Vendredi 10 novembre 2000, Halle aux Toiles

 

Synthèse de la consultation des Alençonnais

Par Alain Lambert, sénateur-maire d'Alençon

 

Mesdames, messieurs,

Un engagement aussi absolu, aussi fort, que celui de maire ne peut se vivre pleinement qu'en étroite union avec les habitants. C’est le sens du dialogue que j’ai voulu engager avec vous pour m’assurer de vos souhaits, vos préférences, vos choix pour les années futures, à la veille des élections de mars 2001.

Merci, une fois encore, d'avoir répondu à cet appel.

Le questionnaire n'a pas valeur de sondage. Je le souligne d'emblée avec insistance. Il n’a aucun caractère scientifique. Je n'interprète donc vos réponses ni comme une enquête d’opinion scientifique, ni comme une intention de vote.

Deux mille réponses, le chiffre est considérable. Moins de 15 000 exemplaires ont été distribués. Le taux de retour est de 13 %, un niveau jamais égalé. A titre d'exemple, les autres questionnaires adressés ces dernières années, notamment par la Lettre du maire, sur les sujets les plus divers, n’ont jamais recueilli plus de 300 réponses.

J’ai parfaitement conscience qu'ont principalement répondu les habitants qui me soutiennent (90% environ, et que ces réponses ne reflètent donc pas la moyenne de l’opinion alençonnaise qui place traditionnellement majorité et opposition à peu près à égalité). Les tranches d’âges et les catégories socio-professionnelles représentées ne sont pas, non plus, le reflet exact de la sociologie alençonnaise. Cependant si 2 000 personnes se donnent la peine de répondre et renvoient le bulletin, voilà qui mérite d'être analysé, interprété et restitué directement auprès de vous, ce soir.

Je vous propose donc de reprendre les principales questions, en examinant les réponses par grandes rubriques.

 

Préparer l'avenir et défendre les intérêts d'Alençon

§                Souhaitez-vous que votre maire reste sénateur ?

§               Souhaitez-vous qu'il soit à nouveau candidat à la fonction de maire ?

Contrairement à ce que l'on dit et pense souvent, les électeurs ne sont pas opposés au cumul des mandats : 89, 1 % souhaitent que leur maire reste sénateur, 86, 6 % souhaitent qu'il soit à nouveau candidat à la fonction de maire

§                Souhaitez-vous qu'il reste président de la Communauté urbaine, sans être maire d'Alençon ?

En revanche, l'idée que le maire soit président de la Communauté urbaine (l'agglomération d'Alençon) sans rester maire d'Alençon ne passe pas. Seuls 34,3 % le souhaitent et 49, 7% y sont hostiles

Apparemment, certains habitants se sont demandés si j’étais frappé par la règle du cumul des mandats et si je devais donc choisir entre le mandat de président de la Communauté urbaine et celui de maire. Il n’en est rien.

Il est vrai, cependant que j’ai cherché à analyser si vous mesuriez bien que désormais les pouvoirs principaux et les moyens financiers sont entre les mains du président de la Communauté. Je constate que ce n’est pas encore perçu. Même si je le regrette un peu, je le comprends et j’en tiens compte !

§                Souhaitez-vous que ce nouveau maire soit une femme ?

A cette question, seuls 9,1% répondent favorablement. 58,6 % y sont défavorables et 32% ne se prononcent pas. 10 % est un taux bien faible, presque caricatural, sans aucun doute peu révélateur. Je l'interprète comme un moyen utilisé par les Alençonnais pour me signaler qu’ils y ont vu comme une sorte de prétexte destiné à m’aider à me soustraire à une candidature.

§                Souhaitez-vous la reconduction de la majorité municipale actuelle ?

§                Souhaitez-vous une alternance politique à la mairie ?

Sur ces deux dernières questions, les réponses sont contradictoires et difficilement interprétables. La formulation des questions a donné lieu à difficultés : "Majorité municipale", "l'alternance", sont des vocables qui n’ont pas toujours été compris. Mais au-delà de ces difficultés d’interprétation, j’en ai conclu qu’une forte attente de renouvellement existait.


Annonce de mon choix

Voilà donc l'interprétation que j’ai faite de vos réponses. Au regard de ces réponses et des réflexions qu’elles m’ont donné à méditer, j’ai pris ma décision : je serai à nouveau candidat à la fonction de Maire en mars prochain. C’est votre souhait. Ce sera ma joie de porter vos espoirs. J’y consacrerai le meilleur de moi-même, et je vous demande et j’ai besoin de votre soutien le plus déterminé, j’y reviendrai dans un instant.


 

Sur l'action de la ville

La seconde rubrique portait sur le rapport entre les impôts et le service rendu aux habitants.

§                Globalement, estimez-vous suffisants les services rendus par la ville ?

§                Ou préférez-vous disposer d'un plus grand nombre de services, au risque d'impôts supplémentaires ?

La question des impôts était clairement posée. Et la réponse est claire, sans ambiguïté : vous ne voulez pas d’impôts supplémentaires ! Seuls 5,4% préfèrent disposer d'un plus grand nombre de services, au risque d'impôts supplémentaires (contre 82,5% qui s'y refusent).

S'ils souhaitent parfois de nouveaux services, les habitants attendent un redéploiement des moyens, un arbitrage différent entre les dépenses, mais pas d’alourdissement des impôts.

Le message, là aussi, est clair : les promesses électorales ne devront pas déboucher sur des impôts supplémentaires. Il faudra fermement interroger les candidats : comment financeront-ils leurs promesses ? –sera-ce par redéploiement ou par relèvement des impôts ?

J’en profite pour rappeler que depuis 10 ans les services se sont améliorés, les travaux et équipements se sont multipliés, les impôts ont baissé et la dette plus encore. Qui, de bonne foi, peut le nier ?

Analyse par domaines de préoccupation.

§       Pour chacun des domaines suivants, souhaitez-vous qu'il soit fait plus, autant ou moins ?

La 3e et dernière rubrique portait sur vos domaines principaux de préoccupations. Parmi les nombreux domaines évoqués, 3 reviennent le plus souvent : la sécurité, le stationnement et le développement économique.

Sur la sécurité, la préoccupation est très forte (69,1 %). J'ai analysé vos réponses par tranches d’âge.

Je pensais que ce fort pourcentage était lié au nombre important des réponses émanant de retraités (48 % des personnes ayant répondu ont plus de 65 ans). En réalité, il n'en est rien. Les plus jeunes se sentent, eux aussi, concernés et préoccupés par la sécurité (60%).

S’agissant du stationnement, un manque de places en centre-ville est ressenti, et mal vécu par nombre d'entre vous (61,6 %).

Mais les solutions sont loin d’être simples. L'idéal réside dans la création de nouveaux parkings, mais la place est rare en centre-ville, et donc les possibilités restreintes (toutefois 100 places ont été ouvertes avec le parc de la dentelle sur le côté de la place Foch). Un parking souterrain sera construit à proximité immédiate de cette salle, mais le coût est tel qu'on peut difficilement le multiplier à l’infini.

Cent places nouvelles seront créées entre la rue St-Blaise et la rue des Capucins.

J'ajoute à nouveau que si le linéaire des voitures possédées par chaque habitant vient à dépasser le linéaire des façades, il deviendra vite impossible que chacun stationne devant chez lui.

Pour le développement économique, 56% des personnes disent en attendre davantage ; l'interprétation est également difficile. Est-ce au regard de la venue d'entreprises nouvelles ? ou du niveau global du chômage ? Car, à la vérité, le problème, aujourd’hui, est que dans certains métiers, ce sont les entreprises qui ne trouvent pas la main d’œuvre nécessaire.

La croissance économique a permis globalement aux personnes qualifiées de retrouver un travail. En réalité, désormais, le chômage qui subsiste frappe une partie de personnes qui ne sont pas employables. Et ce n’est, que par un processus de formation qu’un retour à l’emploi sera possible.

Alors, j’en viens maintenant, chers amis, à la manière dont je souhaite aborder ce rendez-vous de mars prochain auquel vous me conviez.

 

Le rendez-vous de mars 2001

Une nouvelle campagne

Tout d’abord, je vous propose d’engager une nouvelle campagne. Le monde change – les attentes en matière de communication évoluent, je suggère donc de changer la donne par rapport à ce que nous avons fait jusqu’alors.

Je souhaite sortir du schéma classique avec des candidats d’un côté et des électeurs de l’autre. Je propose que notre cité, notre ville, notre Alençon, tous habitants confondus, se mette en mouvement, en débat, en échange pour dessiner ensemble les six premières années du nouveau siècle.

J’ai décidé d’ouvrir pendant 2 mois, 2 forums de discussion pour préparer tous ensemble l’avenir : l’un sur le thème « des grands équipements nécessaires à la ville », l’autre sur « La vie quotidienne dans la cité »

Une nouvelle équipe

J’aurai eu la chance d’être entouré durant mes 2 mandats de 2 équipes formidables qui m’auront permis d’atteindre les objectifs que nous nous étions fixés, avec les résultats que chaque personne de bonne foi peut mesurer.

Mais le rythme des démocraties dans la société de la communication appellent sans cesse à des renouvellements. Aussi sommes-nous convenus, tous ensemble, de proposer, le moment venu, aux Alençonnais une nouvelle équipe de femmes et d’hommes nouveaux, organisés autour d’une ossature d’élus expérimentés.

Une nouvelle campagne, avec une nouvelle équipe, pour un nouveau mandat.

Pour un nouveau mandat

La période 2001-2007 doit prendre appui sur les acquis de la décennie qui s’achève. Mais il s’agit désormais d’aller plus loin, plus fort, plus vite, pour devenir l’une des villes moyennes de France les plus attractives pour de nouveaux emplois, de nouvelles entreprises, de nouveaux habitants, pour de nouveaux défis.

Nous partons aujourd’hui de finances solides, d’un patrimoine réhabilité, de voies de communications à la veille d’être mises en service, d’une communauté urbaine forte. Nos atouts sont 10 fois supérieurs à ceux que nous avons touchés il y a 10 ans. Et nous pouvons, dès lors, nourrir de nouvelles et de plus grandes ambitions.

La période de croissance que nous traversons doit nous permettre d’offrir une seconde chance à chaque personne qui n’a pu saisir la première ou qui n’en a jamais eu. Tout sera mis en œuvre pour y parvenir.

Le 3e millénaire, le 21e siècle s’ouvrent sur une révolution d’une dimension aussi importante que celle de l’électricité ou du chemin de fer. Cette révolution est celle des technologies de l’information, et de l’internet. Désormais, le son, l’écrit, l’image se transportent à la vitesse de la lumière. Il n’y a plus de distance entre les différents points du monde.

Ces technologies engendrent ce qu’on appelle la nouvelle économie, c’est-à-dire de nouveaux emplois, de nouveaux entrepreneurs, de nouvelles entreprises. Si nous le voulons, si nous en avons la foi, la force, la volonté, si nous en avons le génie et l’audace, nous pouvons et devons partir, à l’orée de ce nouveau siècle à la conquête de ce nouveau monde qui s’ouvre et s’offre aux plus entreprenants.

C’est à cette tâche que je suis venu vous appeler tous ce soir.