Monsieur le
président, madame la ministre, mes chers collègues,
Quelques mots très brièvement pour faire écho aux propos tenus par
Florence Parly devant lAssemblée nationale, concernant la première lecture du
budget par le Sénat.
Par nature, ne pouvant devant lautre assemblée y expliquer nos
points de vue en contrepoint, je me propose de le faire en cet instant, de manière
concise. Certains députés ont justifié les positions du Sénat, quils en soient
remerciés.
Madame la Ministre, vos propos mont semblé injustes.
Dabord, vous avez assimilé le Sénat à lopposition
nationale. Si la majorité sénatoriale se situe sans ambiguïté dans lopposition
au gouvernement, cette assimilation nest toutefois pas adaptée. Le Sénat a reçu
dans nos institutions un rôle propre, il nest pas le représentant des partis de
lopposition mais du peuple français. Il na pas vocation à systématiquement
sopposer ou à soutenir tel ou tel gouvernement, mais à participer à
lélaboration de la loi et à exercer son contrôle. Il est aussi le représentant
des collectivités territoriales et vous avez vous-même reconnu la qualité de notre
débat sur les recettes de celles-ci.
Vous avez ensuite dénoncé le caractère, à vos yeux, peu sérieux
des chiffres du budget voté par le Sénat : un déficit à 50 milliards de
francs mais que vous chiffrez en réalité à 300 milliards de francs (sic), un
paquet de cigarettes à 70 francs, la suppression de 25 milliards de francs de crédits de
léducation nationale, etc
Pourriez-vous, dans le respect du texte actuel de lordonnance
organique, me dire comment vous proposez damender un projet de budget dès lors que
toute baisse de recettes doit être immédiatement gagée, quant bien même vous en
proposez dautres, dès lors encore que nous ne pouvons modifier la structure des
dépenses, mais seulement accepter ou rejeter les mesures nouvelles. Les contraintes
actuelles de lordonnance ne nous permettent pas de reconstruire le budget. Le
message du Sénat était donc un message de rejet, mais un rejet avec débat, parce que
nous pensons que le gouvernement et ses ministres doivent pouvoir venir devant le Sénat
exposer et défendre leur politique.
Peut être aiderez-vous à ce que la réforme de lordonnance
permette de revenir sur cette impossibilité dune discussion budgétaire davantage
respectueuse de la représentation nationale et par là même plus respectueuse des
Français.
Enfin, vous avez repris la ritournelle classique de labsence de
proposition de baisses de dépenses. Or nous ne cessons de répéter depuis plusieurs
années quil faut, non pas augmenter, mais réduire le nombre global de
fonctionnaires, en réformant enfin les structures de lEtat. Nous navons
cessé de rappeler quil était nécessaire et urgent de réformer les retraites
publiques, pour en alléger le fardeau qui pèsera sur les générations futures. Nous
avons aussi dit en permanence que la baisse des prélèvements fiscaux et sociaux était
préférable à laugmentation des interventions, notamment vis-à-vis de
lemploi.
Nous avons, et jen terminerai par là, répété également
quune gestion efficace des actifs de lEtat permettrait de réduire la dette
publique et les intérêts correspondants.
Quelles propositions supplémentaires souhaitez-vous recevoir ?
Voilà ce quavec le rapporteur général et avec les rapporteurs
spéciaux nous avons voulu, avec conviction porter durant trois semaines, comme volonté
et ambition pour la France. Si beaucoup, madame la ministre, de nos objectifs se
rejoignent, les voies pour les atteindre sont différentes. Chacune mérite le respect car
cest cela la démocratie.