Réflexion

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Je soutiens le Cardinal.

Son homélie est un des textes les plus puissants que nous ayons entendu ces derniers temps. Il était réconfortant. Face à la stupeur qui a frappé l’église, on aurait pu espérer à son endroit une bienveillance générale. C’était sans compter avec le mouvement LGBT, actif au sein de notre société. Une simple phrase, située au milieu d’autres, concernant des personnes et des situations tout autant dignes d’intérêt, a déclenché un embrasement irrationnel sur les réseaux sociaux, émanant des militants de ce mouvement. Comme beaucoup de juristes, je pense qu’il n’est pas envisageable de revenir sur le mariage homo. Il ne sert donc à rien de pousser de préventifs cris d’orfraie. Ils peuvent s’interpréter comme des pressions préalables, lesquelles ne peuvent qu’indisposer les non militants dans mon genre. Les diatribes violentes publiées sur le web semblaient émaner “d’égorgés” vifs. Pourtant, n’était-ce pas d’un assassinat bien réel dont il était question à cette messe ? D’un prêtre égorgé ! Pendant l’office qu’il célébrait. Et voilà qu’un militantisme sociétal prétendrait que sa voix devrait surpasser ce crime ? Mais dans quel pays vivons-nous ? Une phrase d’homélie devrait faire plus de bruit qu’un crime abject. Des paroles pourraient plus blesser qu’un couteau qui égorge ? Je me crois capable de calme et de raison. Devant tant d’impudence, il m’arrive d’avoir envie de crier “taisez-vous” ! Je ne fais la morale à personne, mais je n’entends pas me faire dicter celles des autres. En défendant trop bruyamment sa cause, généralement on l’affaiblit. C’est ainsi que j’ai perçu les communications indignées d’hier. Il suffit de relire posément le Cardinal pour constater qu’il n’a nullement cherché à rouvrir un débat aujourd’hui clos. Il a traité des sujets de société en général, qu’on en juge : “l’espérance a un projet, celui de rassembler l’humanité en un seul [...]

By | 29 juillet 2016|Réflexion|0 Commentaire

L’abus trompeur des mots

Urbain Domergue en 1791  disait « L’abus des mots nous trompe sur les choses ! » Cette formule résume bien le risque de l’escalade de vocabulaire, à laquelle nous assistons pour « nommer » la période que nous traversons. Le langage joue un rôle considérable dans la formation et la propagation des idées, notamment politiques et sociales. En premier celles erronées. Chacun sait que la fausse opinion prospère plus vite que la bonne, et qu’elle s’enracine et passe à la postérité la plus reculée : elle devient vite un préjugé populaire, et pire encore un préjugé réputé savant. On dirait que la pensée humaine s’emballe pour manipuler les mots, face l’incapacité à modifier le cours des choses. En politique, l’abus de mots est permanent. Les locuteurs en sont parfois conscients. Mais pas toujours. Cherchant parfois à induire en erreur, ils finissent par croire ce qu’ils disent, au risque de porter une atteinte grave à un droit fondamental de la personne humaine. Le résultat est qu’ils jettent un désordre et une incertitudes graves dans notre fragile société. En voulant frapper les esprits, ils détruisent la crédibilité de la parole publique et sapent les fondements de la démocratie. Le vocable de « guerre » aujourd’hui utilisé par les plus hauts responsables me laisse perplexe. Dans l’échelle des conflits inhumains et meurtriers, il ne sera pas facile demain de trouver plus fort, si la tension monte encore. En outre, évoquer que nous sommes en guerre, sans qualifier celle-ci, ne permet pas de choisir le droit approprié. Pourtant celui-ci ne manque pas. Le droit de la guerre est parfaitement défini, il n’est pas confondu avec le droit humanitaire, et les conflits internes impliquant de nouveaux acteurs non étatiques sont parfaitement identifiés. Guerre et terrorisme ne sont pas non plus confondus. S’il s’agit d’actes d’une extrême violence, motivés par des fins politiques, idéologiques, [...]

By | 28 juillet 2016|Non classé, Réflexion|0 Commentaire

Les paradis ou les enfers fiscaux ? bis.

Il y a 7 ans, à quelques jours près, je publiais un billet sur les paradis fiscaux intitulé « Les paradis ou les enfers fiscaux ? » L’actualité dite des « Panama Papers », me laisse à penser que les choses n’ont guère progressé. Nous pouvons nous attendre à des clameurs indignées de gouvernements de tous bords, gonflées de surenchères moralistes à provoquer l’extase de toute la bienpensance professionnelle. Puisque l’on parle de paradis, de quoi s’agit-il ? De paradis « fiscaux » ? « sociaux » ? « législatifs et réglementaires » ? « judiciaires » ? Une variante de ces paradis sont les centres dits « offshore » (par exemple Jersey – Iles Vierges). Evidemment, en bons citoyens, soulagés de pouvoir enfin démontrer la cupidité sordide de milliardaires voyous, nous n’imaginons pas un instant que les Etats pourraient être les complices de ce genre de « paradis ». Qu’ils en sont eux-mêmes, qu’ils en créent, qu’ils les utilisent voire qu’ils les nourrissent par des attitudes irresponsables. Savons-nous que le Royaume Uni a fondé une partie de sa prospérité économique sur une industrie financière, souvent localisée dans ce type de territoires ? Que les Etats-Unis ont avec l’Etat du Delaware une plate-forme commode pour certaines opérations. Que la Suisse (même si elle a fait beaucoup de progrès), le Liechtenstein et bien d’autres destinations sont réservées à un tourisme spécifique. Je ne parle pas de la Russie qui, depuis des siècles, a ses propres méthodes. Quels Etats auront, les premiers, la sincérité de nous révéler la raison sociale, le siège et les actions de sociétés encore détenues par eux dans ces paradis fiscaux ? Même notre sentencieux pays, et sous tous les gouvernements, n’a pas échappé à ces inévitables acrobaties. Parfois bien contre son gré. Il serait intéressant de savoir [...]

By | 6 avril 2016|Economie & Finances, Réflexion|0 Commentaire

Racines chrétiennes de la France : passer de l’émotion à l’action.

Le sujet est inépuisable. Il donne souvent lieu à controverse. Le moment est pourtant venu de dépasser cette controverse pour donner un contenu à ce que nous appelons communément nos racines. Ne nous cachons pas derrière les mots. Pour les uns, la laïcité est indépassable, car elle reste l’unique rempart contre l’intégrisme religieux et la montée des communautarismes. Pour les autres, il s’agit d’une conception trop rigide et la rupture avec l’héritage chrétien de la France confine à une forme de concession au confort intellectuel d’un moment. Et pour d’autres encore, il s’agit d’une lâcheté devenue périlleuse dans le contexte actuel du terrorisme et de choc entre les civilisations. Ces points de vue sont respectables. Il ne sert à rien d’invoquer bruyamment nos racines chrétiennes comme rejet systématique d’autres croyances ou comme réflexe xénophobe mal maitrisé. Ce qui peut rassembler beaucoup de nos concitoyens de bonne volonté, se reconnaissant d’une culture judéo-chrétienne, c’est de vouloir faire vivre les valeurs de cette culture c’est à dire le respect des autres, la primauté de la personne humaine, la générosité et le souci d’humanité, et de vouloir les traduire dans la vie au quotidien. De toute manière, les événements que nous vivons nous appellent à passer de l’émotion à l’action. D’échanger nos idées, d’en débattre, de les traduire dans nos vies. Et notamment dans la vie politique qui semble avoir abandonné le terrain des idées pour s’abandonner aux querelles de personnes. C’est pourquoi, je propose à ceux qui me font l’amitié de suivre mes publications, de me faire savoir par message privé s’ils adhèrent à l’idée de constituer un rassemblement s’affirmant chrétien démocrate et s’ils se sentent prêts à en faire vivre les valeurs et les idées dans le débat politique. Selon votre retour, nous verrons comment animer tous ensemble une telle réflexion. [...]

By | 20 novembre 2015|Réflexion|3 Comments

Dans les moments tragiques l’homme politique doit dire sa pensée.

Éclairer le chemin Il doit le faire avec mesure et humilité. Mais il doit la dire, car son statut n'est pas un refuge protecteur de tout risque politique. Bien au contraire, il lui commande d'éclairer le chemin, comme le premier de cordée essaie d'éviter à son équipe de dévisser. Si le temps du recueillement est indispensable, on ne peut cependant pas se réfugier dans le silence. D’horribles attentats ont été menés et nous en sommes tous bouleversés. Avouons d’abord que nous nous ne savons pas très bien quoi en penser. Même si on ne peut pas faire l’impasse sur une réflexion morale ou sur la philosophie morale de tels événements. C’est un défi à la pensée morale qui nous est lancé. Rien ne saurait justifier ce terrorisme odieux Certains sont tentés de cautionner cette idée du terrorisme par désespoir. D’en faire même un acte de dépassement du désespoir par le martyre. Cette tentation d’expliquer la violence d’aujourd’hui existe. On peut se demander si la morale commune, pour ceux-là, n’est pas dominée par un rousseauisme sociologique, ou une sociologie rousseauiste. Quand la violence surgit, elle ne s’imputerait pas à ceux qui la commettent, mais au système en général, sans que l’on sache très bien ce qu’est ledit système. Dans ces idées, nul mal humain ne viendrait de l’homme, mais d’une société artificielle qu’il faudrait changer. Donc le mal serait commis, en quelque sorte, par les victimes, et non par leurs auteurs qui expriment ainsi leur haine. Quand, dans cette approche, on ajoute à cette dimension de violence celle du martyre, alors le martyr apparaît comme le héraut, celui qui sacrifie sa vie parce qu’il est désespéré, d’où l’impossibilité morale dans laquelle nous serions de le condamner pour sa violence. Sortir d'un rousseauisme dépassé. Soyons lucides, s’il n’y a plus possibilité d’imputer [...]

By | 14 novembre 2015|Politique, Réflexion|1 Commentaire

Pourquoi pas une seule intercommunalité par département ?

  La gazette des communes nous révèle aujourd’hui, à partir d’une étude de l’ADCF, que l’Etat voyait tout en grand, voire en très grand dans l’évolution de l’intercommunalité. Au point d’en constituer certaines de plus de 100 communes. On parle d’intercos XXL, voire de Mégafusions d’intercommunalités. Bref, BIG IS BEAUTIFUL ! Une sorte de course au gigantisme s’est déclenchée jusqu’à l’hystérie dans la sphère publique. Au moment où le monde de l’économie réelle réinvente la proximité, la prise en compte de chacun comme une personne et non un effectif, la réduction des distances, l’offre de services personnalisés et non plus banalisés, voilà que la sphère publique fait l’inverse. Comme d’habitude, elle suit les modes avec 20 ans de retard quand celles-ci sont passées. Pire, elle prend les choses totalement à l’envers. Ce qui fait la spécificité de la France, c’est son nombre de communes. Nous aurions eu tout intérêt à commencer par l’encouragement aux communes nouvelles sous la forme du volontariat. Très vite les intercommunalité seraient devenues ces nouvelles communes, lesquelles auraient constitué les relais des départements sur l’ensemble du territoire national. Le coup est parti totalement à rebours de ce simple bon sens. Les régions ont été élargies au point, pour certaines, d’en faire des monstres dont la gestion sera ruineuse et inefficace, tellement éloignées des citoyens que la démocratie locale en sera affectée. Ensuite on s’est attaqué aux départements, maintenant aux intercommunalités, et demain aux communes probablement. En matière de trouble de l’orientation spatiale, il pourrait être utile de faire examiner nos technocrates. Quant aux députés, c’est plutôt le trouble de l’autonomie qui les guette. Leur remplacement par des robots simplifierait d’ailleurs la vie des gouvernements qui n’auraient plus à perdre leur temps pour les faire obéir. Ce qu’ils finissent toujours par faire. Bon, puisque la mode est au [...]

By | 29 octobre 2015|Humour, Réflexion|0 Commentaire

Oui, le droit continental vaut bien le droit anglo-saxon !

Un contre point utile à Doing Business Le droit français est bien coté par la Fondation pour le droit continental présidée par M. Jean-François Dubos, maître des requêtes honoraire au Conseil d'Etat. Elle a récemment publié son index de la sécurité juridique (ISJ). Voilà enfin une réponse de poids à l'indicateur de facilité de faire des affaires, publié depuis des années par le rapport Doing Business de la Banque Mondiale, et qui reléguait le droit continental - et donc français ! - au rang d'espèce en voie d'extinction. L'index est construit en agrégeant six domaines du droit (contrats, responsabilité, immobilier, travail, règlement des différends). La France apparaît en 3ème position, après la Norvège et l'Allemagne, alors que le Royaume-Uni occupe la 4ème position et les Etats-Unis la 12ème. La Fondation souligne donc que "les pays de droit continental, pris dans leur ensemble, et plus particulièrement les pays européens, offrent un système de droit relativement sûr". La meilleure note de la France se situe en droit des sociétés, et la pire (qui reste cependant raisonnable, à plus de 5/10), en droit des contrats - c'est donc sur ce point qu'il reste des progrès à effectuer. Le droit des contrats sera bientôt réformé... Mais par ordonnance ! Ce qui prive la souveraineté nationale du nécessaire débat démocratique sur une question aussi importante, le droit des contrats étant le support principal des affaires. Il est également un élément essentiel de l'autonomie de la volonté, source créatrice de droit, sans oublier que "les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites", en vertu de l'article 1134 du code civil. Un droit français tellement perfectible A la vérité notre droit national pourrait être mille fois meilleur, si le pouvoir législatif et réglementaire voulait bien mettre un terme à la prolifération [...]

By | 16 octobre 2015|Normes, Politique, Réflexion|0 Commentaire

Attentat au siège de Charlie Hebdo : Une lâcheté indicible.

  Indignation et soutien aux familles. Nous sommes tous choqués, indignés, révulsés par cet attentat dont le siège de Charlie Hebdo a été la cible. Si la liberté, la démocratie sont ainsi bafouées, pensons aussi aux familles des victimes, et exprimons-leur notre soutien et notre solidarité. Cet acte terroriste est d’une lâcheté repoussante. D’une violence inqualifiable. Aucun de nous ne doit manquer pour défendre les valeurs de la République et les droits fondamentaux qui en sont le fondement. Sans liberté de la presse il n’est pas de démocratie. Les repères qui assurent la stabilité et la continuité de notre République doivent plus que jamais être affirmés et défendus. Le combat pour la liberté est celui de tous. Les drapeaux de notre collectivité seront en berne demain 8 janvier 2015.

By | 7 janvier 2015|Réflexion|2 Comments

Les journalistes de RFI ont été exécutés par des … assassins !

Le temps est venu d’appeler les criminels par leur nom : des assassins ! La globalisation et l’instantanéité de l’information nous font perdre l’échelle de valeur des mots. Tant de crimes sont commis à chaque instant. En l’espèce, il serait pourtant salutaire que la profession de journaliste veille à qualifier ces actes par leur vocable exact. Les journalistes consacrent leur vie à la belle et noble mission d’informer les citoyens pour qu’ils puissent précisément s’élever au rang de citoyens sortant ainsi de leur condition de sujets, et qu’ils puissent accéder aux fruits de la démocratie, de la liberté, de la justice et de la sécurité. Dans leur deuil,  il leur appartient aujourd’hui d’expliquer la différence entre des soldats, des terroristes, des assassins, sans couvrir, pour autant, le champ lexical de toutes les abominations de la guerre. Les soldats accomplissement des missions qui leur sont confiées par des Etats et obéissent à des hiérarchies claires et sévères et s’exposent à des sanctions graves en cas de transgressions. La guerre qu’ils mènent est elle-même encadrée dans des règles internationales précises. Puis il y a les terroristes. Ceux qui ont le sentiment que le rapport de forces leur est trop défavorable pour se faire entendre et qui commettent des violences généralement contre des pouvoirs publics pour forcer ces derniers à tenir compte de leurs revendications. Enfin, comme à Kidal, il y a des assassins ! C’est-à-dire des criminels de droit commun qui procèdent à des mises à mort volontaires et préméditées souvent pour continuer à perpétuer paisiblement leurs sombres crimes et trafics en tous genres. Les titres, les manchettes doivent écrire : assassins ! Dans l’ambiance de compassion généralisée, les personnes candides finissent par confondre fin et moyen, victimes et assassins. Il ne s’agit pas de forcer les mots pour apaiser l’indignation des plus révulsés mais tout simplement de [...]

By | 3 novembre 2013|Réflexion|2 Comments

Lettre à Léonarda

Chère Léonarda, Je ne te connais pas. Pourtant en quelques jours, tu es devenue le sujet unique d’articles dans la presse  et de débat entre les Français. Afin que tu ne te retrouves pas bien vite et de nouveau abandonnée à ton triste sort, je préfère te mettre en garde contre « le bal des faux culs de la bien-pensance » qui t’encense actuellement sans même avoir attendu les conclusions de l’enquête que justifient les conditions indélicates d’éloignement dont tu as fait l’objet. La France est mon étrange et bien aimé Pays. Celui dans lequel je suis né et auquel je dois beaucoup. Je regrette simplement qu’au nom de mon supposé bonheur, il m’ait criblé de dettes, enfoui sous les déficits, accablé d’impôts, tout en laissant se dégrader les biens et services publics, assujetti à une bureaucratie kafkaïenne, menacé la soutenabilité du financement de la protection sociale et de l’Etat de droit. Et que non content d’avoir ruiné le Pays, et n’étant plus capable d’investir dans le futur, il se fixe soudain d’ériger la bien-pensance en nouvel eldorado mondial créateur de richesse morale inépuisable qui viendrait remplacer tous les besoins de première nécessité dont l’accès serait garanti par la loi, à défaut de l’être dans la réalité. Sois prudente. Méfie-toi comme de la peste de ceux qui t’utilisent sans vergogne pour instaurer, inconsciemment, une forme de dictature de la bien-pensance, avec son cortège de totems, de tabous, ses indignation sélectives, son incapacité à traiter avec sagesse, dignité et justice les vrais sujets de notre société. Tu es l’otage d’une autre tyrannie que celle qui cherchera inévitablement à rationaliser les flux migratoires. La tyrannie des injonctions morales habillées de morale et d’émotion. Elle masque une nouvelle idéologie à laquelle chacun est tenu de souscrire, conformément à toutes les manipulations intégristes. Une grosse ficelle [...]

By | 19 octobre 2013|Non classé, Réflexion|4 Comments

Le déclin de l’occident.

Décidément le 21ème siècle peinera à poursuivre sa marche sans pépin démocratique. Ce n’est pas de manque d’intelligence de leurs dirigeants dont les peuples se désespèrent, mais de leur irrésolution. La chronique syrienne en est une funeste illustration. Chacun sait qu’il n’a pas la compétence requise pour savoir si les frappes sont appropriées à la situation. Il faut à l’évidence avoir tous les renseignements nécessaires, la connaissance de l’histoire et des rapports de force en présence pour décider. Mais alors pourquoi les annoncer en les suspendant aussitôt à l’avis des Parlements ? Lesquels peuvent les refuser, comme en Grande Bretagne. Soit ce type d’action est constitutionnellement de la compétence du Parlement et les Exécutifs sont irresponsables en faisant des annonces fracassantes. Soit elles appartiennent à l’Exécutif et on attend d’eux qu’ils prennent leur responsabilité. Le Président américain ne s’est pas grandi dans son paso doble maquillé en acte de vaillance démocratique. Il s’agit tout simplement d’un « acte manqué » inquiétant quand il s’agit de la 1ère puissance du monde. Quant à la France, elle n’a pas résisté à s’engouffrer dans le vent dominant de la confusion. Les parangons de la vertu constitutionnelle en appelant aux pouvoirs du Parlement que la 5ème République, fort heureusement, ne lui a jamais confié. L’image de l’occident déjà fragilisée sous le regard du monde à cause de son vieillissement, de son renoncement aux réformes, de son égoïsme à l’endroit des générations futures, n’avait pas besoin de cet aveu d’impuissance. D’impuissance à décider et à assumer sa responsabilité. Ce n'est pas l'absence de frappes qui choque. C'est la fuite devant les responsabilité qui est toujours le signal ultime du déclin. Relisons Soljenitsyne ! Restons cependant optimistes mais exigeants !

By | 3 septembre 2013|Non classé, Réflexion|0 Commentaire

La journée de la bienveillance.

La bienveillance est une disposition d'esprit  qui vise le bien et le bonheur des autres et qui permet d'atteindre son propre bonheur. Le vocable semble  inspiré du latin bene volens qui, par la suite, a aussi donné "bénévolence". Le bouddhisme en a promu les vertus plus que d'autres religions moins pacifiques. La bienveillance s'interdit la condescendance et requiert la gratuité, le désintéressement pour ses actes bienveillants. Les gouvernants et politiques en général feraient bien de s'en inspirer. Confucius les en informaient pourtant il plaçait la bienveillance comme qualité fondamentale d'un chef « Que le prince cultive les vertus et le peuple viendra à lui en masse, avec le peuple viendront les terres, avec les terres la richesse. Cette richesse sera le bénéfice de la rectitude du prince. Vertu est racine, richesse est moisson ». Et encore «Jamais on ne vit de prince bienveillant, monarque d'un peuple qui n'aime pas la vertu ». Mencius disait : « On peut citer des exemples d'hommes capables d'atteindre un pouvoir suprême dans certaines contrées malgré un total manque de bienveillance mais jamais je n'ai entendu parler d'empires entiers tombant dans les mains de l'un de ceux qui manqueraient de cette vertu. En outre, il est impossible à quiconque de devenir monarque d'un peuple qui ne lui aurait pas fait, au préalable, allégeance de son cœur. » - « La bienveillance, disaient-ils, fait l'homme! ». À défaut de faire la morale aux politiques, appliquons-là nous-même dès aujourd'hui et faisant de ce jour, sur les réseaux sociaux, la journée de la bienveillance ! Je vous laisse le soin de diffuser.

By | 17 août 2013|Non classé, Réflexion|1 Commentaire

Des pistes pour financer la longévité

Je me suis rendu, ce 14 juin, à Condé-sur-Sarthe, pour célébrer les 20 ans de la résidence Arpège. A raison du contexte dans lequel nous vivons, j’ai saisi cette occasion pour lancer le débat qui se tiendra la semaine prochaine à la session du Conseil Général sur les politiques sociales. Les ainés jouent un rôle important dans notre société - capital de sagesse et de stabilité - et nous sommes dans la nécessité d'inventer une politique innovante pour financer nos gains d’espérance de vie. J’ouvrirai dès la semaine prochaine deux pistes de financement qui pourraient favoriser la prise en charge de la longévité de la population : le viager-dépendance et la contribution alimentaire des obligés. Le viager-dépendance est la possibilité pour une personne âgée de céder son logement à un organisme public, chargé de le réhabiliter et l’entretenir et de louer. La personne âgée percevrait une rente régulière pour améliorer ses ressources favorisant son accès à des résidences accueillantes et confortables, avec possibilité pour la famille de la racheter à prix coûtant à l'ouverture de la succession. La contribution alimentaire pourrait être préférée par certaines familles pour financer le confort de leurs aînés, sous réserve d’un montage fiscal à définir. Sur le rôle social et économique des aînés, j’ai appelé à l'ouverture d'un grand chantier avec les entreprises, associations, communes et intercommunalités pour proposer plus d’activités flexibles aux personnes partant à la retraite. Une démarche collective visant une meilleure transmission du savoir aux plus jeunes et permettant aux seniors - dans un contexte économique difficile – permettrait de trouver des compléments de rémunération pour améliorer leur quotidien. En attendant, je vous propose de découvrir les articles de la presse de ce jour. Bravo à Ouest-France d’en avoir fait une affichette. L’inscription des sujets de société dans le rue est importante [...]

By | 17 juin 2013|Orne, Réflexion|0 Commentaire

Savourer pleinement les moments heureux

Malheureux est l’homme qui ne sait pas qu’il possède deux grands trésors en lui : la clarté de l’esprit, qui peut le rendre libre, et la bonté du cœur  qui peut le rendre heureux disait Ionesco. Il avait bien raison. De nombreux témoignages me sont parvenus depuis la cérémonie de remise des insignes d’Officier de la Légion d’Honneur à Bercy. Des témoignages chaleureux de présents qui m’ont dit y avoir revu des amis perdus de vue. Des excusés malheureux de n’avoir pu arriver à temps. Des amis plus éloignés qui nous ont fait part, à Catherine et à moi, du bonheur qu’ils souhaitent partager avec nous. En vérité, la sagesse qui finit par s’imposer en nous, avec le temps, nous enseigne que pour relativiser les aléas de la vie, il nous faut savoir savourer pleinement les moments heureux et ne jamais désespérer dans les périodes qui le sont moins. Voici donc quelques photos de ce moment heureux partagé à Bercy le 11 avril dernier. Merci à mon vieux complice Claude Walter photographe à Bercy qui couvert la cérémonie. Et merci à vous tous d’être venus revivre pendant quelques instants ce que nous avons voulu construire ensemble de bien pour notre Pays, 20 ans durant, au-delà de nos différences ou divergences, exclusivement dans le souci du bien commun.  

By | 24 avril 2013|Réflexion|0 Commentaire

Les joies de la fidélité en amitié

Quelques jours après la belle cérémonie de jeudi soir, et de nombreux  retours bien gratifiants, je veux remercier tous ceux qui m’ont fait l’amitié d’y participer. Ce moment  s’est révélé plus émouvant pour moi que je ne l’avais anticipé. Le cadre, cette  splendide salle Michel Debré dont les deux perspectives sur la Seine en font l’une des plus belles salles contemporaines de Paris, était enchanteur. Le Ministre Bernard Cazeneuve fut plus que brillant, son propos a marqué les invités, non seulement par son contenu mais aussi par son talent d’orateur, sans notes, clair, vivant et chaleureux. Pour ma part, j’ai été profondément ému de revoir le film des 20 dernières années de parlement et de gouvernement sous l’angle budgétaire. Film dont les acteurs, véritables  hérauts d’armes,  ont consacré toutes leurs forces, leur créativité, leur imagination, leur intelligence à tenter de contenir les envahissements successifs de déficit qui dévastent nos comptes publics. Les invités qui avaient répondu présent reflétaient toutes les nuances de sensibilités politiques de notre démocratie. Nuances parfois opposées, mais unies sur l’essentiel : le devoir de s’accorder lorsque l’intérêt général est en jeu. Ils sont tous des amis précieux qui ont nourri ma vie, mes connaissances, mes pratiques. Anciens ministres de droite, du centre et de gauche. Du Premier Président de la Cour des Comptes, Didier Migaud avec lequel nous avons fait adopter la LOLF, à mes collègues magistrats qui m’ont si bien accueilli en leur sein. Des parlementaires. Des Préfets. Des notaires. De hauts fonctionnaires. Les anciens directeurs du budget. Le cabinet qui m’avait accompagné 2 ans à Bercy sous la houlette d’Augustin de Romanet. Les agents de Bercy toujours aussi chaleureux et amicaux. Les administrateurs du Sénat, Officiers de la LOLF. Des universitaires. Des chefs d’entreprises. Et mes collègues conseillers généraux avec lesquels nous promouvons du mieux [...]

By | 15 avril 2013|Réflexion|2 Comments