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| Quavons-nous fait depuis un an ? | |
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La mobilisation : consultation nationale et Projet de Profession. Voici un an, le premier défi que je vous ai proposé était celui de la mobilisation de tous les notaires de France. Cette mobilisation a pris la forme de la Consultation nationale ; elle a été le chantier des premiers mois. Lengagement pris devant vous a été tenu. Au travers de cette vaste consultation, chaque notaire a pu sexprimer sur sa vision de la profession. Et les délais aussi ont été tenus. Les délégués du Conseil supérieur ont eu le soin danimer les débats dans les Cours. Les présidents de Chambres et de Conseils régionaux les ont relayés sur le terrain. Des consultations, des débats se sont tenus partout. Des synthèses départementales et régionales ont été rédigées et ont servi de support aux débats de mai dans les Assemblées générales de Compagnie. Elles ont dégagé lesquisse dun projet. Cest cette esquisse, accompagnée dun questionnaire, qui a été adressée à tous les notaires,. 1.639 réponses sont parvenues au Conseil supérieur. La rédaction du Projet de Profession a pu être entreprise. Le 14 octobre dernier, lAssemblée générale du C.S.N discutait le texte, lamendait avant dadopter à lunanimité ce qui est désormais : Le projet des notaires de France. Merci à tous - et du fond du coeur - davoir répondu à cet appel. Dans lhistoire du notariat français, le Projet de Profession restera une date importante, un acte politique fort qui engage tous les notaires dans une voie clairement tracée, qui les engage à lendroit de lÉtat qui les a institués comme à légard de la société au service de laquelle ils ont été placés.Désormais aux questions de savoir qui nous sommes, et quelle mission nous incombe, une seule et même réponse est possible. Cest celle que nous avons gravée ensemble dans le marbre du projet des notaires de France. | |
| Le sens du Projet de Profession | |
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Même si je sais que vous avez été heureux de me faire plaisir, je reste lucide, car je nignore pas que certains dentre vous sinterrogent encore sur le bien fondé de cette démarche. Alors autorisez-moi à vous redire son sens, sa portée, sa force. Ce projet est dabord un devoir de conscience et un pacte dhonneur. Notre devise : « Lex est quod notamus » vaut pour notre projet. Nous lavons écrit ensemble, il est notre loi, celle que nous avons écrite pour nous-mêmes. Comment pourrions-nous accepter quil ne nous engage pas en conscience ? En conscience, et sur lhonneur. Ensuite, le Projet nous rappelle notre origine que les siècles nous ont fait oublier, il nous rend notre identité. Il nous aide à redécouvrir lauthenticité. Il nous réinstalle en magistrat du « non contentieux », dressant des actes produisant les effets dun jugement en dernier ressort. Il renoue le lien qui unit lauthenticité du notaire à la souveraineté de lEtat. Souveraineté au nom de laquelle nous exerçons des prérogatives de puissance publique ; souveraineté qui légitime notre détention du sceau de lEtat. Souveraineté qui nous confère le pouvoir de délivrer des titres exécutoires. En puisant à la source de nos origines et de notre autorité, le projet éclaire la logique de notre statut. Il réaffirme notre attachement unanime et solennel à la fonction dofficier public. Enfin, mes chers confrères, jappelle votre attention sur une autre dimension du Projet : il renforce aussi la légitimité et la force de ceux qui parlent en notre nom. Parce que je sais ce quest la responsabilité politique, je connais aussi les doutes qui habitent parfois les pouvoirs, quels quils soient, sur la représentativité réelle de certains responsables professionnels. Notre projet répond à cette nécessité de renforcer la légitimité de nos élus. Vous avez le droit, mes chers confrères, dattendre beaucoup de vos élus mais vous leur devez une chose, une chose que vous navez jamais le droit doublier : renforcer leur légitimité. Et ce projet qui marque lunité profonde de notre profession, nous engage, engage chaque notaire de France, renforce la représentativité de nos élus, donne de la force à leurs paroles, aux mots quils prononcent en notre nom. Pour la société, un renouvellement de notre promesse de la servir. Mais ce projet nest pas dédié à la gloire du notariat. Notre finalité est le service de la société. Le service de la société, cest la finalité et la seule que nous assigne le projet. Cest ce que la consultation nationale nous a aidé à redécouvrir et cest ce que nous trouvons pratiquement à chaque page. Mais, mes chers confrères, le réaffirmer est une promesse, le faire est une obligation. A chaque fois que nous prononçons les mots de « service public notarial », nous devons navoir de cesse que doptimiser les trois garanties fondamentales que nous devons, à ce titre, à nos compatriotes. - La continuité qui appelle une implantation adaptée de nos offices. - Légalité daccès qui implique un tarif obligatoire et aménagé. - Luniversalité qui induit un service ouvert à tous, quelle que soit leur condition, leur nationalité et demain, les technologies utilisées. Le service de la société moderne qui sinternationalise appelle aussi une ingéniosité juridique toujours plus féconde pour garantir toujours mieux léquilibre de nos conventions ; cest le seul moyen pour contenir le flot continu des normes dordre public qui paralyse lordre contractuel. Nous assistons à une course folle entre les puissances de marché qui veulent imposer leur loi et les Etats impuissants qui noffrent comme riposte quune prolifération de textes soi-disant protecteurs du consommateur mais qui, au total, les pénalisent. Le service public notarial de France (aujourdhui) et dEurope (demain) doit offrir une alternative de conciliation à cette course infernale et proposer des cadres solides déquilibre des conventions qui rétablissent la liberté contractuelle dans un monde juridique sécurisé. La conclusion du Projet formule cette exigence sans ambiguïté : « Nous, notaires de France, sommes résolus à agir, avec et pour le compte de lEtat, afin de répondre aux besoins de la société et aux attentes de lEurope de demain. » « riche dune éthique rigoureuse, notre déontologie sera le moteur de notre évolution. Guidés par léthique, nous veillerons au respect des principes fondamentaux de neutralité, dobjectivité et dimpartialité qui commandent notre mission au service de tous. ». Voilà, mes chers confrères, ce quensemble nous exprimons dans notre Projet de Profession. Voilà ce que nous voulons dire à la société française. Et pour quelle entende notre message, nous le lui adressons et nous la rendons témoin de nos engagements. 15 000 exemplaires du Projet ont été imprimés ; 7 600 pour les notaires eux-mêmes. Les futurs confrères, les notaires assistants, les notaires stagiaires, les corps constitués, les pouvoirs publics, les parlementaires, les magistrats, les professeurs duniversités et beaucoup dautres personnalités investies des responsabilités, au sein du corps social, en recevront un exemplaire. Autant de tirages supplémentaires que nécessaire seront effectués pour répondre aux demandes que vous présenterez. Mes chers confrères, nayons aucun doute sur la portée de ce que nous avons fait, tous ensemble, depuis un an. Le notariat a choisi son destin ! Le notariat sest engagé ! Mais si nous nous sommes mobilisés pour fixer le cadre de nos actions futures, nous devons rester plus actifs que jamais pour favoriser lharmonie dans les relations entre nos compatriotes et lefficacité dans leurs entreprises. Pour lannée qui vient, le Conseil supérieur du notariat assumera pleinement la responsabilité que lui confère le Projet de Profession : déterminer et conduire la politique de la profession. Je my engage ! |
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| Quallons-nous faire maintenant ? | |
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Ce projet ne serait en effet que pure abstraction, sil ninspirait ou norientait désormais notre action. Aussi dès le 14 octobre, lAssemblée générale du Conseil supérieur a adopté deux programmes pluriannuels dactions : un programme portant sur les nouvelles technologies et un programme portant sur la communication. Je ne peux manquer, monsieur le président Pouchès, dobserver que ces deux thèmes ont fait lobjet de travaux de votre Assemblée. En 1995, pour les autoroutes de linformation. Et en 1996, pour la communication et la publicité personnelle. Aucun programme dactions na bien sûr été adopté par lAssemblée générale sur les questions internationales. Quels que soient les systèmes de gouvernement, ces questions relèvent toujours de lexécutif et ne font jamais lobjet dautres débats que dorientations. Mes chers confrères, mes prédécesseurs ont excellemment travaillé sur la manière dont nous devions accompagner les transformations de la société et les transformations du droit. Tout cela a été très bien développé au cours des dernières années et reste complètement dactualité. Je fais miennes toutes les actions engagées. Je men tiendrai ce matin aux nouvelles questions auxquelles nous devons savoir répondre pour nous adapter aux transformations institutionnelles et technologiques. Mais avant de les développer, je veux, en quelques mots, faire le point avec vous de questions dactualité sur lesquelles, je le sais, votre attention est vive. Je pense au tarif, à la responsabilité civile, et à UNOFI. Sagissant de la revalorisation du tarif : notre volonté daboutir et nos motivations nont pas changé ; ce sont nos interlocuteurs qui ont changé, notamment à Bercy. Nous leur avons laissé le temps de prendre connaissance du dossier. Mais maintenant nous ne pouvons plus attendre. Je ferai en sorte quune prise de position officielle de leur part nous parvienne avant lAssemblée générale du C.S.N. du 27 janvier prochain et, alors, nous déciderons des dispositions à prendre. Sagissant de lassurance responsabilité civile : ce dossier a trouvé son origine avant le début du mandat du Bureau actuel ; il trouvera son dénouement après la fin de ce mandat. Mais jai tenu à engager, sans attendre, un processus irréversible, fondé sur la transparence, qui mettra entre les mains des responsables politiques de notre profession les atouts nécessaires pour rétablir son unité, si chacun le veut. Sagissant de louverture du capital dUnofi : la volonté de donner à un grand groupe une place significative à la table du conseil dadministration dUNOFI, aux côtés des fondateurs, ne date pas daujourdhui, vous le savez. Je crois pouvoir dire aujourdhui que nous espérons franchir, dans les prochaines semaines, avec le groupe AXA-UAP, une étape décisive pour la réalisation de cette ambition poursuivie par tous mes prédécesseurs. Jen reviens maintenant aux grandes transformations récemment apparues et qui posent la question du devenir de lauthenticité en tant quacte de souveraineté, dans deux dimensions où précisément ne sexerce aucune souveraineté : lEurope qui ne dispose daucune souveraineté propre et lunivers électronique totalement mondialisé qui ignore la notion même de souveraineté, comme forme dorganisation de vie en société. |
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| Le défi de lInternational | |
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| Le défi des nouvelles technologies | |
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Je ne lance pas ces deux défis par pur plaisir ou par provocation. Je les lance parce que louverture au monde, leffacement des frontières nous obligent à le faire. Et le premier devoir de vos élus nationaux est bien danticiper, déclairer le chemin pour ne pas découvrir les obstacles au tout dernier moment. Les nouvelles technologies nous lancent un défi majeur : comme Christophe Colomb, elles nous font découvrir un nouveau continent. Nous devons agir rapidement pour que, dans ce nouvel univers, la vie sordonne selon des principes universels de droit. Or, mes chers confrères, une vie juridique est déjà née sur les grands réseaux et en particulier sur lInternet. Une demande de droit, une demande pressante de sécurité juridique sexpriment. Et nous, notaires, gardiens séculaires de la sécurité juridique, devons nous mettre, bien vite, en état dy exercer notre ministère si nous en sommes requis. Certes, beaucoup de questions se posent. Quelle autorité sera légitime pour conférer des prérogatives de puissance publique dans un univers dématérialisé et mondialisé ? Quelle place les Etats nationaux voudront-ils prendre dans cet univers qui les dépasse et les surprend ? LEurope saisira-t-elle cette chance pour simposer, en obtenant de ses Etats-membres une norme commune de sécurité juridique digne de lhistoire de notre continent ? Lauthenticité classique délivrée au nom des souverainetés nationales est-elle transposable dans ce nouvel univers sans se dénaturer et perdre ses qualités de preuve, dexécution et dimpartialité ? Mes chers confrères, mesurons-nous bien que nous sommes au coeur dun enjeu capital de droit, mais plus encore de civilisation ? Un univers nouveau, un concept nouveau, qui ignore les souverainetés, envahit les continents, gomme les distances, transporte instantanément lécriture, limage et le son. Nous devons nous préparer sans perdre un instant à relever le défi quil nous lance. Cest pourquoi lAssemblée générale du Conseil supérieur a adopté, le 14 octobre, un programme pluriannuel dactions en la matière, très ambitieux, assorti déchéances et dobjectifs précis. La première étape sera franchie aujourdhui, 1er décembre 1997, avec louverture du site Internet des notaires de France qui fera lobjet dune présentation dans un instant.La seconde étape devrait être franchie dans un an : - Dici la fin 1998, 2.000 offices seront connectés sur le réseau Internet ; un fournisseur daccès proposera aux offices intéressés des conditions dabonnement, de maintenance et dassistance très privilégiées ; - les offices connectés pourront échanger des messages sécurisés avec le Fichier central des dernières volontés ; nous aurons ainsi créé le premier service Intranet des notaires de France. Dans la phase suivante, les connexions sur Internet seront généralisées. En lan 2000, tous les offices devront être connectés. Dautres services seront proposés : liaison avec les fichiers immobiliers PERVAL et BIEN, avec les C.R.I.D.O.N., les services bancaires, en particulier, la Caisse des dépôts et consignations et le Crédit agricole.Cette généralisation progressive fera des notaires des acteurs à part entière de ce que lon appelle aujourdhui le commerce électronique national et international. La profession sera donc en mesure de répondre aux demandes fortes qui sexpriment déjà sur ce nouveau marché. Le notaires seront en état dentrer comme acteurs dans le débat sur linstitution de « tiers de confiance ». Or, ce débat sur les tiers de confiance est déjà engagé, vous le savez. Seront-ils des opérateurs publics institués par des autorités publiques relevant dinstitutions démocratiques ? Seront-ils des opérateurs de marché obéissant à une logique purement économique ? Face à ces hypothèses, peut soffrir au notariat une chance ou un risque : la chance serait la formation dun véritable réseau notarial européen doté de prérogatives de puissance publique et offrant des prestations totalement homogènes ; le risque serait davoir à utiliser la voie de linitiative économique internationale, le notariat intervenant comme opérateur de marché, mais devant alors se doter de structures capitalistiques importantes. Je ne suis pas venu ce matin, vous proposer des solutions sur tout, mais vous dire les grandes questions davenir qui se posent à la profession et que vos dirigeants doivent savoir traiter pour ne pas manquer le rendez-vous de lhistoire. Dois-je ajouter quils ne seront jamais aussi forts pour les traiter que si vous êtes tous, sans exception, à leurs côtés, pour marquer la force, la puissance, la capacité du notariat de France et dEurope à relever tous ces défis. Nayons pas de doute sur notre utilité. Dans un monde qui souvre à la liberté totale des échanges, un immense besoin de sécurité sexprime. Dans un monde où les Etats nont pas encore su sadapter à louverture de leurs frontières, un immense besoin de droit, de régulation contractuelle se manifeste. Dans ce monde où des puissances économiques se lèvent, comme se levaient autrefois les puissances militaires, un immense besoin déquilibre apparaît. |
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