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L’éloge de la gratitude ou de la reconnaissance

Après avoir échangé sur les thèmes de la gentillesse, de l’humilité, et de la simplicité, la trilogie d’humanité, Cicéron, lui-même, nous invite à considérer la reconnaissance ou la gratitude « pas seulement comme la plus grande des vertus, mais la mère de toutes les autres ». Elle a été un sujet majeur d’intérêt pour les philosophes antiques, du moyen âge, et des temps modernes, et continue d’intéresser les philosophes d’aujourd’hui, même si ses sous-jacents psychologiques n’ont été vraiment étudiés qu’autour de l’an 2000. En fait, la question a été trop souvent traitée à partir des émotions négatives liées à l’ingratitude, alors que le sentiment de gratitude produit tant d’émotions positives. A tort, la gratitude est perçue parfois commune une dette à l’endroit de la personne qui nous apporté son aide ou son soutien. Au point de chercher à l’éviter. Elle est au contraire une élégance, une délicatesse, une dignité qui encouragent aux comportements généreux et désintéressés. Le marketing moderne l’a bien compris puisque toutes les études démontrent qu’un client honoré pour sa fidélité augmentera ses achats ultérieurs de 70%. Les études qui ont été menées en psychologie de la gratitude en ont identifié plusieurs aspects différents : l’influence sur le bien-être à raison de la qualité des relations sociales ou professionnelles qui sont partagées, l’influence aussi sur la simplicité, l’acceptation de soi, l’absence de recherche de vouloir se montrer plus grand qu’on ne l’est, et aussi l’absence de stress, notamment au travail, par une ambiance propice à la confiance mutuelle et à l’équité dans le mérite des résultats. Gérard de Nerval écrira « il n’y a qu’un seul vice dont on ne voit personne se vanter, c’est l’ingratitude ». Probablement les ingrats ignorent qu’ils le sont. Par sottise ou par méchanceté. Leur violence en témoigne. Peu importe. Leur attitude n’est pas la pire des punitions [...]

By | 2018-11-02T12:05:09+00:00 2 novembre 2018|Réflexion|0 Comments

Les dirigeants consacrent 3/4 de leur temps à des tâches qui ne sont pas de leur niveau

La gouvernance des Organisations complexes - (privées ou publiques) c'est à dire les ensembles constitués d’un grand nombre d’entités en interaction, - m’a toujours passionné. C’est probablement le fruit de mon seul vrai bilinguisme : le droit et les comptes ! Le temps La ressource la plus précieuse de toutes est le temps ! Oui, pour le dirigeant, le temps est bien le bien le plus précieux. Il sait d’intuition qu’il est une ressource non renouvelable. Qui s’épuise si vite qu’elle en devient obsessionnelle. Pourtant, souvent, il la gaspille en s’agitant à contretemps, alimentant ainsi son propre Léviathan, s’auto paralysant tout le temps. Diriger, c’est choisir Diriger, gouverner, c’est choisir ! Chercher à éviter cette définition, c’est commencer à renoncer. Or, pour bien choisir, au bon moment, il faut du temps. La réactivité et l’adaptabilité sont le challenge permanent. Face à un environnement incertain, en permanence en mouvement, le tireur en chef ne doit pas perdre de vue sa cible. Incarner Dans notre monde d’hyper communication, le dirigeant doit d’abord incarner son organisation. Ses valeurs. Sa vision du présent et du futur, son ambition, la solidité de son modèle, son unité, sa capacité à répondre aux défis qui lui sont lancés, sa cohésion, sa force. Ne pas maitriser son temps, laisser apparaître la moindre fébrilité, affaiblit plus que le dirigeant, mais l’organisation toute entière. S’entourer Personne n’ayant encore révélé son don d’ubiquité qui reste le privilège des Dieux, le boss doit donc savoir s’entourer des meilleurs. Les attirer. Les enthousiasmer. Les rendre fiers d’appartenir à son équipe. Libérer leur parole. Laisser chaque génération s’exprimer. Offrir une dynamique propre, un but, une cause justifiant un dépassement. Recueillir les avis les meilleurs pour décider en dernier ressort des questions essentielles rassure. Faire donc en sorte que cela se sache. L’autorité Consulter avant de décider renforce aussi l’autorité. Celle-ci [...]

By | 2018-11-02T11:53:15+00:00 1 novembre 2018|Réflexion|0 Comments

CUA/ville d’Alençon : Respectons les fondamentaux.

Les querelles politiques sont désastreuses pour les élus, leur image comme celle de leurs fonctions et sont destructrices pour les Institutions. Et pourtant elles dominent dans l’opinion publique les vrais enjeux et supplantent l'attention sur les dangers qui menacent directement notre population. Personne ne peut cependant se permettre de donner la moindre leçon, puisque chacun se trouve pris, un jour ou l’autre, dans la spirale du ridicule. Pour ce qui concerne l’actualité relative à la santé de nos concitoyens, à la présence médicale, j’insiste pour préciser que je me refuse totalement à m’immiscer dans les affaires internes de la majorité municipale. Il y aurait beaucoup à dire sur le fonctionnement des majorités dans de nombreuses assemblées. Je m’éviterai donc l’incongruité de mettre mon grain de sel, là où je ne siège pas. Si je suis intervenu dans la presse Ouest-France Alençon, c’est pour témoigner solennellement des principes fondateurs de la Communauté Urbaine. Je me crois légitime pour le faire puisque c’est moi qui les ait posés. Ces principes sont comme une Constitution pour une Nation. Ils sont la garantie que le consentement, l’adhésion des communes à un moment de l’histoire n’a pas été viciée par des engagements qui seraient non tenus ensuite. Je publie à l’appui de cette introduction les débats de la transformation du District Urbain en Communauté Urbaine. La création de celle-ci était une chance inouïe. Nous n’avions que peu de jours pour en décider. Certaines communes étaient réticentes de voir, par cette transformation, la ville d’Alençon recevoir des pouvoirs qui ne lui avaient pas été consentis lors de la fondation du District. Pour vaincre les résistances ou les hésitations, je m’étais personnellement engagé pour que « Jamais » la ville centre ne puisse imposer seule ses vues au sein de notre Communauté Urbaine. Ne pas respecter cet engagement [...]

By | 2018-10-23T15:23:31+00:00 23 octobre 2018|Alençon, Communauté Urbaine|0 Comments

L’éloge de la simplicité

Après avoir labouré le champ de la gentillesse, puis celui de l’humilité, jetons notre regard sur la simplicité, tant ces trois qualités constituent entre elles une trilogie d’humanité. N’est pas simple qui veut. Encore moins celui qui fait semblant. La simplicité est une forme de grâce naturelle inspirée de l’humilité et qui s’appuie sur une réelle solidité personnelle, une forte maturité, et une grande lucidité. Elle permet d’observer le théâtre de la vie comme il est, sans s’enivrer d’attentes impossibles, d’ambitions démesurées ou désespoirs inconsolables. Elle rend paisible, car celle ou celui qui la possède en est le premier bénéficiaire. Elle révèle une forte capacité à s’adapter à toutes les situations, à s’accepter dans ses limites, à rester fluide pour laisser se projeter sa spontanéité. L’apparence joue un rôle important car immédiat mais durable. Une personne simple ne se dissimule pas derrière un décor trop raffiné ou à l’inverse déconcertant. L’habit doit ressembler au moine :) Plus substantiellement, la simplicité doit aussi être celle de la pensée. Le bon sens ou le « sens commun » doivent chasser les tentations de la sophistication, pour paraître savant. Elle implique un regard neutre et objectif de la réalité. Elle se méfie de ses certitudes pour rester ouverte à d’autres points de vue. Elle est douée d’une expression orale directe et simple. Précise mais attentive à ses effets. Elle tisse naturellement un lien avec les autres, en leur accordant le même respect qu’elle s’accorde à elle-même. Elle veille à considérer équitablement les plus puissants et les plus modestes. Elle les accorde en assurant l’ajustement. Elle est généreuse en accueillant avec sincérité et joie la réussite des autres. Elle sait trouver les mots pour adoucir les maux. Elle fait société. Chacun peut gagner beaucoup à travailler sa simplicité car elle aide à assumer ce que nous sommes. À être [...]

By | 2018-10-23T14:29:22+00:00 23 octobre 2018|Réflexion|0 Comments

L’éloge de l’humilité.

Après avoir questionné le champ de la gentillesse, un ami m’a suggéré de tenter de poursuivre la réflexion sur une qualité cousine, celle de l’humilité. Comme elle ne règne pas d’évidence dans l’univers politique, mon terrain d’exercice ne m’éclaire pas d’abondance en ce domaine. Une définition neutre En sincérité, comme personne ne peut prétendre atteindre la qualité ultime d’humilité, choisissons alors une définition la plus neutre possible, celle consistant « à considérer qu’un individu humble doit se voir lui-même de façon réaliste ». Sans se surestimer, ni se mésestimer. En étant conscient que la vision de soi est souvent déformée par la succombante tentation de l’orgueil, de l’égocentrisme et du narcissisme profondément enracinés dans le monde politique ou le monde de la communication. En revanche, la mésestime de soi y fait peu de dégâts. En fait, se voir d’une façon réaliste s’acquiert souvent avec le temps, le vécu, la maturité, les épreuves, la prise de conscience de sa condition simple et de sa place réelle au milieu des autres, et de la société toute entière. compatible avec la fierté Elle ne révoque pas la fierté, parfaitement légitime lorsqu’elle se fonde sur la réussite collective d’un groupe où la conjugaison des efforts de chacun peut seule permettre de réaliser une œuvre impossible à atteindre individuellement. A l’inverse, la médiocrité frappe de ridicule ceux qui s’attribuent les mérites de tous, ou des autres, sans même se rendre compte qu’ils ne sont pas pour grand-chose dans le succès collectif. sans fausse modestie N’esquivons pas davantage la perversion qui s’invite parfois lorsque l’humilité est feinte par une « fausse modestie » dans l’espoir de s’attirer des compliments. Chacun sait que « la fausse modestie est le dernier raffinement de la vanité ». ni mésestime de soi Si la mésestime de soi est rare dans le monde politique, la personne humble doit [...]

By | 2018-10-19T16:25:33+00:00 18 octobre 2018|Réflexion|0 Comments

1ère séance particulière du CNEN depuis son 10ème anniversaire !

Se tenait ce matin la 1ère séance du Conseil National d’Evaluation des Normes #CNEN depuis son 10ème anniversaire célébré le 13 septembre dernier. La séance s’est déroulée sous forme numérique, puisque je l’ai présidée de Singapour où je suis en déplacement actuellement. Nous avons ainsi mis immédiatement en pratique le souhait du Gouvernement d’accélérer le processus de transition numérique. Le #numérique est un enjeu déterminant pour l’avenir de notre société. S’il est à l’évidence un moteur économique et industriel puissant pour notre pays, il irrigue aussi l’ensemble de la vie publique et privée de nos concitoyens. Il est tout autant un enjeu majeur de la réforme de l’Etat. C’est pourquoi notre Conseil National d’Evaluation des Normes a souhaité donner l’exemple de sa capacité à s’adapter immédiatement, en ayant prévu, dans son règlement intérieur, les séances numériques. Totalement ou partiellement. S’agissant des textes que nous avons examinés leur variété est toujours aussi large ; nous avons traversé des sujets aussi divers que - les éco-organismes de la filière des déchets d’emballages ménagers, - la prévention des maladies vectorielles transmises par les insectes, - la mise à jour permanente des tarifs et des valeurs locatives des locaux professionnels, - l’obligation de publicité des emplois vacants sur un espace numérique commun aux trois fonctions publiques, - les aires de grand passage pour les gens du voyage, - l’innovation technique et architecturale des bâtiments, - la modification du code de l’énergie relative à l’accès régulé à l’énergie nucléaire historique, - le traitement de données à caractère personnel provenant des caméras individuelles des agents de la police municipale, ou - le reclassement au profit des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l’exercice de leurs fonctions. Comme vous le voyez les questions sont complexes et d’une variété extrême. Un remerciement tout particulier aux « moines-soldats » élus qui, chaque mois, veulent bien siéger sur des questions [...]

By | 2018-10-12T21:15:35+00:00 12 octobre 2018|CNEN, Normes|0 Comments

Éloge de la gentillesse !

Ayant oublié à Paris un périphérique informatique, alors que je suis ici à #Singapour, je me suis rendu chez une grande marque mondiale pour acheter l’accessoire exactement adapté. Quelle expérience ! Une qualité personnalisée de l’accueil, un soin attentif consacré à vérifier que l’outil serait exactement adapté à mon système, et une franche invitation à revenir en cas de difficulté. Cela m’a fait immédiatement réfléchir. Ressentir soudain de la gentillesse J’y ai ressenti de la gentillesse ! Cette sensation simple et naturelle, de plus en plus rare, quand l’on prend soin de votre problème, qu’il est tranquillement identifié pour y trouver une solution, sans brusquerie, impatience ou désobligeance. Un panneau informait d’ailleurs clairement les clients qu’ils devaient se comporter de même à l’égard du personnel, sauf à être invités à changer de fournisseur :) Un déclencheur de conscience Cela a été pour moi comme un déclencheur de conscience que le secret de l’efficacité moderne serait probablement, tout simplement : la gentillesse ! Une évidence oubliée Cela semble une évidence humaine et sociale. Pourtant, ce n’est pas le ressenti qui nous est le plus familier, ni même celui que nous nous efforçons de diffuser nous-mêmes aux autres. L’ingrédient majeur de l’efficacité est la gentillesse Pourtant les plus grands experts du management, statisticiens, chercheurs, sociologues, psychologues organisationnels et ingénieurs nous révèlent que l’ingrédient principal de l’efficacité d’une équipe de travail est : la gentillesse ! Les meilleures équipes sont celles où les gens sont gentils les uns envers les autres. Un besoin de sécurité psychologique Chaque être humain ressent de plus en plus, dans le monde moderne, un besoin de « sécurité psychologique », c’est-à-dire un sentiment qu’il doit pouvoir, au sein d’une équipe, prendre des risques en toute sécurité, en confiance, sans crainte d’être rejeté où même d’être fustigé. Il doit [...]

By | 2018-10-11T03:33:46+00:00 10 octobre 2018|Réflexion|0 Comments

L’investissement des collectivités territoriales

Audition ce matin à l' Assemblée nationale par la Mission flash de la Délégation de l’Assemblée nationale aux collectivités territoriales sur « l’investissement des collectivités territoriales » dont les co-rapporteurs sont : - Christine Pirès-Beaune - Rémy Rebeyrotte Avec l’excellente équipe de l’Assemblée des Départements de France, nous avons répondu aux questions qui nous ont été posées sur l’importance de l’investissement local. Nous avons souligné l’importance de l’échelon départemental pour soutenir l’investissement local, en rappelant que les collectivités territoriales participent à hauteur de 70% à l’investissement public civil toutes collectivités publiques confondues. D’où l’importance d’en tenir compte dans la définition des financements des collectivités territoriales. S’agissant des Départements, nous avons insisté sur leurs contraintes en matière de solidarités. Tel le financement des AIS. Le reste à charge des AIS s’est élevé à 9.3 milliards d’euros en 2017 ; le coût de la prise des MNA à 1.3 milliards d’euros vs. Une participation financière de l’Etat est seulement à hauteur d’environ 13%. Les Investissement des collectivités locales ont progressé en 2017 de 6.8%. L’investissement des Départements en prévision pour 2018 est en augmentation de plus de 5% doit environ 9,5 milliards. À titre personnel, je pense fondamentalement que l’investissement local est une obligation morale et économique : • Morale, au regard des générations futures dont les intérêts ont été sacrifiés, au bénéficie des générations présentes, • Economiques, car c’est le socle de l’activité économique, le moteur de la prospérité, le pourvoyeur d’emplois, et la principale garantie de l’indépendance et la liberté de la Nation pour le futur. - C’est une des missions cardinales de l’action publique : incitatrice, régulatrice, stratège, et exemplaire (par exemple au titre du développement durable) - A raison des finances de l’Etat, submergé par le fonctionnement, le rôle des collectivités territoriales est essentiel. L’investissement local ne peut être seulement maintenu, [...]

By | 2018-10-05T12:21:52+00:00 5 octobre 2018|Départements|0 Comments

De helper à entrepreneur ! le fabuleux destin de Nilu Tea

Délicieux WE passé en accueillant Nilushika Silva Jayaweera et de son époux Roshan Jayaweera #Nilu est une exception dans la vie, bien résumée dans l’article de journal joint qui qualifie son expérience de « Fabuleux destin de Nilu Tea" : Elle était « helper » à Singapour et elle est devenue entrepreneuse ! C’est chez nos enfants installés là-bas (à #Singapour) que nous avons eu la chance de la connaître. TEDx qui décèle les talents ne s’y était pas trompé : Elle a créé son entreprise au Sri-Lanka en portant de toutes ses forces ses valeurs de qualité, d’authenticité, de foi, de sincérité auxquelles nous savons que vous adhérez. Maintenant il vous reste à acheter son thé  ???? Voici le lien : Nilu tea L’égalité des chances, voilà le combat de notre famille, plus que l’illusion d’égalité de résultat qui ne stimule pas l’initiative. Nous passons un moment délicieux avec des personnes qui feront le monde de demain ????

By | 2018-09-30T22:22:16+00:00 30 septembre 2018|Courage & Convictions, Non classé|0 Comments

Fierté de l’Orne innovante avec CetteFamille

L'Assemblée des Départements de France dans son dernier Flash-infos met en valeur CetteFamille, notre start-up Ornaise œuvrant dans le domaine de l'économie sociale et solidaire, et plus particulièrement de l'accueil familial. Fierté de cette reconnaissance nationale. En son temps, le Conseil départemental de l'Orne avait soutenu l'initiative de CetteFamille, de Paul-Alexis R-j et Agathe Pommery. Bonheur de voir de nombreux départements leur faire confiance. C'est dans l'innovation au service de l'humain que l'Orne gagnera la bataille du futur.

By | 2018-09-28T23:49:04+00:00 28 septembre 2018|Orne, Social|0 Comments

10ème anniversaire du CNEN et Remise du rapport de la Mission Lambert-Boulard

Grosse journée aujourd’hui au Sénat, où se sont déroulés deux évènements en une seule cérémonie : le dixième anniversaire du Conseil National d’Evaluation des Normes (CNEN) et la remise officielle au Premier Ministre du rapport de la Mission qui nous avait été confiée avec le regretté Jean-Claude Boulard sur l’évaluation et l’allègement des normes. Nous tenions à cet événement car les Institutions utiles ont besoin de marquer d’une solennité, un événement, un souvenir, un rappel de son histoire. Savoir d’où l’on vient pour mieux nous souvenir du but jamais totalement atteint de notre mission au service de l’intérêt général. Il était symbolique que cette journée se tienne au Sénat, car cette maison a porté, dès l’origine, l’ambition de la création de notre institution. Au cours de ces dix dernières années, nous avons avancé. En devenant CNEN, notre institution a vu ses prérogatives s’étendre et, en plus du flux, a été instaurée compétente sur le stock des normes, en vue de proposer des suppressions ou modification. Egalement, certaines petites victoires vont dans le sens que nous défendons. Toutefois, nous – membres du collège des élus du CNEN et issus de nos territoires-, nous avons la lucidité de constater que les victoires ne sont pas assez nombreuses. Et que tous les jours, de nouvelles prescriptions s’ajoutent aux anciennes. Tous les jours, nous sommes confrontés aux obstacles normatifs empêchant de pleinement nous saisir de notre libre administration locale. Tous les mois, au sein du CNEN, nous sommes saisis de plus d’une trentaine de textes en moyenne –soit 1 par jour ! Et nous nous confrontons aux résistances des administrations centrales qui, malgré nos recommandations, produisent des textes bien trop détaillés, bien trop contraignants pour qu’ils puissent être appliqués de manière rationnelle par nos collectivités. Le fléau normatif est bien réel. Avec cette journée, c’est un [...]

By | 2018-09-13T11:13:27+00:00 13 septembre 2018|CNEN, Normes|0 Comments

En finir avec l’élection du Président de la République au suffrage universel.

L’invraisemblable course en avant vers la présidentialisation et la concentration des pouvoirs entre une seule main met en péril imperceptiblement notre démocratie, sans que personne ne semble s’en rendre compte. Je conserve l’intime conviction que l’élection du Président de la République au suffrage universel direct, après la déformation progressive mais profonde de la Vème République (quinquennat - inversement du calendrier), est devenue le handicap principal au redressement du pays. Plus qu’un droit démocratique fondamental, cette élection est devenue un piège. Un piège, car la litanie des promesses qu’un candidat doit réciter chaque jour pour se faire élire trompe tout autant celui qui les annonce que celui qui les croit. L’expérience nous enseigne d’ailleurs qu’aucun ne peut s’offrir le luxe de refuser d’en abuser. Ce qui donne lieu à une surenchère qui transforme l’élection elle-même en roulette russe : le candidat peut d’autant plus facilement s’engager dans de nombreuses matières qu’elles ne relèvent pas véritablement de ses pouvoirs. Seul le Parlement dispose des pouvoirs pour décider des impôts et voter les dépenses. Comme l’élection législative vient seulement deux mois après, il est toujours temps d’ajuster le tir. Ce qui donne lieu à deux programmes parfois différents : le programme présidentiel et le programme législatif. Elus, les députés inféodés au Président sont réduits au rang de robots qui disent oui qui disent non, selon les instructions qu'ils reçoivent. Notre démocratie et les mandats des citoyens qui en résultent se trouvent ainsi livrés à une imposture démocratique sous forme d'élections successives, qui ne favorisent ni l’esprit de responsabilité des dirigeants ni la capacité des citoyens à bien identifier comment le pays est gouverné. S’agissant des finances publiques par exemple, le sujet est au cœur de chaque campagne présidentielle sans que personne ne se soit avisé que le Président ne dispose d’aucun pouvoir budgétaire. L’élection du Président au suffrage [...]

By | 2018-08-07T16:48:33+00:00 4 août 2018|Politique|3 Comments

Quand le Sénat s’oppose à la simplification.

Personne n’est parfait et l’erreur est humaine. Et j'aime trop le Sénat pour le dénigrer. Et selon la formule, "sans liberté de blâmer, il n'y a pas d'éloge flatteur". Mais s’agissant de la Haute Assemblée, très engagée dans la simplification du droit, grâce à son Président Gérard Larcher et à sa Délégation aux Collectivités Territoriales, dont le Président est Jean-Marie Bockel, il est difficile à comprendre que la Commission saisie au fond du projet de loi ELAN ait pu émettre un avis défavorable à une simplification sollicitée par le Conseil National d’Evaluation des Normes et proposée par amendement par l’un de ses membres, le Sénateur Arnaud Bazin. Cet amendement visait à supprimer certains diagnostics techniques, comme la performance énergétique, l’état de l’installation du gaz et de l’électricité, lorsque l’immeuble vendu est destiné à la destruction. La réponse négative de la rapporteure est stupéfiante d’invraisemblance. Il s’agirait, selon elle, d’une simplification pouvant avoir pour effet que l’acquéreur fasse une fausse promesse de destruction pour éviter une dépense au vendeur. Même Kafka n’y aurait pas pensé ! Comment survivre dans un droit de défiance systématique ? Comment le Parlement compte-t-il être crédible dans le combat pour la simplification, s’il se laisse dicter des réponses aussi sottes par des bureaux parisiens étrangers à toute réalité. Supprimer des parlementaires ne servira à rien, si on ne supprime pas, à due concurrences, les hauts fonctionnaires qui les inspirent et même écrivent leurs textes. Voir le texte de l’amendement. Voir la vidéo de la séance :

By | 2018-07-28T13:30:31+00:00 28 juillet 2018|CNEN, Normes, Sénat|0 Comments

Le désastre du juridisme.

Un Pays est toujours soumis à de nombreux périls. Le pire est quand il s’en crée un grave à lui-même. C’est le cas du juridisme dans lequel nous nous enfonçons chaque jour davantage. Qu’est-ce-que le juridisme ? Sinon d’abord cette croyance folle dans la règle de droit comme solution à tous les problèmes de la société. Sinon ériger ensuite cette dévotion en dogme infaillible. Sinon enfin nous dispenser d’être intelligents et même nous interdire un minimum de discernement. Dans la réalité, le droit actuel est infecté d’un virus mortel, celui d’une totale incompatibilité entre la lettre bavarde et absconse des textes et le but qu’ils poursuivent. D’où l’avalanche de dysfonctionnements, d’incohérences et de désordres devenus insolubles. L’absence de culture légistique des rédacteurs aggrave ce fléau. A défaut d’un aggiornamento immédiat, le droit connaîtra le sort des saintes écritures : l’abus de son interprétation et son utilisation par quelques absolutistes illuminés au prix d’entraîner le Pays dans un chaos généralisé. Les excès du Juridisme Français sont connus et reconnus par toutes les autorités politiques comme une calamité grave. Et pourtant rien ne change ! La mission historique et fondatrice du droit est détournée par la conjonction de deux incessantes pressions, la prolifération des textes, et la sclérose qui en découle mécaniquement. La situation est devenue telle que chaque nouvelle règle soulève plus de difficultés qu’elle n’en résout, la rédaction par sa confusion la rend de plus en plus inapplicable, et elle sème le désordre au lieu de l’ordre. Les producteurs de droit se révèlent totalement coupés de la réalité, de la vie, oubliant le service de ceux auprès desquels ils sont placés. Ils se sont créés un monde hermétique, peuplé d’abstractions bouffies de logiques formelles et abstraites, un monde devenu étranger au concret de la vie quotidienne des Français. L’absence de réalisme [...]

By | 2018-07-22T20:57:01+00:00 22 juillet 2018|Collectivités Locales|0 Comments

Gouvernement – Élus locaux : la réconciliation est possible !

Le dialogue peut être rétabli. Il faut confier cette mission aux politiques et laisser les technocrates au vestiaire. L’article du Monde de ce soir « Macron et les élus locaux, histoire d’une rupture » signé par Patrick Roger résume bien les nombreux malentendus progressivement accumulés depuis l’an dernier. Comme le Président du Sénat Gérard Larcher dans son allocution. En même temps, il est presque éblouissant de voir qu’il ne s’agit pas d’un dialogue mais de monologues entre des institutions qui ne s’écoutent pas et ne peuvent donc se comprendre. Appartenant à l’univers des élus, et attaché au principe de fidélité, je me garderai bien de les critiquer. En même temps, le souci d’être utile et de favoriser un rapprochement me conduit à ne pas vouloir attribuer tous les torts à un seul camp. Durant toute cette année, depuis le 17 juillet 2017, je me suis trouvé au cœur des travaux menés par le Gouvernement, qu’il s’agisse des finances, au sein de la Mission Richard-Bur, ou qu’il s’agisse des normes et donc du droit qui régit les collectivités territoriales, au sein de la Mission avec le regretté Jean-Claude Boulard, Maire du Mans. Et je puis attester de la volonté sincère du Président de la République et du Gouvernement de nous donner les moyens de lever les nombreux malentendus empilés depuis 10 ans. Cependant ma conviction est faite : la technocratie fait tout pour envenimer des relations déjà traditionnellement tendues. Pourtant, la France ne pourra pas sortir de son impasse sans un pacte historique de confiance entre l’Etat, les Collectivités Territoriales et la Sécurité Sociale. Ces trois sous-secteurs d’administrations publiques ont des liens tellement enchevêtrés qu’il est strictement impossible que l’Etat s’en sorte sans l’appui des deux autres. Or, sa posture de « souverain d’apparence » au dépend des deux autres est [...]

By | 2018-07-12T23:31:29+00:00 12 juillet 2018|Politique|0 Comments