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| I - Le premier rendez-vous important du président avec sa profession | |
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| III - Les défis à relever | |
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| Le défi de la communication | |
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Nous devons mieux expliquer ce que nous faisons. Par bien des côtés, ce défi de la communication est le premier quil nous faut relever. Je me réjouis tout particulièrement, monsieur le président, quil fasse lobjet de vos travaux et je peux vous assurer que le CSN sera très attentif aux vux que formulera lAssemblée de Liaison. La coopération déjà engagée, sur ce sujet, entre vos rapporteurs et les commissions du CSN avant la présente session, se poursuivra, je le souhaite, bien après. Mieux nous ferons comprendre notre rôle, mieux nous ferons connaître les garanties que nous apportons, les difficultés que nous aidons à surmonter, moins nombreuses seront les attaques contre nous. Quels messages devons nous faire passer ? Quelles formes doivent prendre ces actions de communication ? Quels sont les niveaux les plus pertinents pour communiquer ? A ces questions, je mengage à répondre rapidement, sans compter les réalisations qui existent déjà - je pense notamment à notre presse professionnelle, VIP et la revue Conseils (qui doit tant au président Bernard). Ce que je peux, par contre, dores et déjà vous dire, cest que je naccepterai pas de laisser le champ libre aux dénigrements systématiques menés avec la complicité de certains médias. Jai, à ce propos, apprécié que les présidents des Conseils régionaux de Bourges, Poitiers, Besançon, Orléans, Montpellier et Riom, aient, avec mon accord et celui de la Caisse centrale de garantie, entamé une action en diffamation contre cette triste dame NERON. |
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| Le défi de la compétence | |
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Pour offrir lauthenticité comme réponse aux besoins les plus pressants de notre société contemporaine, le notariat doit être présent sur tous les fronts, en particulier ceux où les principales batailles juridiques de demain vont se livrer. Nous devons assurer une meilleure maîtrise des matières juridiques nouvelles, certaines ont dailleurs fait lobjet de travaux remarquables des Congrès ou de lAssemblée de Liaison : droit de lenvironnement, de la propriété intellectuelle, de la consommation, des associations, etc... Dans ce but, jai proposé daller rechercher, à lextérieur de la profession, les compétences techniques (mais aussi morales) qui nous sont nécessaires pour relever ce défi des droits émergents. Il nous faut favoriser linstallation, comme notaires, de personnalités de haut niveau, partageant sans réserve notre éthique notariale, notre vision de la société et du droit. Je pense en particulier à des universitaires, des hauts fonctionnaires, des magistrats, peut-être même des avocats. |
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| Le défi de la technologie | |
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Le notariat doit absolument maîtriser son environnement technique. Notre métier consiste dans le traitement dinformations juridiques. Nous devons être en mesure dutiliser complètement les techniques de stockage, darchivage, de transport et de conservation de ces informations. Je saisis cette occasion pour souligner à nouveau limportance des travaux menés par votre Assemblée sur ce sujet lannée dernière, et pour rappeler lopération télécopieurs et lopération « Solutions CD-ROM » lancées par le CSN. Au delà, nous pensons déjà au maillage par réseau télématique ou par Internet, entre les offices eux-mêmes, ainsi quentre les offices et les organismes professionnels ; une expérimentation menée de concert entre le CSN et la Chambre vient dailleurs dêtre engagée à Paris sur ce sujet. Jai lintime conviction que la profession saura relever ces défis. Notre nature généreuse ne refusera pas leffort. Japerçois un risque, un seul. Celui de lindividualisme. Tant il est évident quaucun dentre nous, fût-il le plus génial, na la possibilité dêtre, à lui tout seul, le meilleur communicateur de France, le juriste le plus savant, linformaticien le mieux branché ! Notre force est dans notre unité. Notre force est collective. Et cest cette force quil faut mobiliser. |
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| IV - La mobilisation générale : notre espérance | |
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Des notaires qui acceptent de se mobiliser tous, cest, je vous lai dit, notre espérance. Un notariat mobilisé, cest pour moi un notariat qui sengage, un notariat qui part en mission, un notariat envoyé en mission. Vous le savez, mes chers confrères, je nai, et le Conseil supérieur avec moi, na aucune autorité, sur aucun dentre vous, pour vous délivrer quelque ordre de mission que ce soit. Mais nous sommes animés dune foi profonde dans les valeurs et dans les vertus de lauthenticité. Nous vous proposons un engagement et un programme pour répandre toujours plus largement ces valeurs et ces vertus dans notre société à la recherche dune plus grande sécurité juridique. Mais la mission, elle est en vous. Lordre de mission, cest vous, et vous seul, qui vous le donnerez. Simplement, le succès de la mission, dépendra de la solidarité qui unira tous les missionnaires. Et cette solidarité, elle-même, dépendra de la profondeur des sentiments quils partageront en commun. Une plus grande solidarité et une vision commune de lavenir : tels sont les enjeux de la mobilisation que je propose au notariat français. |
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| La solidarité | |
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Parmi les responsabilités qui mont été confiées dans la profession, lune de celles dont jai conservé le souvenir le plus fort, est davoir été, entre 1990 et 1992, président de la Commission sociale et de la solidarité, au Conseil supérieur. Avec les membres de cette commission, nous avons pu proposer à lAssemblée générale présidée par Jean LIMON, le principe, les modalités et le calendrier de la mise en uvre des contrats locaux de développement. Je vous lis quelques lignes de lintroduction du rapport que javais présenté, au nom de la Commission : « La Commission sociale et de la solidarité, après discussion, sest déclarée unanimement convaincue que la notion de solidarité, dans une profession comme la nôtre, est totalement étrangère à la notion dassistance qui serait mortelle, mais, à linverse, elle pense que la seule réponse consiste en un soutien actif et même généreux à une vraie ambition de développement qui ne génère aucun exclu mais au contraire raccroche et entraîne les défavorisés ». Cinq ans plus tard, je ne modifie rien de cette définition de la solidarité. Bien au contraire, je pense que le succès des contrats de développement a confirmé que les notaires, eux aussi, voient dans la solidarité, le plus puissant ressort de notre développement professionnel. Solidarité par la mise en commun des moyens et des projets, qui remplace la concurrence interne, au nom de laquelle le panonceau du voisin serait considéré comme le repère de lennemi. Solidarité par la cohésion des notaires dans lutilisation des outils de développement. Solidarité par le respect de règles prudentielles dans les activités de diversification, telles la gestion de patrimoine. Solidarité par la recherche et lexpérimentation de nouvelles formes dexercice, dans le respect des lois et de lhonneur de la profession. Enfin, solidarité par lattention portée aux intérêts de tous. Sur ce dernier point, je veux vous confirmer la volonté du CSN de défendre la révision du tarif des notaires. |
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| La révision du tarif | |
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Je me réjouis que, grâce à linitiative du président Jacques Lièvre, monsieur le garde des Sceaux ait, sur sa table, depuis le 9 octobre dernier, un dossier très complet sur la revalorisation du tarif. Dossier qui, sil était accepté demain, apporterait une amélioration perceptible pour chacun de nos offices. Certes, nous avons tous une idée du parcours dobstacles qui jalonne une telle demande. Je ne veux donc susciter aucune illusion à ce sujet. Mais je veux, par contre, vous dire que, dans les pensées ambitieuses que je nourris pour lavenir du notariat, la question du tarif noccupe pas un rang subalterne. LÉtat doit donner au service public notarial les moyens de développer sa mission de diffusion du droit au service de la paix sociale. Et cest dans cet esprit que jentends agir auprès des Pouvoirs publics. Lenjeu est la capacité du notariat à exercer sa mission dintérêt général, à répondre toujours mieux aux besoins grandissants de la société française. Le notariat est un service souverain de lÉtat, en charge de lune de ses grandes missions régaliennes ; quil veille à le maintenir au meilleur niveau, et à ne pas le priver de moyens comme nous pouvons le déplorer, pour linstitution judiciaire. Je vous ai parlé franchement, mes chers confrères, parce que la franchise est, selon moi, le premier devoir des responsables politiques. Mais, la parole du notariat ne se limite pas à celle des responsables, même quand il sagit du président du Conseil supérieur du notariat. Chacun dentre nous est le détenteur de la parole du notariat comme chacun dentre nous est le porteur du sceau de lÉtat. Mais combien plus forte est notre légitimité lorsque nous lexprimons tous ensemble ! Sur ce plan, je vous rejoins entièrement, monsieur le président Pouches. Je crois, comme vous, que la grandeur de lAssemblée de Liaison, de votre assemblée, mes chers confrères, se situe dans le fait précisément quelle nous rassemble. Elle est le prolongement de toutes les assemblées qui, chaque semestre, nous réunissent dans nos Compagnies respectives. Elle est le lieu où, entre tous les notaires, entre tous ces missionnaires de lauthenticité, peut se vérifier lexistence dune vision commune de lavenir. Monsieur le président, vous mavez posé la première question de la première session de lAssemblée de Liaison placée sous votre présidence. Je vous donnerai immédiatement la première réponse, la réponse prioritaire du nouveau Bureau du CSN. |
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| La consultation nationale | |
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Pour préparer le notariat à combattre les angoisses du troisième millénaire, nous ne créerons peut-être pas immédiatement une structure, cellule ou commission. Mais nous allons engager tout de suite, notre priorité absolue, celle de consulter non pas cinq, non pas dix, mais tous, mais chacun, des notaires de France. Nous allons lancer une consultation nationale et je prends ici lengagement de venir, devant vous, rendre compte de ses résultats dans le détail, lan prochain. Car cette consultation dégagera une vision de lavenir partagée par tous les notaires de France, le projet de la profession pour le troisième millénaire ! La question que vous mavez posée, monsieur le président, ce sont tous les notaires de France qui lui apporteront une réponse, ce sera la réponse du notariat français ! Sur le plan technique, cette consultation prendra probablement la forme dun questionnaire adressé à tous les notaires au mois de juin prochain, et qui pourra donc être exploité durant lété afin den tirer les conclusions dès lautomne 1997. Pourquoi attendre, me direz-vous, le mois de juin pour envoyer ce questionnaire ? Précisément, parce que nous ne voulons pas quil soit le questionnaire du Conseil supérieur ; vous en recevez déjà suffisamment comme cela ! Nous voulons le bâtir avec tous les responsables de la profession, les présidents et les membres des Chambres, des Conseils régionaux, des organismes volontaires et tous les confrères qui souhaiteront nous apporter leur concours. Nous savons que tous les responsables aussi se posent des questions sur notre profession, sur lavenir de sa mission. Ils ont des questions à poser aux notaires eux-mêmes. Cest leur mission à eux, cest leur « devoir dÉtat » de responsables de donner la parole à ceux qui leur ont confié la fonction de gouvernement. Et, en retour, ce sera le « devoir dÉtat » de tous les notaires de France de répondre à la parole qui leur aura été ainsi donnée, après le temps dexplication nécessaire, par leurs élus. Ainsi, de tous les points de notre profession, les dialogues sengageront ; les questions recevront des réponses et les réponses appelleront les actions. Toutes ces questions, toutes ces réponses, toutes ces actions, exprimeront, au seuil du 3ème millénaire, le renouvellement par le notariat français de son adhésion aux valeurs qui le fondent : valeurs de liberté, de responsabilité, dengagement au service de lintérêt général, valeurs de lauthenticité. Elles affirmeront notre projet au service de la société. |
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Alain Lambert, président du Conseil supérieur du Notariat