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Sur le projet de réforme des Caisses
d'Épargne
Discours d'Alain Lambert, président de la
Commission des finances
Sénat, le 5 mai 1999
Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues,
La qualité des exposés que nous venons d'entendre m'invite à
souligner seulement quelques aspects essentiels du texte qui nous est soumis, plus
spécialement contenus dans le volet : réforme des Caisses d'Epargne et de Prévoyance.
Tout d'abord, pour tirer un motif réel de satisfaction : nous sommes -sur
lessentiel- tous daccord pour conférer aux Caisses dEpargne un statut
qui leur permette d'ouvrir une nouvelle phase de leur développement, d'engager une
dynamique nouvelle pour prétendre jouer un rôle de premier plan dans le monde bancaire
et financier.
La Commission des finances ne peut que se réjouir que le projet du
Gouvernement s'inspire de nombre de ses propositions faites depuis plusieurs années,
issues notamment du rapport "Banques" ou de la proposition de loi de juillet
1997, relative au statut et à l'activité des Caisses d'Epargne. Lorsque lon garde
en mémoire les critiques qui, à l'époque, les avaient accueillies, on mesure le chemin
parcouru depuis cette date.
Cependant, monsieur le ministre, le projet que vous soumettez à notre
examen, même sil vient à son heure, ne tire pas, selon moi, et selon la majorité
de notre commission, toutes les conséquences des bouleversements considérables qui
traversent les systèmes bancaires et financiers en Europe et dans le monde.
Bref, le texte apparaît trop comme le fruit d'un compromis évident et
semble privé de l'étincelle d'audace dont dépend tout projet d'avenir. Or dans le monde
de la finance d'aujourd'hui, laudace n'est-elle pas un élément nécessaire de la
réussite, sur le long terme ?
Mes chers collègues, je ne souhaite ni succomber aux tentations de la
provocation, ni justifier les excès auxquels s'abandonnent parfois les marchés
financiers, ni refuser ou ignorer la spécificité du Réseau des Caisses dEpargne.
Mon propos est simple, modeste même : sommes-nous, au fond de nous-mêmes, vraiment
convaincus que le statut que nous allons adopter garantira les meilleures chances
davenir aux Caisses dEpargne pour les dix ou quinze années à venir ?
Leur dessinerons-nous un cadre d'action pour le 20e ou pour le 21e
siècle ?
Bien entendu, ce texte comporte des éléments novateurs et positifs
que notre rapporteur général a décrits avec précision : ladoption dun
statut coopératif (nous l'avions proposé dès 1996), une organisation inspirée de celle
du Crédit Agricole (c'était l'objet de notre proposition de loi), le statut de banque de
plein exercice et la contractualisation des liens avec la Caisse des dépôts et
consignations. Mais, à côté de ces éléments judicieux, je redoute vraiment que
dautres composantes du statut viennent freiner le dynamisme des Caisses et ne leur
permettent pas, comme elles le souhaitent, d'enclencher un nouvel élan, de réussir un
développement ambitieux dans les dix ou quinze années qui viennent. Prenons quelques
exemples de contraintes susceptibles dentraver la croissance voulue et nécessaire
du réseau.
Même si la notion d'établissement sans but lucratif a été
heureusement écartée, il demeure que les missions disparates dévolues aux caisses
régionales et la consécration juridique du " dividende social " ne
seront pas réellement et durablement compatibles avec un statut de banque généraliste
de plein exercice, soumise aux exigeantes lois de la concurrence.
Comme vous tous, mes chers collègues, je suis naturellement tenté de
me laisser bercer par cette douce et envoûtante idée de banque
" citoyenne ", luttant contre toutes les formes d'exclusions,
favorisant laménagement du territoire et défendant lenvironnement. Mais,
soyons lucides, dans l'univers de concurrence dure et impitoyable dans lequel les Caisses
sont désormais inscrites, que cela nous effraie ou non, demandons-nous si ce ne sont pas
les concurrents des caisses dépargne qui se réjouiront les premiers et le plus
fort de ces contraintes ?
Si josais une comparaison audacieuse, je dirais que nous lançons
les caisses dépargne dans le grand bassin, ligotées de bouées qui les
empêcheront de se mouvoir, au risque de flotter mais sans avancer, sans progresser.
Je souhaite, à ce sujet, exprimer mon regret que n'ait pu être ouvert
un débat serein, apaisé, responsable sur une banalisation progressive et adaptée de la
distribution du livret A. Le gouvernement souhaite maintenir cet avantage
concurrentiel au profit du réseau, sans doute pour légitimer ses missions
dintérêt général et lagrément ministériel à la nomination du président
du directoire de la Caisse nationale.
Mais, mes chers collègues, regardons bien la réalité en face. Comme
la démontré le rapporteur général, cette banalisation, même si elle prend du
temps, est néanmoins inéluctable. Le paradoxe est sans doute, que plus les caisses
dépargne seront dynamiques -ce que nous leur souhaitons tous- plus la fin de
l'avantage concurrentiel se rapprochera.
Alors, pourquoi ne pas les avoir préparé, dès à présent, par
exemple sur 5 ans, à s'en priver. Ne recommençons pas avec les Caisses d'épargne ce qui
a été fait avec le Crédit foncier lors de la suppression des PAP.
Soyons également conscients, mes chers collègues, de la faible
utilisation des fonds d'épargne pour leur légitime destination, c'est-à-dire le
financement du logement social. Cette situation sera-t-elle tenable longtemps ? Pour ces
raisons, je regrette que des motifs largement idéologiques nous retiennent d'ouvrir ce
débat de fond.
A titre personnel, jestime que nous ne servons pas la cause des
caisses dépargne et qu'au contraire, nous les fragilisons pour l'avenir.
Au fond, monsieur le ministre, le texte que vous nous proposez, est
sans doute provisoire, il nest quune étape -certes utile- mais qui en annonce
dautres, plus audacieuses et plus fécondes pour l'avenir des Caisses.
Une autre question me semble essentielle, celle du gouvernement
dentreprise des Caisses. Qui les gouvernera ? La technostructure, les porteurs de
parts, la Caisse des Dépôts, les représentants des collectivités locales, voire
lEtat par le biais de lagrément du président du directoire ? Derrière
ce débat sen profile un autre : le réseau des Caisses dépargne est-il
appelé à devenir une pièce essentielle du " pôle financier
public " évoqué ici ou là ? Ou est-il destiné à passer des alliances avec
des banques commerciales privées ? Le texte soumis à notre examen louvoye entre ces deux
approches qui ne sont pas aisément conciliables. Qui déterminera la stratégie du
groupe ? Pour ma part, j'avoue ne pas en avoir une perception claire et évidente.
Et je le regrette, car le réseau devra rapidement, j'en suis convaincu, se
déterminer, dès lors que la loi aura été votée.
Pour arrêter sa stratégie, le réseau devra à la fois avoir les
coudées franches -ce qui justifie une simple détention majoritaire de la Caisse
nationale, par les caisses régionales- et disposer des ressources nécessaires pour
financer sa croissance. Le texte tel quil nous est transmis laisse peser de
lourdes incertitudes : les caisses risquent de rencontrer des difficultés financières
sérieuses pour, -dans le même temps, apurer leur régime de retraite, subir la ponction
de 5 milliards de francs, rétribuer suffisamment les porteurs de parts au-delà de
la rémunération du livret A, distribuer un dividende social très important, dans des
conditions opaques, et porter en réserve les sommes nécessaires au financement de leur
croissance et à la modernisation de leur réseau.
En esquivant un choix clair des priorités, sans doute dans le but de
maintenir lharmonie d'une majorité très plurielle, le gouvernement laisse peser
une menace non négligeable sur lavenir des Caisses dépargne. Cest la
raison pour laquelle votre Commission des finances vous proposera tout un ensemble
cohérent damendements, de portée financière, visant à mieux garantir
lavenir des Caisses, quil sagisse du montant du capital appelé, de la
libération de ce capital ou du plafonnement des financements dintérêt général.
Avant de conclure mon propos, je souhaiterais interroger, à mon tour,
le gouvernement sur deux dossiers étroitement liés à lavenir du réseau : le
premier est celui des modalités de fixation de la rémunération de lépargne
administrée, le second celui de lavenir du Crédit Foncier. Les Caisses
dépargne, dès lors quelles auront des porteurs de parts à rémunérer, et
à les rémunérer dautant plus significativement que lesdites parts ne sont pas
réévaluables, seront les premières concernées par la fixation des taux du Livret A
pour arrêter leur stratégie financière.
Sagissant de lavenir du Crédit Foncier, le Sénat
aimerait, monsieur le ministre, connaître avec précision létat d'avancement du
dossier, au regard des nombreux articles de presse qui paraissent presque chaque jour sur
le sujet, sans que le Parlement ne reçoive, lui, la moindre information.
En terminant, mes chers collègues, je veux vous dire que, tout au long
de la discussion des articles et donc tout au long de l'élaboration du statut des Caisses
d'Epargne, une préoccupation, et une seule, devra occuper nos esprits, celle de l'avenir
de ce réseau, celle des règles qui lui offriront les meilleures chances de son avenir,
celles qui lui ouvriront la voie du développement.
Leurs meilleurs défenseurs ne seront pas ceux qui l'enfermeront dans
un noeud de contraintes mais ceux qui lui font confiance pour devenir une banque de plein
exercice, responsable de son destin.
Alain Lambert, président de la Commission des finances
sénateur-maire d'Alençon
Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues,
La qualité des exposés que nous venons d'entendre m'invite à
souligner seulement quelques aspects essentiels du texte qui nous est soumis, plus
spécialement contenus dans le volet : réforme des Caisses d'Epargne et de Prévoyance.
Tout d'abord, pour tirer un motif réel de satisfaction : nous sommes -sur
lessentiel- tous daccord pour conférer aux Caisses dEpargne un statut
qui leur permette d'ouvrir une nouvelle phase de leur développement, d'engager une
dynamique nouvelle pour prétendre jouer un rôle de premier plan dans le monde bancaire
et financier.
La Commission des finances ne peut que se réjouir que le projet du
Gouvernement s'inspire de nombre de ses propositions faites depuis plusieurs années,
issues notamment du rapport "Banques" ou de la proposition de loi de juillet
1997, relative au statut et à l'activité des Caisses d'Epargne. Lorsque lon garde
en mémoire les critiques qui, à l'époque, les avaient accueillies, on mesure le chemin
parcouru depuis cette date.
Cependant, monsieur le ministre, le projet que vous soumettez à notre
examen, même sil vient à son heure, ne tire pas, selon moi, et selon la majorité
de notre commission, toutes les conséquences des bouleversements considérables qui
traversent les systèmes bancaires et financiers en Europe et dans le monde.
Bref, le texte apparaît trop comme le fruit d'un compromis évident et
semble privé de l'étincelle d'audace dont dépend tout projet d'avenir. Or dans le monde
de la finance d'aujourd'hui, laudace n'est-elle pas un élément nécessaire de la
réussite, sur le long terme ?
Mes chers collègues, je ne souhaite ni succomber aux tentations de la
provocation, ni justifier les excès auxquels s'abandonnent parfois les marchés
financiers, ni refuser ou ignorer la spécificité du Réseau des Caisses dEpargne.
Mon propos est simple, modeste même : sommes-nous, au fond de nous-mêmes, vraiment
convaincus que le statut que nous allons adopter garantira les meilleures chances
davenir aux Caisses dEpargne pour les dix ou quinze années à venir ?
Leur dessinerons-nous un cadre d'action pour le 20e ou pour le 21e
siècle ?
Bien entendu, ce texte comporte des éléments novateurs et positifs
que notre rapporteur général a décrits avec précision : ladoption dun
statut coopératif (nous l'avions proposé dès 1996), une organisation inspirée de celle
du Crédit Agricole (c'était l'objet de notre proposition de loi), le statut de banque de
plein exercice et la contractualisation des liens avec la Caisse des dépôts et
consignations. Mais, à côté de ces éléments judicieux, je redoute vraiment que
dautres composantes du statut viennent freiner le dynamisme des Caisses et ne leur
permettent pas, comme elles le souhaitent, d'enclencher un nouvel élan, de réussir un
développement ambitieux dans les dix ou quinze années qui viennent. Prenons quelques
exemples de contraintes susceptibles dentraver la croissance voulue et nécessaire
du réseau.
Même si la notion d'établissement sans but lucratif a été
heureusement écartée, il demeure que les missions disparates dévolues aux caisses
régionales et la consécration juridique du " dividende social " ne
seront pas réellement et durablement compatibles avec un statut de banque généraliste
de plein exercice, soumise aux exigeantes lois de la concurrence.
Comme vous tous, mes chers collègues, je suis naturellement tenté de
me laisser bercer par cette douce et envoûtante idée de banque
" citoyenne ", luttant contre toutes les formes d'exclusions,
favorisant laménagement du territoire et défendant lenvironnement. Mais,
soyons lucides, dans l'univers de concurrence dure et impitoyable dans lequel les Caisses
sont désormais inscrites, que cela nous effraie ou non, demandons-nous si ce ne sont pas
les concurrents des caisses dépargne qui se réjouiront les premiers et le plus
fort de ces contraintes ?
Si josais une comparaison audacieuse, je dirais que nous lançons
les caisses dépargne dans le grand bassin, ligotées de bouées qui les
empêcheront de se mouvoir, au risque de flotter mais sans avancer, sans progresser.
Je souhaite, à ce sujet, exprimer mon regret que n'ait pu être ouvert
un débat serein, apaisé, responsable sur une banalisation progressive et adaptée de la
distribution du livret A. Le gouvernement souhaite maintenir cet avantage
concurrentiel au profit du réseau, sans doute pour légitimer ses missions
dintérêt général et lagrément ministériel à la nomination du président
du directoire de la Caisse nationale.
Mais, mes chers collègues, regardons bien la réalité en face. Comme
la démontré le rapporteur général, cette banalisation, même si elle prend du
temps, est néanmoins inéluctable. Le paradoxe est sans doute, que plus les caisses
dépargne seront dynamiques -ce que nous leur souhaitons tous- plus la fin de
l'avantage concurrentiel se rapprochera.
Alors, pourquoi ne pas les avoir préparé, dès à présent, par
exemple sur 5 ans, à s'en priver. Ne recommençons pas avec les Caisses d'épargne ce qui
a été fait avec le Crédit foncier lors de la suppression des PAP.
Soyons également conscients, mes chers collègues, de la faible
utilisation des fonds d'épargne pour leur légitime destination, c'est-à-dire le
financement du logement social. Cette situation sera-t-elle tenable longtemps ? Pour ces
raisons, je regrette que des motifs largement idéologiques nous retiennent d'ouvrir ce
débat de fond.
A titre personnel, jestime que nous ne servons pas la cause des
caisses dépargne et qu'au contraire, nous les fragilisons pour l'avenir.
Au fond, monsieur le ministre, le texte que vous nous proposez, est
sans doute provisoire, il nest quune étape -certes utile- mais qui en annonce
dautres, plus audacieuses et plus fécondes pour l'avenir des Caisses.
Une autre question me semble essentielle, celle du gouvernement
dentreprise des Caisses. Qui les gouvernera ? La technostructure, les porteurs de
parts, la Caisse des Dépôts, les représentants des collectivités locales, voire
lEtat par le biais de lagrément du président du directoire ? Derrière
ce débat sen profile un autre : le réseau des Caisses dépargne est-il
appelé à devenir une pièce essentielle du " pôle financier
public " évoqué ici ou là ? Ou est-il destiné à passer des alliances avec
des banques commerciales privées ? Le texte soumis à notre examen louvoye entre ces deux
approches qui ne sont pas aisément conciliables. Qui déterminera la stratégie du
groupe ? Pour ma part, j'avoue ne pas en avoir une perception claire et évidente.
Et je le regrette, car le réseau devra rapidement, j'en suis convaincu, se
déterminer, dès lors que la loi aura été votée.
Pour arrêter sa stratégie, le réseau devra à la fois avoir les
coudées franches -ce qui justifie une simple détention majoritaire de la Caisse
nationale, par les caisses régionales- et disposer des ressources nécessaires pour
financer sa croissance. Le texte tel quil nous est transmis laisse peser de
lourdes incertitudes : les caisses risquent de rencontrer des difficultés financières
sérieuses pour, -dans le même temps, apurer leur régime de retraite, subir la ponction
de 5 milliards de francs, rétribuer suffisamment les porteurs de parts au-delà de
la rémunération du livret A, distribuer un dividende social très important, dans des
conditions opaques, et porter en réserve les sommes nécessaires au financement de leur
croissance et à la modernisation de leur réseau.
En esquivant un choix clair des priorités, sans doute dans le but de
maintenir lharmonie d'une majorité très plurielle, le gouvernement laisse peser
une menace non négligeable sur lavenir des Caisses dépargne. Cest la
raison pour laquelle votre Commission des finances vous proposera tout un ensemble
cohérent damendements, de portée financière, visant à mieux garantir
lavenir des Caisses, quil sagisse du montant du capital appelé, de la
libération de ce capital ou du plafonnement des financements dintérêt général.
Avant de conclure mon propos, je souhaiterais interroger, à mon tour,
le gouvernement sur deux dossiers étroitement liés à lavenir du réseau : le
premier est celui des modalités de fixation de la rémunération de lépargne
administrée, le second celui de lavenir du Crédit Foncier. Les Caisses
dépargne, dès lors quelles auront des porteurs de parts à rémunérer, et
à les rémunérer dautant plus significativement que lesdites parts ne sont pas
réévaluables, seront les premières concernées par la fixation des taux du Livret A
pour arrêter leur stratégie financière.
Sagissant de lavenir du Crédit Foncier, le Sénat
aimerait, monsieur le ministre, connaître avec précision létat d'avancement du
dossier, au regard des nombreux articles de presse qui paraissent presque chaque jour sur
le sujet, sans que le Parlement ne reçoive, lui, la moindre information.
En terminant, mes chers collègues, je veux vous dire que, tout au long
de la discussion des articles et donc tout au long de l'élaboration du statut des Caisses
d'Epargne, une préoccupation, et une seule, devra occuper nos esprits, celle de l'avenir
de ce réseau, celle des règles qui lui offriront les meilleures chances de son avenir,
celles qui lui ouvriront la voie du développement.
Leurs meilleurs défenseurs ne seront pas ceux qui l'enfermeront dans
un noeud de contraintes mais ceux qui lui font confiance pour devenir une banque de plein
exercice, responsable de son destin.
Alain Lambert, président de la Commission des finances
sénateur-maire d'Alençon
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