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Les Sénatoriales dans l’Orne : une leçon de transmission !

Sébastien Leroux élu ! Nathalie Goulet Réélue ! Le renouvellement s’unit à l’expérience ! C’est une bonne leçon de transmission. Aux adeptes du « passé faisons table rase », j’ai envie de dire : Au diable le passé, vivons le présent ! Et maintenant ! Transmettre ou apprendre, mais vous n’y pensez pas ! Cette idée est récusée ! Les savoir-faire, les savoir-être n’existent pas ! Place à la spontanéité, à l’immédiateté ! Comme à la télé ! L’expérience de la vie serait réputée attentatoire à la liberté de penser des nouvelles générations. Qui devraient pouvoir expérimenter tout par elles-mêmes. Et commettre les mêmes erreurs que leurs prédécesseurs. Toute appartenance ou filiation serait une atteinte à la liberté de choix, un obstacle à la liberté et à la créativité. Il est vrai qu’il serait tellement plus simple que chaque génération naisse pure et sans tâche, sans dette à l’égard de l’histoire. C’est la vision de la démocratie dite moderne. C’est-à-dire de la démagogie déguisée en « futurie ». Le calme et la sagesse consistent à considérer qu’il n’y a aucune supériorité d’une génération sur une autre. Simplement chaque génération entre dans une trajectoire qu’il lui appartient d’orienter. Il n’existe pas de page blanche dans la vie, surtout collective. L’essentiel tient à donner les armes aux générations montantes pour qu’elles puissent se saisir des questions nouvelles et apporter des solutions également nouvelles aux vieux problèmes que la tradition esquive. Il leur revient de faire le tri entre les croyances et normes léguées par la tradition, les institutions et ce qu’elles sentent comme approprié à l’orientation qu’elles souhaitent donner à leur vie, au regard de l’héritage reçu. Aux adeptes du futur, j’ai envie de dire : Surtout soyez prudents et ne vous laissez pas hypnotiser par l’explosion des médias de masse, radio, télévision qui vous rendent individualistes, consuméristes. Capables de vous laisser berner par un clown harnaché d’une [...]

By | 2017-10-02T09:03:08+00:00 25 septembre 2017|Politique|0 Comments

Guettons la fumée blanche de la sincérité budgétaire !

Telle est l’expression prononcée par le Ministre Gérald Darmanin, rapportée ce matin dans le journal Le Figaro, à propos de la sincérité budgétaire. Je m’en réjouis beaucoup. C’est un combat déjà ancien pour moi, mais toujours ancré dans mes convictions démocratiques. Le principe de sincérité budgétaire a été posé pour la 1ère fois de manière explicite dans la loi Organique (LOLF). Tout en ayant conscience qu’elle ne couvrait pas toutes les administrations publiques (APU). Les plans d’économies, les raisonnements en tendanciel, en volume, en points de PIB sont des parures savantes pour cacher la réalité. Alors qu’il s’agit du fruit du travail des Français. Le Président de la République Emmanuel Macron ne voudrait plus de ces jeux dérisoires de « gonflette budgétaire ». On ne peut que s’en réjouir. Si j’ai bien compris, les dépenses toutes APU seraient stabilisées en valeur à partir du montant exécuté en 2017. Il ne serait pas dépensé en 2018 globalement un euro de plus qu’en 2017 toutes administrations confondues ? Comme je m’épuise à le proposer depuis 10 ans, je m’en réjouis bruyamment. C’est, à mon sens, le seul moyen de sortir enfin de l’infernale spirale des dépenses. Avec l’argent des Français nous devons compter en euros. Pas autrement. Comment leur demander des efforts personnels, si avec 57% du fruit de leur travail, les administrations dépensent selon des indices incompréhensibles et qui changent tous les jours ? Sous le quinquennat précédent, malgré les annonces incessantes de baisses de dépenses, il a été dépensé en 2012 : 32, 7 milliards de plus qu’en 2011 ; en 2013 : 57,1 milliards de plus qu’en 2012 ; en 2014 : 18,5 milliards de plus qu’en 2013 ; en 2015 : 16,1 milliards de plus qu’en 2014 ; en 2016 : 14,3 milliards de plus qu’en 2015. Soit une augmentation de 106 milliards entre 2012 et 2017. Puisque nous sommes dans ce [...]

By | 2017-09-19T15:37:34+00:00 2 septembre 2017|Politique|0 Comments

Constitution : relire Michel Debré 59 ans après !

27 août 1958 La Constitution de la Vème République vue par l’un de ses principaux auteurs Michel Debré   Le corps politique s’enivre souvent du mot « République », l’invoquant comme une piété, le brandissant comme un texte sacré. Peu s’intéresse à la Constitution. Elle en est pourtant la norme suprême. Depuis toujours, je pense que pour bien se pénétrer de l’esprit de la Vème République, il faut lire et relire le discours de Michel Debré, Ministre de la Justice, devant le Conseil d’Etat le 27 aout 1958. Il y a 59 ans, aujourd’hui. Je vous le propose en pièce jointe, stabylotée aux passages qui permettent d’éclairer les révisions intervenues depuis, mais aussi parfois les déformations ou les oublis fâcheux survenus depuis. Une première précision apparait. Il s’agit de donner à la France un régime parlementaire. Pour échapper au régime d’assemblée qui a détruit la IVème République, le régime parlementaire sera « rationalisé ». Il signale cependant que le régime présidentiel est hors d’état de fonctionner en France. Les sessions parlementaires sans fin, la multiplication des séances et des scrutins sont dénoncés. Le régime des sessions est donc fortement encadré. Il sera hélas détruit ensuite. Les difficultés d’un régime présidentiel sont d’ores et déjà évoquées, même si elles seront partiellement oubliées en 1962, dans le fracas des attentats contre le Chef de l’Etat. Il est clairement précisé que le Gouvernement n’a pas succombé à la tentation du régime présidentiel, ce que Michel Debré qualifie de sagesse. Il pense le régime présidentiel dangereux. Le domaine de la loi est clairement défini, afin d’éviter sa confusion avec le domaine du règlement. Et cela, en réaction à la confusion et à l’engorgement des textes, que malgré tous les efforts, il a été impossible de désencombrer, par l’excès de lois. Aujourd’hui, reconnaissons que tout est à refaire. 59 [...]

By | 2017-08-27T12:45:54+00:00 27 août 2017|Politique|1 Comment

La panurgie en démocratie !

Chapitre 1er : L’interdiction du cumul de mandats ! Dans quelques semaines, de nombreux Sénateurs devront démissionner de leur mandat de Maire ou de Président d’Assemblée locale. La rumeur me fait signe que ce serait très populaire. Et qu’il serait hautement conseillé de s’en réjouir bruyamment. Manque de chance, je pense le contraire ! Tel le saumon dans les rivières, je souhaite remonter à contre-courant de la mode dominante. Surtout quand je la trouve contraire à l’intérêt de nos collectivités territoriales et de leur population. Une certitude à défaut de vérité. Autant le prévoir d’emblée, ces quelques lignes me vaudront l’immédiate excommunication de toute la bienpensance du politiquement correct. Georges Brassens nous avait prévenu : « non, les braves gens n’aiment pas que … l’on suive une autre route qu’eux » ! Aujourd’hui l’interdiction du cumul de mandats des élus serait beaucoup plus qu’une loi, mais une vertu cardinale, une certitude, que dis-je : une évidence que la simple raison commande de reconnaître comme la seule vérité vraie, sans la moindre poussière de doute. Et surtout sans réfléchir. Le faire serait déjà trahir ! Mettre en cause une vérité admise par tous comme faisant progresser la démocratie. Même si l’on a longtemps cru que le soleil tournait autour de la terre, s’il en est autrement, c’est la faute de Copernic et de Galilée. Le match retour de la décentralisation. Depuis les années 1980, juste après les lois de décentralisation de 1982, d’autres lois successives ont proscrit les cumuls simultanés de deux mandats de parlementaire et d’assemblée locale. Depuis la loi du 14 février 2014, le cumul du mandat de parlementaire avec celui de Maire qui concernait 45% de députés et 48% de Sénateurs est interdit, à compter des législatives de juin pour les députés, et de septembre prochain pour les sénateurs. Les arguments d’opposition au cumul Le cumul serait [...]

By | 2017-08-17T22:41:44+00:00 17 août 2017|Politique|1 Comment

Je crois à l’importance de l’entreprise et aux dangers de la mal aimer.

Chaque jour, pour "l’Obs", un expert ou une personnalité dresse le bilan des premiers pas d’Emmanuel Macron à la présidence de la République. Sur l'analyse d'Eric Vernier, J’ai le sentiment inverse sur la quasi-totalité de ses avis, ce qui a le mérite d’être clair. Mon propos ne vise pas l'action du Président de la République, mais l'analyse du Professeur de finances que je ne partage pas du tout. Avant que la France ne soit en état de s’aligner sur le moins disant fiscal, il faudra au moins dix à vingt ans pour qu’elle commence par maîtriser ses dépenses et sa dette. Faire épouser par toute l’Europe notre frénésie fiscale est une utopie. Notre fiscalité est bancale, elle malmène en permanence les principes de sécurité de stabilité, de neutralité, de transparence. Je ne vois aucun risque d’américanisation. Les Pays scandinaves ont une approche pragmatique de la fiscalité, et ils ne sont accusés par personne de dumping fiscal. Harmoniser les assiettes de l’impôt sur les sociétés est la bonne idée, parfaitement réalisable. Quant à l’harmonisation des taux, soyons lucides, elle n’est pas atteignable tant que les Pays concernés auront une divergence de point de vue sur les dépenses publiques. N’oublions jamais que les prélèvements n'existent que pour couvrir des dépenses. Quant à vouloir s’attaquer à l’économie numérique avec des idées du siècle dernier, bonjour les dégâts. La solution raisonnable, et probablement féconde, serait de les utiliser comme plateforme de prélèvement sur une assiette la plus large possible avec un taux symbolique. Ce qui permettrait de trouver les produits fiscaux de l’avenir. Enfin, mon idée ne change pas quant à la relation que l’Etat doit avoir avec les entreprises. Sans entreprise, pas d'investissement, sans investissement pas de croissance durable. La taxation supplémentaire des entreprises ne permet pas de relancer la croissance. Faire rentrer [...]

By | 2017-08-16T15:55:14+00:00 16 août 2017|Politique|2 Comments

Politique et expérience.

La lecture de l’audition du chef d'état-major des armées (CEMA), le Général Pierre de Villiers par la Commission de la Défense de l’Assemblée Nationale en révèle beaucoup sur la place de l’expérience dans la responsabilité politique. Nous sortons d’une séquence où le jeunisme, le renouvellement ont été érigés en vertu et l’expérience en quasi délinquance. Oubliant que ce sont les guerres qui tracent les générations dans la politique. Après la dernière guerre mondiale, les héros de la résistance ont pris leur responsabilité, l’âge venant, c’est la génération de leurs enfants qui a été élue, et c’est maintenant à la génération suivante de prendre le relais. Présenter les dernières élections comme une sorte de génération spontanée, une régénérescence soudaine issue du tréfonds de la nation serait d’une grande légèreté. Source de désillusions futures et peut-être prochaines. Disons qu’un profond renouvellement s’est opéré. Si profond que le mélange généralement utile entre la nouveauté et l’ancienneté a disparu. Rien de grave en soi, sauf qu’il est probablement temps de remettre l’église au milieu du village. Et de rappeler que l’expérience est la somme de nombreuses confrontations avec des faits délicats et douloureux qui en apprennent plus sur la vie que les concours administratifs. Et peut-être de souligner que l’humilité n’a jamais nui aux inexpérimentés. S’agissant de l’épisode de l’audition du CEMA, en date du 12 juillet, la situation était en réalité d’un très grand classicisme. Le Chef des Armées va éclairer la Commission de la Défense composés de représentants de la nation pour l’informer des enjeux dont il a la charge et qui touchent aux droits fondamentaux et imprescriptibles de l’homme, selon l’article 2 de la Constitution. Sans doute a-t-il manqué de prudence, si j’ose me permettre, en allant s’exprimer d’une manière aussi directe et sincère devant une assemblée composée de nouveaux élus, [...]

By | 2017-08-13T15:05:14+00:00 13 août 2017|Politique|1 Comment

Suppression de la réserve parlementaire : un probable neutron législatif.

L’article d’un ami, sur le vote récent de la majorité de l’Assemblée Nationale, m’incite à émettre un avis de praticien de la matière budgétaire. Ce texte est au mieux ridicule et au pire trompeur ! Il est au mieux ridicule, puisqu’il consiste à supprimer ce qui n’existe pas. La loi est un acte de majesté et non un acte de communication, un slogan racoleur, un subterfuge, un trompe l’œil destiné à laisser croire qu’une question est résolue parce qu’elle aura été griffonnée dans le marbre de la législation. Cette mesure ressemble à une espèce de capucinade hypocrite destinée à manifester une dévotion bigote à une nouvelle divinité républicaine. La bien mal nommée « réserve » n’existe pas ! Sauf à considérer que le surplus, c’est-à-dire les 99,9 % du budget seraient laissés à la discrétion de l’Exécutif. C’est-à-dire exactement le contraire du principe des démocraties parlementaires qui confèrent au Parlement le pouvoir d’autoriser les crédits au Gouvernement. Même les monarchies constitutionnelles fonctionnent ainsi. Pas les démocraties dites « populaires », il est vrai. Cette « réserve » est tout simplement une convention non écrite « d’affectation » d’une infime partie du budget pour des actions locales, mal ou insuffisamment couvertes par les politiques publiques nationales. Lorsqu’avec Didier Migaud nous avons porté la LOLF, c’est-à-dire notre nouvelle constitution financière qui régit les finances de l’Etat, nous n’avons jamais traité de ce sujet, tant il ne relève pas de la loi. Par nature même, cette « affection parlementaire » s’effectue par amendement du Gouvernement lui-même. Je n’ai pas souvenir qu’il ait proposé ce type d’amendement contraint et forcé. S’il reconnait aux parlementaires le mérite de la connaissance de leur territoire, par ses amendements, il répond à des besoins locaux non couverts par les politiques nationales. Pour le dire plus franchement encore, cette « attention » locale est aussi un bon moyen de susciter des bonnes volontés [...]

By | 2017-08-01T00:11:04+00:00 31 juillet 2017|Non classé, Politique|2 Comments

Fin de la réserve parlementaire : ou l’auto-émasculation du Parlement ?

La lecture du Monde nous livre ce soir une analyse partielle de la réserve parlementaire, la question est d'actualité parce que son maintien ou sa disparition viennent en discussion très prochainement devant le Parlement. À bien y réfléchir, cette discussion ne nous projette-t-elle pas vers des sommets d'inculture historique, politique et budgétaire ? Une 1ère question mériterait d’être posée : celle de savoir si les articles 13, 14 et 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, ainsi que l’article 34 de la Constitution sont toujours en vigueur: revient-il toujours au Parlement, comme dans toutes les démocraties, d’autoriser les dépenses? La 2nde question consiste à s’interroger sur les motifs de l’existence de cette « réserve parlementaire » afin de vérifier si ces motifs sont toujours pertinents. Un minimum de culture budgétaire permet de nous souvenir que la réserve parlementaire est née à l’aube de la Vème République, en conséquence de l’Ordonnance de 1959 (remplacée en 2001 par la LOLF). Durant les 3ème et la 4ème Républiques le Parlement jouait un rôle quasiment équivalent à celui du Gouvernement dans la décision budgétaire. Devant la crise des finances publiques, dès le décret-loi du 19 juin 1956, une première rationalisation des pouvoirs du Parlement avait été engagée. Ce texte avait été adopté après consultation des commissions des finances du Parlement. Après l’avènement de la 5ème République, une Ordonnance organique prise sur la base d’un ancien article de la Constitution (depuis abrogé) fut adoptée. Cette Ordonnance n’avait pas suivi le processus d’adoption parlementaire classique, mais fut élaborée quasiment dans le secret du ministère des finances. C'était conforme à l’esprit de la Vème République qui consacrait un déséquilibre institutionnel au profit du pouvoir exécutif et au détriment du Parlement. Lors de la Loi de Finances qui suivit, les députés, pourtant à majorité [...]

By | 2017-07-11T10:37:37+00:00 10 juillet 2017|Politique|0 Comments

Démissionner de la fonction de Maire n’est pas chose aisée ! Votons Christine Roimier !

Il y a 15 ans, à quelques jours près, j’ai été contraint à démissionner de la belle fonction de Maire d’Alençon, à laquelle j’avais été élu l’année précédente pour la 3ème fois consécutive. Cette obligation découlait de mon entrée au Gouvernement. Sauf que personne, ni le Président, ni le Premier Ministre ne nous avait informés de cette obligation avant d’accepter nos fonctions. Le droit ne le prévoyant pas à l’époque. Il fallut s’en accommoder. En classant des archives, je retrouve la lettre que j’ai alors adressée aux Alençonnais pour leur dire clairement et sans ambiguïté le choix unanime de notre majorité pour que Christine Roimier me succède. Pour avoir été confronté à ce dilemme, je sais mieux que tout autre à quoi serait confronté Joaquim Pueyo s’il était réélu député. Lui sait d’ores et déjà que le cumul est impossible, puisqu’il l’a voté ! Il a donc eu le temps d'y réfléchir. Afin de nous faire notre idée sur ce qui relève de sa convenance personnelle ou de l’intérêt général, il nous doit donc la transparence en particulier sur la personne qui lui succéderait. La question est d’autant plus pertinente qu’il y 3 ans, lors des dernières élections municipales, à 86 voix près sur 8.800 votants, Christine Roimier aurait été élue Maire. Si Joaquim Pueyo n’avait pas l’intention d’aller au terme de son mandat, il eut mieux valu alors qu’elle exerce la fonction de Maire qu’elle connaissait parfaitement. Puisqu’il a choisi la Mairie, alors votons massivement dimanche prochain pour Christine Roimier comme députée.  

By | 2017-06-12T21:42:59+00:00 12 juin 2017|Alençon, Orne, Politique|0 Comments

En marche, mais ensemble !

L’élection d’un nouveau et jeune Président de la République souhaitant transformer radicalement le fonctionnement de la politique française a d’abord suscité des doutes, et ensuite une adhésion. Le choix d’un Premier Ministre d’une sensibilité différente, pour ne pas dire opposée, a confirmé la sincérité de ses intentions. Maintenant, il reste à convaincre les Français de construire une majorité parlementaire permettant à cette ambition réformatrice de réussir. La création du mouvement « en marche » pour permettre à la candidature du nouveau Président de réussir était indispensable. Aux dirigeants de ce mouvement « en marche » de veiller maintenant à ce qu’il ne devienne pas un frein à la constitution de la majorité parlementaire indispensable. Le succès entraîne parfois une forme d’ivresse qui laisse croire à une toute puissance et révèle comme une tentation plébiscitaire. Hors du parti, point de salut ! C’est de cette arrogance que les partis traditionnels ont péri. Attention au nouveau de ne pas suivre le même chemin. La situation politique est suffisamment inédite pour devoir recourir aux leçons de la fondation de la 5ème République qui nous offre un précédent pouvant éclairer l’originalité présente. Même si les acteurs ne sont pas comparables. Le Général de Gaulle avait eu le génie du 18 juin, l’héroïsme de la guerre, l’expérience du gouvernement provisoire, la démission du 20 janvier 1946, les 12 années de traversées du désert. Les élections législatives de 1958 nous éclairent, à leur tour, sur le danger pour un parti de vouloir, à lui seul, s’emparer du pouvoir. D’abord parce qu’il faut trouver les candidats, et les bons. Toutes les règles récentes, volontairement inventées sont sympathiques mais assez irréalistes. Ensuite demander à des élus loyaux, solides et expérimentés de renier en 48h les engagements de leur vie, relève d’une forme de violence morale assez irrespectueuse. Le résultat des législatives de 1958 marque un échec cuisant des opposants [...]

By | 2017-05-17T16:51:58+00:00 17 mai 2017|Politique|0 Comments

Avoir l’audace d’une confiance généreuse !

La politique française est en pleine ébullition. Le plus jeune Président de la 5ème République vient d’être élu, sans parti. Mais proche de la gauche. Il vient de nommer un 1er Ministre de droite ! La situation est inédite et comme toujours, devant chaque nouveauté, les esprits s’échauffent. Nous, les humains, sommes soumis à deux émotions principales : la peur et l’espoir. Selon que nous céderons à l’une ou à l’autre, notre interprétation de la situation sera très différente voire contradictoire. Cependant, avons-nous le choix ? Les Français se sont prononcés. Les partis se sont sabordés en organisant des primaires qui les ont laminés, divisés, éliminés. Sont-ils aujourd’hui légitimes et même crédibles pour prétendre instruire les Français des conditions de leur avenir ? Mon sentiment est que nous devons nous laisser guider par l’audace plutôt que par la peur. D’abord, ayons l’audace d’offrir notre confiance sans barguigner ni céder à la tentation d’esquiver pour ne pas avoir à assumer un échec toujours possible. Faire confiance, ce n’est pas naïvement se livrer à toutes les aventures. C’est croire dans la bonne foi de ceux qui s’engagent sur un projet risqué. C’est partir d’une réalité, celle du vote des Français. C’est rester vigilants pour que le sens commun et la raison l’emportent sur toutes les postures qui s’exhiberont jusqu’à la caricature. La peur, l’enfermement, le refus d’avancer n’apporterait rien, sinon la désespérance de la politique et donc de la démocratie. Choisissons, en toute responsabilité, de faire confiance au binôme constitué par le Président de la République et le Premier Ministre. Ce binôme est constitutif de la réconciliation des idées modérées de droite comme de gauche. Ne gâchons pas cette chance. Certes, les législatives seront compliquées, car s’affronteront des candidats programmés selon l’ancien système. Alors qu’un nouveau est à l’œuvre. Et il est trop nouveau pour être [...]

By | 2017-05-16T11:12:27+00:00 15 mai 2017|Politique|2 Comments

Revenir aux sources.

Le vote des Français n’est pas réellement surprenant, même si la communication politique moderne, par son pouvoir de manipulation, pouvait laisser penser qu’il en serait autrement. La réalité d’aujourd’hui s’éclaire en observant la leçon constitutionnelle donnée par le fondateur de la 5ème République, le Général de Gaulle. Il dit clairement que l’esprit de notre Constitution visait à mettre un terme au régime des partis. À empêcher que la République, l’Etat, soient à la discrétion des partis. A éviter qu’au prétexte de l’élection du Président de la République, les partis se ré-emparent de l’Etat et de la République. Pour conjurer ce risque, il insistait sur la nécessité que le Chef de l’Etat n’appartienne pas aux partis et ne soit surtout pas délégué par eux. Qu’il soit là pour le Pays tout entier. Pour ce qui est commun à tous les Français, au-dessus des partis. C’est-à-dire l’intérêt commun national. Selon lui, le Chef de l’Etat a été institué pour empêcher que la République ne retombe à la discrétion des partis. A défaut, il prédisait clairement que « l’on n’aurait rien fait du tout » ! Et qu’on en reviendrait au gouvernement des partis, c’est-à-dire à une catastrophe nationale. Pour avoir voulu ignorer ces sains préceptes, lesdits partis sont ce soir KO. Eliminés. Renvoyés. Mais la stature historique et personnelle du Général de Gaulle ne s’improvise pas. C’est pourquoi nous avons besoin d’évaluer la prise de conscience ou non de la classe politique du séisme qui vient de la balayer. Si elle repart avec les mêmes intentions, le prochain quinquennat sera la copie conforme de celui s’achève. Avant de l’élire, exigeons les clarifications nécessaires sur la fonction du Président. Nous relirons ensemble, dans les jours qui viennent, ce que dit la Constitution sur ce point, comme sur le rôle du Gouvernement et du [...]

By | 2017-04-24T11:42:40+00:00 24 avril 2017|Politique|0 Comments

La démocratie à Colin-maillard !

L’obligation de présentation du programme de stabilité en Conseil des Ministres, la semaine passée, pouvait laisser espérer que la presse économique et financière contraigne enfin les candidats à la Présidentielle à présenter leur propre programme, comparé à celui adopté par le Gouvernement. Silence généralisé ! Comme s’il ne s’agissait pas des engagements de la France et non ceux de François Hollande. Comme si l’exercice était inutile ou incompréhensible. Comme si le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’UEM n’existait pas. Comme si, en 2012, François Hollande n’avait pas été obligé de contourner la révision constitutionnelle, pour l’inscrire dans une Loi Organique du 17 décembre 2012. Comme si le mécanisme de sanction pour non-respect n’existait pas. Bref, à l’image des enfants de l’école maternelle, ladite presse nous a laissé jouer à une démocratie à Colin-maillard, les yeux bandés, dans l’espoir incertain d’approcher la vérité. Ce document est pourtant le seul qui permette de connaitre ce qu’un candidat envisage de faire, durant cinq ans, avec la bourse commune des Français. C’est le seul document qui trace les dépenses, les recettes, et le solde prévu pour les comptes publics des Français ! C’est le seul document qui révèle la croissance sur laquelle table le candidat, année après année, et la dette qu’il envisage de laisser à ses successeurs ! Et cela semble n’intéresser personne. Les pseudos experts préférant s’écharper sur l’impossible chiffrage de mesures annoncées exclusivement pour le marketing électoral. Mais de la facture finale, nous ne saurons rien ! Alors, essayons de nous débrouiller seuls. Et laissons le soin aux équipes des candidats de corriger nos oublis ou erreurs que nous corrigerons immédiatement et bien volontiers. Evidemment, nous utiliserons la monnaie courante, celle que nous avons dans notre poche ou sur notre compte en banque, et non les ratios de PIB si chers [...]

By | 2017-04-19T09:19:07+00:00 18 avril 2017|Politique|1 Comment

La Présidentielle à la roulette russe !

Défavorable depuis toujours à l’élection présidentielle au suffrage universel, l’édition 2017 achève de me convaincre de la nécessité d’en sortir, tant elle révèle des failles impossibles à colmater d’une logique constitutionnelle détruite par des révisions successives qu’il s’agisse du quinquennat, de l’inversement du calendrier des législatives, l’invention des primaires ou autre. La sortie du régime des partis s’est commuée en allégeance à ce régime La cinquième République voulue par le Général de Gaule visait à sortir la France du régime des partis. Le système des primaires revient à leur confier l’exclusivité des candidatures, ce qui confine à l’incongruité. Les Français, en tâtonnant, ont semblé voulu y remettre bon ordre en offrant une prime aux candidats ayant refusé de s’y soumettre. Au diable les primaires dont le sort semble donc tranché pour le futur. En revanche, le folklore entourant habituellement cette élection bat son plein. Les meetings se succèdent dans un délire de slogans, d’invectives, de critiques, de promesses et de griseries ne trompant que leurs acteurs. Les militants zélés s’invectivent, les foules dupées parviennent laborieusement à dominer leurs âmes. Les passions dénient à autrui les libertés dont chacun se prévaut sans complexe. Ceux qui adhèrent à des opinions différentes sont des « ennemis » de la France. L’empire de la raison parvient difficilement à réguler la violence irrationnelle des passions tristes ou exagérément joyeuses. La garantie de préserver notre liberté de jugement dans la libre République devient presque suspecte. La tolérance cède le pas face à une forme de fanatisme militant relevant autant de la superstition coléreuse, changeante et capricieuse que d’un raisonnement réfléchi. Oubliant que la fin de la politique reste le « bien-vivre ensemble ». L’enthousiasme raisonné doit s’imposer devant les fantaisies conduisant parfois à des extravagances. « La raison doit rester notre dernier juge et notre dernier guide en toute chose. » L’utilisation [...]

By | 2017-04-18T09:51:55+00:00 17 avril 2017|Politique|2 Comments

Sérum de vérité ou coup de pied de l’âne ?

Le présentation mercredi prochain en Conseil des Ministres du programme de stabilité pour la période 2017-2020 constitue un rendez-vous redoutable pour les présidentiables, à une dizaine de jours du 1er tour. Le concours de promesses électorales pourrait tourner au cauchemar lorsqu’il va s’agir pour ces candidats de rentrer l’édredon dans la valise ! Afin de ne pas rendre l’exercice trop cruel, nous nous contenterons d’examiner leur trajectoire en dépenses. Et nous le ferons dans la langue usuelle des électeurs, c’est-à-dire en euros courants. Et en prolongeant l’exercice sur la durée du quinquennat soit jusqu’en 2022. Les articles publiés par l’Opinion nous serviront de base de données, et les équipes de campagne des candidats pourront corriger les chiffres, autant qu’ils le voudront, afin d’affiner leur exercice de transparence. A noter que dans le programme de stabilité 2016, la dépense publique a été exprimée en valeur, ce qui n’autorise pas les candidats à chercher à nous « balader » en volume, en ratios de PIB et autre méthode incompréhensible pour le commun des mortels. Le calendrier s’avère un piège redoutable pour ces candidats qui vont devoir dire s’ils s’inscrivent ou pas dans la stratégie de finances publiques de la France, telle qu’exprimée par le Président sortant, et révéler de manière transparente et non équivoque leur propre agenda d’assainissement de nos comptes publics. C’est d’autant plus important que le rétablissement de nos finances publiques s’appuie en priorité sur la maitrise des dépenses. C’est probablement aussi pour François Hollande, empêché de se représenter, la dernière occasion de passer les candidats à sa succession au sérum de vérité ! A moins qu’il ne choisisse au passage de « donner un coup de pied de l’âne », en particulier à son ancien collaborateur. D’un rapide coup d’œil, les deux seuls candidats qui se sont pliés à l’exercice sont François Fillon et Emmanuel [...]

By | 2017-04-10T21:11:48+00:00 10 avril 2017|Politique|1 Comment