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Assurons
lavenir de
lassurance Synthèse du rapport du groupe de travail sur la situation et les perspectives de lassurance Alain Lambert, président de la Commission des finances du Sénat
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I. Sa bonne santé apparente masque sa vulnérabilité structurelle |
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| 1/ Lassurance française semble bien se porter : | |
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Par ailleurs, lencours des placements de lassurance française a doublé tous les sept ans depuis quatorze ans : il est ainsi passé de 410 milliards de francs en 1984 à 1 231 milliards de francs en 1990 et à 3 712 milliards de francs en 1997. En valeur de marché, lencours total des placements est estimé à 4 085 milliards de francs en 1997, ce qui traduit un montant de plus-values latentes de 373 milliards de francs. Enfin, la marge de solvabilité des sociétés dassurance apparaît très satisfaisante. Dans lassurance dommages, elle est deux à trois fois supérieure aux normes réglementaires. Cela explique en partie le très faible nombre de faillites enregistré dans le secteur des assurances, le cas dEuropavie faisant figure dexception. |
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| 2/ Toutefois, les sociétés sont vulnérables : | |
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En second lieu, le positionnement trop généraliste et frileux des
assureurs français a pour corollaire une éviction lente des marchés du risque
industriel et des grands comptes, renforcée par le rachat des courtiers français par les
grands cabinets de courtage anglo-saxons. Les acteurs français préfèrent, semble-t-il,
travailler sur les risques de masse, soumis à une pression concurrentielle très
sévère, et pour lesquels les marges sont faibles. Or, laccroissement de la
concurrence induit par le décloisonnement des différents segments de lassurance et
par lapparition de nouveaux acteurs (bancassureurs, vente directe, grande
distribution) lamine les marges des entreprises. Les sociétés dassurance mutuelles
sans intermédiaires ont ainsi opéré une percée spectaculaire sur le marché de
lassurance dommages atteignant aujourdhui 32 % de cette branche et
50 % du marché de lassurance automobile. Les « bancassureurs » ont
conquis quant à eux 61 % du marché de lassurance vie. Enfin, le marché de
lassurance complémentaire de santé, traditionnellement tenu par les institutions
de prévoyance, a été ouvert aux mutuelles du code de la mutualité, puis, plus
récemment, aux sociétés dassurance traditionnelles. |
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| 3/ D'où aujourdhui la faible rentabilité des acteurs de lassurance. | |
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Ils contribuent en outre à la sous-capitalisation de lassurance française qui rend les compagnies dassurance vulnérables à toute tentative dOPA comme en témoigne le rachat de lUap par Axa. Cest précisément la quête de la rentabilité par recherche déconomies déchelle qui explique, en outre, le mouvement de concentration qui a touché lassurance française ces dernières années et qui a vu, entre autres, Axa racheter lUap et Groupama acquérir du Gan. La concentration a également touché, de façon plus relative, les mutuelles du code de la mutualité qui sont passées de plus de 6.400 en 1991 à 5.780 aujourdhui. Enfin, la très forte croissance de lassurance-vie dans le chiffre daffaires des assureurs rend ces derniers très sensibles à toute modification réglementaire et fiscale dans ce secteur, comme en témoigne la forte diminution des souscriptions depuis le début de lannée 1998. Au total, la bonne santé apparente de lassurance française masque des facteurs de vulnérabilité, même si la concurrence a permis aux différents acteurs de saguerrir dans la perspective du marché unique de lassurance. |
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| II.Cette situation n'est pas sans risques pour léconomie française | |
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Par ailleurs, à la veille de lentrée en vigueur de leuro qui devrait renforcer la concurrence étrangère, les sociétés dassurance françaises sont lestées par un certain nombre de contraintes fiscales et réglementaires. |
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| 1/Le décloisonnement saccommode mal des conditions dexercice actuelles | |||||
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- un régime fiscal dérogatoire que les mutuelles du code de la mutualité partagent avec les institutions de prévoyance : elle échappent ainsi à la taxe professionnelle, à la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S) et à la contribution des institutions financières ; elles sont assujetties à lIS aux taux réduits de 24 % ou de 10 % selon les produits concernés, et certains de leurs revenus échappent à toute imposition ; enfin et surtout, les contrats dassurance maladie complémentaire souscrits auprès de mutuelles du code de la mutualité ou dinstitutions de prévoyance sont exonérés de la taxe de 7 % sur les conventions dassurance. - des règles prudentielles et comptables moins strictes que les autres acteurs de lassurance en raison de la non transposition des 3èmes directives de lassurance dans le code de la mutualité. - des subventions de lEtat qui peuvent représenter jusqu'à 25 % des cotisations versées par les adhérents ; - des facilités en nature pour lexercice de leur activité (locaux, matériel de bureau parfois prêtés par ladministration, mise à disposition de personnels fonctionnaires...).Or, si les facilités accordées représentent pour une part la contrepartie des sujétions qui découlent de laccomplissement de leurs missions de gestion de certains régimes obligatoires, le Conseil de la concurrence, saisi par la commission des finances, estime que ces « sujétions ne justifient pas lensemble des facilités qui leur sont accordées pour lexercice de leurs activités » dès lors que ces facilités « profitent directement à des activités ouvertes à la concurrence et introduisent un déséquilibre entre les opérateurs dans le cadre dune compétition par les mérites ». Ces éléments contribuent à expliquer la stagnation de la part de marché des sociétés dassurance régies par le code des assurances dans la distribution des produits de prévoyance. Sagissant de lépargne retraite complémentaire facultative, les fonctionnaires bénéficient dun avantage fiscal considérable à travers la déduction intégrale de leur revenu imposable des cotisations quils acquittent aux trois régimes existants, la Prefon, le Cgos, et le Cref. Ces organismes jouissent en conséquence dun avantage concurrentiel déterminant. Enfin, la distribution de produits dassurance par La Poste et par le Trésor public est contestée par leurs compétiteurs au motif quelle serait de nature à créer des distorsions de concurrence. - Il est ainsi reproché à La Poste qui détient près de 11 % du marché de lassurance vie, de profiter de lavantage concurrentiel que lui confère, notamment, labattement de 85 % de ses bases de taxe professionnelle. Le Conseil de la concurrence a considéré que le contrôle effectif des règles de la concurrence resterait difficile à effectuer tant que ne serait pas intervenue une séparation juridique des activités sous monopole et des activités concurrentielles, par exemple, dans le cadre dune filialisation des services financiers. - Le Conseil de la concurrence observe par ailleurs que les agents du
Trésor bénéficient par rapport à leurs concurrents dune position privilégiée
compte tenu de la notoriété attachée à limage dun service de lEtat,
de la présence sur tout le territoire dun réseau de 4 500 postes comptables,
de lutilisation des moyens logistiques de ladministration et de la position
dautorité des agents du Trésor. Il préconise en conséquence les mêmes remèdes
que pour La Poste, cest-à-dire la séparation comptable et éventuellement
juridique des activités concurrentielles et non concurrentielles.
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III.
Ladaptation à la mutation des marchés nécessite d'indispensables
réformes |
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| 1/ Supprimer les handicaps fiscaux pesant sur lassurance française : | |
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