois nouveaux dans la fonction publique dEtat, sans amélioration apparente du service rendu aux Français, il ne serait pas indécent de faire le contraire. C'est-à-dire : ne pas remplacer lintégralité des départs à la retraite, avec les réformes qui permettent un meilleur service pour nos compatriotes.
5-Jen termine avec lassurance maladie dont laccroissement des dépenses rendrait inéluctable laugmentation de la CSG. Peut-on considérer que les Français tolèreront indéfiniment laugmentation des prélèvements sur le fruit de leur travail au motif que certains catégories de dépenses, pour nobles quelles soient, seraient réputées immaîtrisables ? Jaffirme pour ma part exactement le contraire. Ils attendent de leurs représentants une maîtrise juste et responsable des dépenses qui sont engagées en leur nom et pour leur compte. Ces dépenses, à leurs yeux, ne doivent pas dépasser leur capacité contributive. Ils sont indignés à lidée quon puisse leur en dissimuler la dérive par la dette qui serait cyniquement ainsi renvoyée à leurs enfants. Certes, cela suppose de renforcer la responsabilité individuelle de chacun, mais cest lhonneur de la politique de placer chaque citoyen face à ses responsabilités.
Cest au nom de cette conviction profonde et inébranlable fondée sur vingt années dengagement ininterrompu au service de nos concitoyens que j'ai souhaité relever les lacunes sur lesquelles se fondaient les prétendues incohérences de la politique économique du gouvernement. Il ne promet ni " tout et son contraire ". Mais la sincérité, le courage et leffort. Et il sait que des millions de Français seront pour ce faire à ses côtés.