Bercy

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Lambert contre Lambert ? croit le Parisien. Au contraire je persiste et signe.

Le Parisien rapporte que, selon un Ministre qualifié de « agacé » qui m'aurait succédé à Bercy, « lorsque j'étais Ministre du budget, je m'y entendais très bien pour serrer la vis aux collectivités locales ». Cela désigne l'auteur. A dire vrai, je prends la remarque comme un compliment, car j'ai plutôt eu de très bonnes relations avec les collectivités territoriales durant tout mon séjour au Budget. Je me garderais bien d'ailleurs de reprocher à qui que ce soit de changer d’avis, douze ou treize ans après. Cependant, je ne me trouve pas dans ce cas. Après m’être replongé dans mes écrits, j’y retrouve au contraire une grande constance. Sur les relations financières entre l’Etat et les collectivités, je n’ai jamais été pour le « tout Etat » ou le « tout collectivité ». Il est bien connu qu’un Normand ne met normalement jamais ses œufs dans le même panier. En fait, je crois surtout aux relations loyales, empreintes de confiance mutuelle. Les administrations publiques n’ont pas d’intérêt propre à défendre, elles devraient se placer d’abord au service de la France, elles devraient être davantage solidaires entre elles et cesser de se renvoyer les responsabilités. Ainsi, par exemple, en 2001, en qualité de président de la Commission des finances du Sénat (et il ne fallait pas manquer de courage pour le faire), je m’étais refusé à cosigner la proposition de loi constitutionnelle relative à la libre administration des collectivités territoriales, qui prévoyait la garantie de l’autonomie fiscale des collectivités, ainsi que le principe de compensation intégrale et concomitant des transferts de compétences et de charges. Je n’étais pas encore membre du Gouvernement, mais j’avais déjà une conscience assez vive que cette position ne serait pas tenable pour l’Etat. Nous sortions de l’adoption de la LOLF et je pense avoir connu [...]

By | 2017-03-13T11:24:17+00:00 29 mars 2016|Bercy, CNEN, Economie & Finances|0 Comments

Accueil de Gérard Burel à Bercy au Ministère du Budget. Le début d’une nouvelle histoire.

Il est souvent cru par nos concitoyens que l’engagement politique constitue une sorte de stratégie de carrière personnelle, exclusivement orientée sur l’ambition et la satisfaction de soi-même. Heureusement, il en est tout autrement. Pour ma part, je me suis engagé en politique la 1ère fois en 1983, à la demande d’Hubert Crespy qui constituait une liste aux municipales. En 1985, aux cantonales, personne ne voulait se présenter contre Pierre Mauger, conseiller sortant, lequel venait d’être réélu triomphalement à la mairie. Je n’ai pas eu à m’imposer, on m’a forcé la main pour que j’y aille. J’ai été élu au 1er tour, par chance. En 1989, on m’a bombardé d’office candidat aux municipales. Et nous l’avons aussi emporté. En 1992, je me suis présenté au Sénat, car j’étais convaincu, et je le suis toujours, que le Maire de la ville Chef-lieu doit pouvoir exercer une influence à Paris, où tout se décide. J’y ai été élu. Mais il m’a fallu démissionner du Conseil Général. Appelé au Gouvernement en mai 2002, j’apprends 15 jours après qu’il nous faut démissionner de mon mandat de Maire. Ce que je m’oblige à faire, sous la contrainte, alors que la loi ne l’imposait nullement. En Octobre 2003, soit 9 ans après mon départ du Conseil Général, le Président du Conseil Général Gérard Burel me rend visite à Bercy, où j’exerçais les fonctions de Ministre du Budget pour me demander d’être candidat aux élections cantonales de mars 2004, afin de lui succéder 3 ans après. Il considère qu’il est de l’intérêt du département d’être présidé par un élu ayant fait son trou à Paris. Réticent, j’accepte cependant. Conscient que le retour ne serait pas simple doublement. Solliciter un mandat qu’on a abandonné n’est jamais facile à expliquer. Et une candidature locale quand on est au gouvernement est [...]

By | 2017-03-13T11:23:15+00:00 30 octobre 2003|Bercy, Orne|0 Comments

Carnet de vol : 9 mai 2002

Ce matin : premier Conseil des Ministres. Pour les nouveaux comme moi, le spectacle est plutôt du côté du concert des photographes qui appellent et s’agitent dans la cour de l’Elysée pour prendre leurs clichés qui vont nous imprimer notre image pendant plusieurs semaines. Le Conseil par lui-même est plutôt banal. Il ressemble à ceux tenus par les maires expérimentés en début de mandat à l’intention de leurs collègues adjoints pour leur transmettre les informations utiles et surtout leur faire les recommandations d’usage. Les ministres n’écoutent pas davantage que les élus locaux fraîchement élus, ils ont la tête ailleurs toute à leur nouvelle vie. Avant la photo officielle qui nous rappelle notre enfance dans les cours d’école, la lecture rapide du dossier du nouveau ministre ne manque pas de retenir mon attention sur une curiosité comme en recèle notre droit : les ministres fonctionnaires bénéficient d’un traitement supérieur à ceux qui ne le sont pas ! C’est insensé et choquant même si la différence est faible. Pris par le temps, je n’ai jamais pris le temps de chercher le fondement juridique de cette situation ridicule. S’agissant du traitement des ministres, un souci ne va pas manquer de m’assaillir immédiatement. Mes collègues, comme moi-même s’étonnent du montant figurant sur les fiches. Il correspond en gros à la moitié des traitements et indemnités versés aux parlementaires. Cette hypocrisie résulte de la suppression des fonds spéciaux décidée par le précédent gouvernement avant son départ, sans qu’il ait officiellement majoré sur les fiches de paies ministérielles les sommes jusqu’alors payées en espèces. Intolérant à la démagogie, je me fixe de résoudre le problème dès que possible. Il me semble légitime qu’un ministre soit indemnisé autant qu’un parlementaire. Rester indifférent en la matière revient à réserver la politique aux nantis ou aux fonctionnaires. Seule la voix législative est possible, cela nous promet [...]

By | 2017-03-13T11:23:15+00:00 9 mai 2002|Bercy|0 Comments

Carnet de vol : 8 mai 2002

Ce 8 mai, la journée commence par les cérémonies classiques au monument aux morts. Les Alençonnais présents y vont chacun de leur petit compliment. Mon opposant aux précédentes municipales me glisse à l’oreille« ce n’est pas pour me déplaire car cela relativise mon mauvais score des dernières élections ». Comme quoi, tout le monde semble content. Retour précipité sur Paris pour préparer la fameuse passation de pouvoirs. J’ai donné rendez-vous à Augustin de Romanet à mon bureau au Sénat où Francis Mer doit nous retrouver ver 17h30. Augustin est une personne rare. Un vrai aristocrate. C'est-à-dire un homme qui considère avoir plus de devoirs que d’autres, à raison de sa naissance, de son éducation et aussi naturellement de l’idée qu’il se fait de la vie.  Nous sommes devenus amis au Parlement, alors qu’il appartenait aux cabinets successifs d’Alain Madelin, François d’Aubert, puis Jean Arthuis et Alain Lamassoure. Nous sommes ornais tous les deux. De sorte que cette complicité exclut tout rapport hiérarchique entre nous. Nous sommes amis. Je lui voue une affection et une confiance absolues. Dans mon système de fonctionnement, il occupe une place stratégique car je n’entends m’occuper que des questions politiques ; il aura en charge tout le fonctionnement et naturellement la composition du cabinet. Les milieux financiers, économiques, et technocratiques de Paris le connaissent et l’estiment. Nul doute que j’ai fait le bon choix. On peut le dire d’ailleurs autrement. C’est plutôt lui qui a décidé que je devrais rentrer au gouvernement. Il est parti, il y a trois ans, faire un tour dans la privé. Il est à nouveau tenté par l’action publique ; il m’évangélise régulièrement, depuis des mois, sur la nécessité de me préparer à exercer des fonctions au gouvernement. Je ne sais donc pas au final lequel a choisi l’autre. Il est probable que s’il n’avait pas semé cette idée dans mon esprit nous n’en [...]

By | 2017-03-13T11:23:15+00:00 8 mai 2002|Bercy|0 Comments

Carnet de vol : le 7 mai 2002

Ce matin, je pars assez tôt au Sénat pour utiliser le savoir-faire de mon secrétariat pour « pister » F. Mer. Après de multiples échecs, nous parvenons à nous parler 2 minutes pour constater que nous sommes grossièrement sur la même ligne d’orthodoxie budgétaire et de liberté économique. Je rappelle le Premier Ministre pour lui donner mon  accord, il m’en remercie et pronostique une publication du gouvernement en fin d’après midi. Je dois partir immédiatement pour Alençon où je me rends à l’inhumation de mon prédécesseur dans la fonction de Maire : Pierre Mauger. Il a exprimé la volonté que je prononce son éloge funèbre. Ce sera un moment émouvant pour moi. Nous avons commencé comme adversaires politiques. Progressivement nous sommes devenus seulement opposants puis amis personnels. Tout simplement. Mais sincèrement. Une amitié sincère est née entre nous, une vraie complicité même, et son départ m’attriste profondément. J’aperçois comme un symbole au fait qu’il passe sur l’autre rive le moment même où une nouvelle étape de ma vie politique commence. J’ai préparé un texte où j’ai mis tout mon cœur et mon émotion. La cérémonie sera un instant rare de communion entre lui,son souvenir, sa mémoire et moi. Ce moment donne de la densité, de la profondeur, de la portée à nos engagements publics. A l’exigence de les exercer avec la plus haute dignité dont nous sommes capables. Autour de 18h, sur le perron de l’Elysée Philippe Bas, nouveau secrétaire général lit la composition du gouvernement. J’entends mon nom sans la moindre émotion, comme si l’inhumation dont je sors scande de manière plus puissante encore la vraie vie. Le téléphone ne cesse de sonner. La famille, les amis, les vrais, les intéressés, les journalistes. J’appelle Augustin de Romanet qui sera mon Directeur de Cabinet pour lui donner le top départ de la constitution du cabinet dont nous convenons qu’il doit être parmi les meilleurs [...]

By | 2017-03-13T11:23:16+00:00 7 mai 2002|Bercy|0 Comments

Carnet de vol : le 6 mai 2002

Nous sommes le lendemain du 2ème tour de l’élection Présidentielle de 2002. Dans le petit studio de 25 m2 rue Duguay-Trouin où nous nous sommes douillettement installés, Catherine et moi, le mois précédent. 10h, le matin, le téléphone sonne. Alain Juppé prend la température. Il sait que j’aurais préféré la désignation de Nicolas Sarkozy pour Matignon. Tout indique que ce sera Jean-Pierre Raffarin dont la nomination est imminente. Il m’incite cependant à participer au gouvernement si j’y suis invité. Je réponds que cela dépendra de la politique envisagée, exprimant dès cet instant mes réserves sur la tentation permanente de certains de nos amis pour l’économie administrée. 22h45. La standardiste de Matignon me passe Jean-Pierre Raffarin le nouveau Premier Ministre. Bonsoir Alain. Le Président souhaite que tu prennes « le budget », aussi je te propose la fonction de Ministre délégué au Budget. Je ne sais pas et ne veux pas savoir ce que vous vous êtes dit dans le passé, sache simplement qu’il tient beaucoup à ce que tu acceptes. Je t’indique que le Ministre des Finances sera Francis Mer. M’appliquant depuis longtemps la célèbre maxime chère au monde politique : « les promesses n’engagent que ceux qui les croient ! », j’oublie sans amertume les hypothèses beaucoup plus généreuses évoquées par le Président au cœur de l’été précèdent. Peu importe. Combien de temps ai-je pour réfléchir ? Dis-je Comme disait Giscard : le temps que vous voulez, je reste en ligne, me répond amicalement le Premier Ministre. Après quelques échanges rituels, nous sommes convenus que je lui rendrai réponse le lendemain à 10h. Je souhaite d’ici là consulter quelques amis très chers qui, je le sais, me donneront un conseil désintéressé sur la meilleure réponse à apporter du point de vue de l’intérêt de cette proposition pour le territoire dont je suis l’élu. Je veux aussi échanger quelques mots avec Francis Mer dont on me dit qu’il ne sera pas [...]

By | 2017-03-13T11:23:16+00:00 6 mai 2002|Bercy|0 Comments