Club " Courage et
Convictions "
L'ÉTAT n'est pas une fin en soi : il doit être au service des citoyens et de l'intérêt général. Pour remplir sa mission au sein de l'Europe et dans un univers qui se mondialise, nous l'appelons solennellement à se réformer, c’est-à-dire au lieu de tout régenter, se recentrer sur ses missions qui lui sont propres (sécurité des personnes et des biens, Justice, diplomatie et défense). Ce recentrage est urgent et nécessaire. La sûreté n’est plus aujourd’hui garantie à chaque Français. Or chacun doit pouvoir vivre en sécurité dans une société libre et confiante. L’esprit de responsabilité individuelle qui fonde le pacte républicain doit plus que jamais être restauré. La responsabilité des parents doit être réaffirmée, la prévention renforcée et la l’instruction civique rétablie. Une trop grande majorité des jeunes Français connaissent mal les institutions de leur pays. Or, la démocratie a ses règles ; elle se vit au quotidien et comporte des devoirs. Les connaissent-ils ? Des réponses de justice et de fermeté doivent être apportées en sanctionnant lourdement la délinquance et la récidive. Elle appelle une police forte et respectée. Pour redonner efficacité à notre justice, les moyens nécessaires à son fonctionnement devront être accrus. Les dernières crises internationales ont souligné la faiblesse de nos armées qui souffrent d’un sous-investissement chronique auquel il ne peut être remédié que par la stricte application des lois de programmation militaire. La décentralisation est un gage d'efficacité des États modernes. Elle est aussi la pierre angulaire d'une société plus libre et plus responsable. Mais elle est en panne aujourd'hui en France. Simplifions la carte administrative et transférons les compétences aux échelons les mieux à même de les exercer. L’attente d’une réforme de l’Etat est si grande que chaque Français doit y être associé. A l’instar des Cahiers de doléances de l’Ancien Régime qui précédèrent la réunion des Etats généraux, instaurons les Cahiers de la Réforme afin que chaque citoyen soit appelé à apporter sa pierre à la reconstruction de l’édifice républicain. La volonté réformatrice doit s’affirmer avec une vigueur sans précédent. Ainsi l’engagement doit-il être pris d’abroger, au cours de la prochaine législature, davantage de normes législatives et réglementaires plutôt que d’en créer de nouvelles. Et alléger ainsi le poids écrasant de l’écheveau de lois et de règlements pléthoriques. Trop de lois qui ne sont plus appliquées tuent le respect de la loi. Parlement et administrations seront ensemble mobilisés à desserrer le carcan qui paralyse la France.
L’Euro concrétise ce vieux rêve. Consolidons maintenant avec la même audace l'Europe économique, politique, sociale, diplomatique et militaire, et développons chez elle la conscience de ses responsabilités face au monde. Sur la scène internationale, l’Europe doit ainsi être en mesure de mettre en œuvre une aide au développement efficace, cohérente, fondée sur une analyse commune des défis de la pauvreté. Sur la base d’un dialogue approfondi avec nos alliés américains, l’Europe doit formuler des propositions alternatives ou complémentaires, conforme à ses valeurs et à ses intérêts, dans la gestion des crises. Enfin, cette cohérence diplomatique impose, pour être crédible, un outil militaire, commun, modernisé, réactif et autonome ". Cette Europe sera respectueuse de la singularité de chacun de ses peuples. Elle s’organisera autour du principe de subsidiarité. C’est-à-dire qu’elle n’interviendra que là où elle sera plus efficace que les Etats. Les législations, principalement fiscales et sociales, doivent s’harmoniser. Une constitution fixera les droits et devoirs des citoyens européens et définira clairement le rôle de leurs gouvernants. C’est à cette condition que l’élargissement de l’Europe ne conduira pas à sa dislocation.
L'accélération de la mondialisation appelle au renforcement du rôle des grandes instances internationales (Fonds Monétaire international, Banque Mondiale, Organisation Mondiale du Commerce...). Dans le concert des grands intérêts privés, la voix de la France et de l’intérêt général doit se faire mieux entendre. Ces instances doivent poser les fondations d'une nécessaire régulation mondiale comme accompagnement naturel de la liberté accrue des échanges.
Toute communauté pour créer richesses et emplois a besoin de l’imagination et de l’effort de l’ensemble de ses membres. A l’inverse, l'excès d'assistance altère la responsabilité individuelle, bafoue l'équité et compromet la croissance. Aujourd’hui, l’action publique a atteint ses limites, elle s'appuie en effet sur des prélèvements sans cesse croissants dont l’efficacité est devenue dérisoire. Nous proclamons la dignité souveraine du travail, source de richesse matérielle et morale. C’est son fruit que l’on redistribue. L’oublier bafoue sa valeur. Nous affirmons que l'activité doit demeurer la norme et le chômage l'exception, comme le montre l'exemple de nombreux pays industriels qui connaissent un niveau d’emploi bien supérieur au nôtre. Réorientons la dépense sociale. La solidarité doit se conjuguer avec le respect et la dignité de la personne. Redéfinissons les modalités, aujourd'hui très étatiques, de la redistribution c’est-à-dire développons et remotivons chacun dans sa responsabilité de chacun. Donner une seconde chance à ceux qui sont à la recherche d’un emploi est notre exigence fondamentale. C’est pourquoi, nous sommes favorables à une fiscalité sur le travail moins pénalisante et à plus d’équité fiscale. Nous devons promouvoir l'actionnariat salarié et ouvrir les fonds de pension à tous. Dans un monde ouvert, où la concurrence s'exerce au-delà des frontières, les acteurs économiques doivent s'appuyer sur un environnement qui les favorise, au niveau tant réglementaire, fiscal que financier.
L'éducation et la formation doivent s’ouvrir sur le monde, aux nouvelles technologies et aux métiers de demain, faciliter l'insertion, par l'emploi, développer le goût d'entreprendre et, pour cela, valoriser l'enseignement professionnel. L’assurance d’un emploi contribuera à apaiser la violence à laquelle cèdent certains jeunes qui s’estiment aujourd’hui sans avenir Une Nation se construit autour de liens forts, comme la famille, l'éducation, la protection sociale ou les corps intermédiaires, qu’il convient de soutenir. La famille est la base de la société et a droit à sa protection Nous plaidons notamment pour des allocations familiales plus attractives et le renforcement de la responsabilité et de l'autorité des parents Les solidarités doivent être préservées. La protection sociale doit être réformée en profondeur. Face au choc démographique dont les effets s’annoncent, notre système de retraite a besoin d’être consolidé : la durée d’activité doit être allongée par une incitation à prolonger la vie active. Les régimes du public et du privé doivent être harmonisés. Et les fonds de pension créés. Nous devons aussi assumer dans la clarté la priorité donnée à la santé publique en éclairant son coût et la répartition de son financement. Avec les Cahiers de la Réforme évoqués plus haut, chaque citoyen serait associé au débat politique, d’où l’importance à accorder aux associations, aux syndicats, aux actifs (salariés, chefs d’entreprises, professions indépendantes et libérales). Chaque génération est responsable du patrimoine qu'elle transmet : nous n’en sommes que les dépositaires avec droit d'usage de l'air, de l'eau, de la terre, du vivant, des paysages, de l'harmonie du monde qui nous accueille. L'équilibre du développement est une responsabilité éminente des démocraties développées.
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