Réflexion

/Réflexion

L’éloge de la gratitude ou de la reconnaissance

Après avoir échangé sur les thèmes de la gentillesse, de l’humilité, et de la simplicité, la trilogie d’humanité, Cicéron, lui-même, nous invite à considérer la reconnaissance ou la gratitude « pas seulement comme la plus grande des vertus, mais la mère de toutes les autres ». Elle a été un sujet majeur d’intérêt pour les philosophes antiques, du moyen âge, et des temps modernes, et continue d’intéresser les philosophes d’aujourd’hui, même si ses sous-jacents psychologiques n’ont été vraiment étudiés qu’autour de l’an 2000. En fait, la question a été trop souvent traitée à partir des émotions négatives liées à l’ingratitude, alors que le sentiment de gratitude produit tant d’émotions positives. A tort, la gratitude est perçue parfois commune une dette à l’endroit de la personne qui nous apporté son aide ou son soutien. Au point de chercher à l’éviter. Elle est au contraire une élégance, une délicatesse, une dignité qui encouragent aux comportements généreux et désintéressés. Le marketing moderne l’a bien compris puisque toutes les études démontrent qu’un client honoré pour sa fidélité augmentera ses achats ultérieurs de 70%. Les études qui ont été menées en psychologie de la gratitude en ont identifié plusieurs aspects différents : l’influence sur le bien-être à raison de la qualité des relations sociales ou professionnelles qui sont partagées, l’influence aussi sur la simplicité, l’acceptation de soi, l’absence de recherche de vouloir se montrer plus grand qu’on ne l’est, et aussi l’absence de stress, notamment au travail, par une ambiance propice à la confiance mutuelle et à l’équité dans le mérite des résultats. Gérard de Nerval écrira « il n’y a qu’un seul vice dont on ne voit personne se vanter, c’est l’ingratitude ». Probablement les ingrats ignorent qu’ils le sont. Par sottise ou par méchanceté. Leur violence en témoigne. Peu importe. Leur attitude n’est pas la pire des punitions [...]

By | 2018-11-02T12:05:09+00:00 2 novembre 2018|Réflexion|0 Comments

Les dirigeants consacrent 3/4 de leur temps à des tâches qui ne sont pas de leur niveau

La gouvernance des Organisations complexes - (privées ou publiques) c'est à dire les ensembles constitués d’un grand nombre d’entités en interaction, - m’a toujours passionné. C’est probablement le fruit de mon seul vrai bilinguisme : le droit et les comptes ! Le temps La ressource la plus précieuse de toutes est le temps ! Oui, pour le dirigeant, le temps est bien le bien le plus précieux. Il sait d’intuition qu’il est une ressource non renouvelable. Qui s’épuise si vite qu’elle en devient obsessionnelle. Pourtant, souvent, il la gaspille en s’agitant à contretemps, alimentant ainsi son propre Léviathan, s’auto paralysant tout le temps. Diriger, c’est choisir Diriger, gouverner, c’est choisir ! Chercher à éviter cette définition, c’est commencer à renoncer. Or, pour bien choisir, au bon moment, il faut du temps. La réactivité et l’adaptabilité sont le challenge permanent. Face à un environnement incertain, en permanence en mouvement, le tireur en chef ne doit pas perdre de vue sa cible. Incarner Dans notre monde d’hyper communication, le dirigeant doit d’abord incarner son organisation. Ses valeurs. Sa vision du présent et du futur, son ambition, la solidité de son modèle, son unité, sa capacité à répondre aux défis qui lui sont lancés, sa cohésion, sa force. Ne pas maitriser son temps, laisser apparaître la moindre fébrilité, affaiblit plus que le dirigeant, mais l’organisation toute entière. S’entourer Personne n’ayant encore révélé son don d’ubiquité qui reste le privilège des Dieux, le boss doit donc savoir s’entourer des meilleurs. Les attirer. Les enthousiasmer. Les rendre fiers d’appartenir à son équipe. Libérer leur parole. Laisser chaque génération s’exprimer. Offrir une dynamique propre, un but, une cause justifiant un dépassement. Recueillir les avis les meilleurs pour décider en dernier ressort des questions essentielles rassure. Faire donc en sorte que cela se sache. L’autorité Consulter avant de décider renforce aussi l’autorité. Celle-ci [...]

By | 2018-11-02T11:53:15+00:00 1 novembre 2018|Réflexion|0 Comments

L’éloge de la simplicité

Après avoir labouré le champ de la gentillesse, puis celui de l’humilité, jetons notre regard sur la simplicité, tant ces trois qualités constituent entre elles une trilogie d’humanité. N’est pas simple qui veut. Encore moins celui qui fait semblant. La simplicité est une forme de grâce naturelle inspirée de l’humilité et qui s’appuie sur une réelle solidité personnelle, une forte maturité, et une grande lucidité. Elle permet d’observer le théâtre de la vie comme il est, sans s’enivrer d’attentes impossibles, d’ambitions démesurées ou désespoirs inconsolables. Elle rend paisible, car celle ou celui qui la possède en est le premier bénéficiaire. Elle révèle une forte capacité à s’adapter à toutes les situations, à s’accepter dans ses limites, à rester fluide pour laisser se projeter sa spontanéité. L’apparence joue un rôle important car immédiat mais durable. Une personne simple ne se dissimule pas derrière un décor trop raffiné ou à l’inverse déconcertant. L’habit doit ressembler au moine :) Plus substantiellement, la simplicité doit aussi être celle de la pensée. Le bon sens ou le « sens commun » doivent chasser les tentations de la sophistication, pour paraître savant. Elle implique un regard neutre et objectif de la réalité. Elle se méfie de ses certitudes pour rester ouverte à d’autres points de vue. Elle est douée d’une expression orale directe et simple. Précise mais attentive à ses effets. Elle tisse naturellement un lien avec les autres, en leur accordant le même respect qu’elle s’accorde à elle-même. Elle veille à considérer équitablement les plus puissants et les plus modestes. Elle les accorde en assurant l’ajustement. Elle est généreuse en accueillant avec sincérité et joie la réussite des autres. Elle sait trouver les mots pour adoucir les maux. Elle fait société. Chacun peut gagner beaucoup à travailler sa simplicité car elle aide à assumer ce que nous sommes. À être [...]

By | 2018-10-23T14:29:22+00:00 23 octobre 2018|Réflexion|0 Comments

L’éloge de l’humilité.

Après avoir questionné le champ de la gentillesse, un ami m’a suggéré de tenter de poursuivre la réflexion sur une qualité cousine, celle de l’humilité. Comme elle ne règne pas d’évidence dans l’univers politique, mon terrain d’exercice ne m’éclaire pas d’abondance en ce domaine. Une définition neutre En sincérité, comme personne ne peut prétendre atteindre la qualité ultime d’humilité, choisissons alors une définition la plus neutre possible, celle consistant « à considérer qu’un individu humble doit se voir lui-même de façon réaliste ». Sans se surestimer, ni se mésestimer. En étant conscient que la vision de soi est souvent déformée par la succombante tentation de l’orgueil, de l’égocentrisme et du narcissisme profondément enracinés dans le monde politique ou le monde de la communication. En revanche, la mésestime de soi y fait peu de dégâts. En fait, se voir d’une façon réaliste s’acquiert souvent avec le temps, le vécu, la maturité, les épreuves, la prise de conscience de sa condition simple et de sa place réelle au milieu des autres, et de la société toute entière. compatible avec la fierté Elle ne révoque pas la fierté, parfaitement légitime lorsqu’elle se fonde sur la réussite collective d’un groupe où la conjugaison des efforts de chacun peut seule permettre de réaliser une œuvre impossible à atteindre individuellement. A l’inverse, la médiocrité frappe de ridicule ceux qui s’attribuent les mérites de tous, ou des autres, sans même se rendre compte qu’ils ne sont pas pour grand-chose dans le succès collectif. sans fausse modestie N’esquivons pas davantage la perversion qui s’invite parfois lorsque l’humilité est feinte par une « fausse modestie » dans l’espoir de s’attirer des compliments. Chacun sait que « la fausse modestie est le dernier raffinement de la vanité ». ni mésestime de soi Si la mésestime de soi est rare dans le monde politique, la personne humble doit [...]

By | 2018-10-19T16:25:33+00:00 18 octobre 2018|Réflexion|0 Comments

Éloge de la gentillesse !

Ayant oublié à Paris un périphérique informatique, alors que je suis ici à #Singapour, je me suis rendu chez une grande marque mondiale pour acheter l’accessoire exactement adapté. Quelle expérience ! Une qualité personnalisée de l’accueil, un soin attentif consacré à vérifier que l’outil serait exactement adapté à mon système, et une franche invitation à revenir en cas de difficulté. Cela m’a fait immédiatement réfléchir. Ressentir soudain de la gentillesse J’y ai ressenti de la gentillesse ! Cette sensation simple et naturelle, de plus en plus rare, quand l’on prend soin de votre problème, qu’il est tranquillement identifié pour y trouver une solution, sans brusquerie, impatience ou désobligeance. Un panneau informait d’ailleurs clairement les clients qu’ils devaient se comporter de même à l’égard du personnel, sauf à être invités à changer de fournisseur :) Un déclencheur de conscience Cela a été pour moi comme un déclencheur de conscience que le secret de l’efficacité moderne serait probablement, tout simplement : la gentillesse ! Une évidence oubliée Cela semble une évidence humaine et sociale. Pourtant, ce n’est pas le ressenti qui nous est le plus familier, ni même celui que nous nous efforçons de diffuser nous-mêmes aux autres. L’ingrédient majeur de l’efficacité est la gentillesse Pourtant les plus grands experts du management, statisticiens, chercheurs, sociologues, psychologues organisationnels et ingénieurs nous révèlent que l’ingrédient principal de l’efficacité d’une équipe de travail est : la gentillesse ! Les meilleures équipes sont celles où les gens sont gentils les uns envers les autres. Un besoin de sécurité psychologique Chaque être humain ressent de plus en plus, dans le monde moderne, un besoin de « sécurité psychologique », c’est-à-dire un sentiment qu’il doit pouvoir, au sein d’une équipe, prendre des risques en toute sécurité, en confiance, sans crainte d’être rejeté où même d’être fustigé. Il doit [...]

By | 2018-10-11T03:33:46+00:00 10 octobre 2018|Réflexion|0 Comments

Skin in the game !

C’est l’expression choisie par le grand essayiste Nassim Nicholas Taleb pour définir l’intelligence, comme le rapporte Idriss Aberkane dans le Point d’une semaine passée. On ne peut mieux définir la panne dans laquelle la France comme notre continent se trouvent. Une élite trop savante nous assène des vérités absolues qu’elles sont bien incapables de réaliser elles-mêmes. Or, M. Taleb affirme que personne ne sera plus apte à prendre une décision risquée que celui qui en subira les conséquences. Il va plus loin en disant que même si l’auteur de la décision est supposé illégitime pour la prendre, il est plus sage de la lui confier, à lui, s’il est prêt à « risquer sa peau ». Car il sera, de ce fait, plus malin qu’un Prix Nobel n’ayant jamais à payer les conséquences de ses erreurs. L’essayiste encourage les citoyens à mesurer chez leurs décideurs, en premier, leur degré de « skin in the game » en rappelant le sage précepte du psychologue Soufi Idries Shah : « ne prête aucune attention à ce que les gens disent, regarde juste ce qu’ils font » ! L’action publique est peuplée de gens qui ne paient jamais les conséquences physiques de leurs erreurs, de gens qui ne jouent ni leur place ni leurs économies. Taleb ose les nommer « Intellectual Yet Idiot  », « intellectuels mais idiots ». Et il insiste en prévenant : « Si vous ne prenez aucun risque dans vos opinions, vous n'êtes personne. » Ajoutant : « Rien ne signale mieux quelqu'un qui joue sa peau que le fait qu'il ait des cicatrices », ce qu'il signifie comme la pathemata mathemata : apprendre par la douleur. Or, lorsqu’on observe bien la sphère publique, elle semble totalement épargnée de cicatrices, puisqu’à l’évidence elle se refuse par principe à toute prise de risque. Nos bibliothèques sont emplies de sottises, comme ce rapport de 1995, qui annonçait qu’Internet ne [...]

By | 2018-06-16T21:58:48+00:00 16 juin 2018|Réflexion|0 Comments

Le legs musical des années 70

La disparition de France Gall, après celle si récente de Johnny, souligne le passage progressif sur l’autre rive de la génération d’artistes et de fans nés après la 2nde guerre mondiale. Ils nous ont fait chanter, danser, rire, pleurer, aimer. C’était la France des 30 glorieuses. Une jeunesse ayant vécu les mêmes évolutions historiques, politiques, économiques, sociales et technologiques. Des fées s’étaient penchées sur son berceau : la paix, la prospérité, le plein-emploi et la croyance dans le progrès. Autant de chances qui manquent aujourd’hui. Ces artistes ont ensoleillé nos vies pendant 50 ans. Leur départ nous porte à les saluer avec tendresse, tant ils ont, avec une fraîcheur neuve, ouvert de nouvelles perspectives, donné un élan à des genres musicaux nouveaux, révélé des talents, suscité des vocations, invité à aller de l’avant, transmis le goût de la vie, construit des ponts vers des musiques nouvelles. Ils ont incarné le mouvement même de la vie, la confiance dans l’avenir, un rapport simple entre les gens. Ils ont pétri la pâte d’une époque singulière. Leurs départs si rapprochés appelle à réveiller notre conscience du long terme par différence à l’éphémère. Même en musique. Ils révèlent la différence entre leurs statues de marbre éternelles, et celles de glace qui fondent aux premières épreuves du temps. En ayant toujours tendu la main aux jeunes artistes, ils ont permis l’enchaînement des générations, nous offrant une compréhension de la marche du temps ; les bienfaits de ce long terme, parce qu’il accompagne, qu’il nous rassure, parce qu’il nous dépasse, nous survit et nous éduque à la patience. Le legs musical des années 70 continuera de résonner en nous, comme le chant touchant de la source qui coule des valeurs qui nous rassemblent. Tel est le message qu’ils nous laissent pour continuer à aller de l’avant. [...]

By | 2018-01-12T15:51:11+00:00 10 janvier 2018|Réflexion|0 Comments

Je soutiens le Cardinal.

Son homélie est un des textes les plus puissants que nous ayons entendu ces derniers temps. Il était réconfortant. Face à la stupeur qui a frappé l’église, on aurait pu espérer à son endroit une bienveillance générale. C’était sans compter avec le mouvement LGBT, actif au sein de notre société. Une simple phrase, située au milieu d’autres, concernant des personnes et des situations tout autant dignes d’intérêt, a déclenché un embrasement irrationnel sur les réseaux sociaux, émanant des militants de ce mouvement. Comme beaucoup de juristes, je pense qu’il n’est pas envisageable de revenir sur le mariage homo. Il ne sert donc à rien de pousser de préventifs cris d’orfraie. Ils peuvent s’interpréter comme des pressions préalables, lesquelles ne peuvent qu’indisposer les non militants dans mon genre. Les diatribes violentes publiées sur le web semblaient émaner “d’égorgés” vifs. Pourtant, n’était-ce pas d’un assassinat bien réel dont il était question à cette messe ? D’un prêtre égorgé ! Pendant l’office qu’il célébrait. Et voilà qu’un militantisme sociétal prétendrait que sa voix devrait surpasser ce crime ? Mais dans quel pays vivons-nous ? Une phrase d’homélie devrait faire plus de bruit qu’un crime abject. Des paroles pourraient plus blesser qu’un couteau qui égorge ? Je me crois capable de calme et de raison. Devant tant d’impudence, il m’arrive d’avoir envie de crier “taisez-vous” ! Je ne fais la morale à personne, mais je n’entends pas me faire dicter celles des autres. En défendant trop bruyamment sa cause, généralement on l’affaiblit. C’est ainsi que j’ai perçu les communications indignées d’hier. Il suffit de relire posément le Cardinal pour constater qu’il n’a nullement cherché à rouvrir un débat aujourd’hui clos. Il a traité des sujets de société en général, qu’on en juge : “l’espérance a un projet, celui de rassembler l’humanité en un seul [...]

By | 2017-03-13T11:24:00+00:00 29 juillet 2016|Réflexion|1 Comment

L’abus trompeur des mots

Urbain Domergue en 1791  disait « L’abus des mots nous trompe sur les choses ! » Cette formule résume bien le risque de l’escalade de vocabulaire, à laquelle nous assistons pour « nommer » la période que nous traversons. Le langage joue un rôle considérable dans la formation et la propagation des idées, notamment politiques et sociales. En premier celles erronées. Chacun sait que la fausse opinion prospère plus vite que la bonne, et qu’elle s’enracine et passe à la postérité la plus reculée : elle devient vite un préjugé populaire, et pire encore un préjugé réputé savant. On dirait que la pensée humaine s’emballe pour manipuler les mots, face l’incapacité à modifier le cours des choses. En politique, l’abus de mots est permanent. Les locuteurs en sont parfois conscients. Mais pas toujours. Cherchant parfois à induire en erreur, ils finissent par croire ce qu’ils disent, au risque de porter une atteinte grave à un droit fondamental de la personne humaine. Le résultat est qu’ils jettent un désordre et une incertitudes graves dans notre fragile société. En voulant frapper les esprits, ils détruisent la crédibilité de la parole publique et sapent les fondements de la démocratie. Le vocable de « guerre » aujourd’hui utilisé par les plus hauts responsables me laisse perplexe. Dans l’échelle des conflits inhumains et meurtriers, il ne sera pas facile demain de trouver plus fort, si la tension monte encore. En outre, évoquer que nous sommes en guerre, sans qualifier celle-ci, ne permet pas de choisir le droit approprié. Pourtant celui-ci ne manque pas. Le droit de la guerre est parfaitement défini, il n’est pas confondu avec le droit humanitaire, et les conflits internes impliquant de nouveaux acteurs non étatiques sont parfaitement identifiés. Guerre et terrorisme ne sont pas non plus confondus. S’il s’agit d’actes d’une extrême violence, motivés par des fins politiques, idéologiques, [...]

By | 2017-03-13T11:24:00+00:00 28 juillet 2016|Non classé, Réflexion|2 Comments

Les paradis ou les enfers fiscaux ? bis.

Il y a 7 ans, à quelques jours près, je publiais un billet sur les paradis fiscaux intitulé « Les paradis ou les enfers fiscaux ? » L’actualité dite des « Panama Papers », me laisse à penser que les choses n’ont guère progressé. Nous pouvons nous attendre à des clameurs indignées de gouvernements de tous bords, gonflées de surenchères moralistes à provoquer l’extase de toute la bienpensance professionnelle. Puisque l’on parle de paradis, de quoi s’agit-il ? De paradis « fiscaux » ? « sociaux » ? « législatifs et réglementaires » ? « judiciaires » ? Une variante de ces paradis sont les centres dits « offshore » (par exemple Jersey – Iles Vierges). Evidemment, en bons citoyens, soulagés de pouvoir enfin démontrer la cupidité sordide de milliardaires voyous, nous n’imaginons pas un instant que les Etats pourraient être les complices de ce genre de « paradis ». Qu’ils en sont eux-mêmes, qu’ils en créent, qu’ils les utilisent voire qu’ils les nourrissent par des attitudes irresponsables. Savons-nous que le Royaume Uni a fondé une partie de sa prospérité économique sur une industrie financière, souvent localisée dans ce type de territoires ? Que les Etats-Unis ont avec l’Etat du Delaware une plate-forme commode pour certaines opérations. Que la Suisse (même si elle a fait beaucoup de progrès), le Liechtenstein et bien d’autres destinations sont réservées à un tourisme spécifique. Je ne parle pas de la Russie qui, depuis des siècles, a ses propres méthodes. Quels Etats auront, les premiers, la sincérité de nous révéler la raison sociale, le siège et les actions de sociétés encore détenues par eux dans ces paradis fiscaux ? Même notre sentencieux pays, et sous tous les gouvernements, n’a pas échappé à ces inévitables acrobaties. Parfois bien contre son gré. Il serait intéressant de savoir [...]

By | 2017-03-13T11:24:16+00:00 6 avril 2016|Economie & Finances, Réflexion|0 Comments

Racines chrétiennes de la France : passer de l’émotion à l’action.

Le sujet est inépuisable. Il donne souvent lieu à controverse. Le moment est pourtant venu de dépasser cette controverse pour donner un contenu à ce que nous appelons communément nos racines. Ne nous cachons pas derrière les mots. Pour les uns, la laïcité est indépassable, car elle reste l’unique rempart contre l’intégrisme religieux et la montée des communautarismes. Pour les autres, il s’agit d’une conception trop rigide et la rupture avec l’héritage chrétien de la France confine à une forme de concession au confort intellectuel d’un moment. Et pour d’autres encore, il s’agit d’une lâcheté devenue périlleuse dans le contexte actuel du terrorisme et de choc entre les civilisations. Ces points de vue sont respectables. Il ne sert à rien d’invoquer bruyamment nos racines chrétiennes comme rejet systématique d’autres croyances ou comme réflexe xénophobe mal maitrisé. Ce qui peut rassembler beaucoup de nos concitoyens de bonne volonté, se reconnaissant d’une culture judéo-chrétienne, c’est de vouloir faire vivre les valeurs de cette culture c’est à dire le respect des autres, la primauté de la personne humaine, la générosité et le souci d’humanité, et de vouloir les traduire dans la vie au quotidien. De toute manière, les événements que nous vivons nous appellent à passer de l’émotion à l’action. D’échanger nos idées, d’en débattre, de les traduire dans nos vies. Et notamment dans la vie politique qui semble avoir abandonné le terrain des idées pour s’abandonner aux querelles de personnes. C’est pourquoi, je propose à ceux qui me font l’amitié de suivre mes publications, de me faire savoir par message privé s’ils adhèrent à l’idée de constituer un rassemblement s’affirmant chrétien démocrate et s’ils se sentent prêts à en faire vivre les valeurs et les idées dans le débat politique. Selon votre retour, nous verrons comment animer tous ensemble une telle réflexion. [...]

By | 2017-03-13T11:24:36+00:00 20 novembre 2015|Réflexion|3 Comments

Dans les moments tragiques l’homme politique doit dire sa pensée.

Éclairer le chemin Il doit le faire avec mesure et humilité. Mais il doit la dire, car son statut n'est pas un refuge protecteur de tout risque politique. Bien au contraire, il lui commande d'éclairer le chemin, comme le premier de cordée essaie d'éviter à son équipe de dévisser. Si le temps du recueillement est indispensable, on ne peut cependant pas se réfugier dans le silence. D’horribles attentats ont été menés et nous en sommes tous bouleversés. Avouons d’abord que nous nous ne savons pas très bien quoi en penser. Même si on ne peut pas faire l’impasse sur une réflexion morale ou sur la philosophie morale de tels événements. C’est un défi à la pensée morale qui nous est lancé. Rien ne saurait justifier ce terrorisme odieux Certains sont tentés de cautionner cette idée du terrorisme par désespoir. D’en faire même un acte de dépassement du désespoir par le martyre. Cette tentation d’expliquer la violence d’aujourd’hui existe. On peut se demander si la morale commune, pour ceux-là, n’est pas dominée par un rousseauisme sociologique, ou une sociologie rousseauiste. Quand la violence surgit, elle ne s’imputerait pas à ceux qui la commettent, mais au système en général, sans que l’on sache très bien ce qu’est ledit système. Dans ces idées, nul mal humain ne viendrait de l’homme, mais d’une société artificielle qu’il faudrait changer. Donc le mal serait commis, en quelque sorte, par les victimes, et non par leurs auteurs qui expriment ainsi leur haine. Quand, dans cette approche, on ajoute à cette dimension de violence celle du martyre, alors le martyr apparaît comme le héraut, celui qui sacrifie sa vie parce qu’il est désespéré, d’où l’impossibilité morale dans laquelle nous serions de le condamner pour sa violence. Sortir d'un rousseauisme dépassé. Soyons lucides, s’il n’y a plus possibilité d’imputer [...]

By | 2017-03-13T11:24:36+00:00 14 novembre 2015|Politique, Réflexion|1 Comment

Pourquoi pas une seule intercommunalité par département ?

  La gazette des communes nous révèle aujourd’hui, à partir d’une étude de l’ADCF, que l’Etat voyait tout en grand, voire en très grand dans l’évolution de l’intercommunalité. Au point d’en constituer certaines de plus de 100 communes. On parle d’intercos XXL, voire de Mégafusions d’intercommunalités. Bref, BIG IS BEAUTIFUL ! Une sorte de course au gigantisme s’est déclenchée jusqu’à l’hystérie dans la sphère publique. Au moment où le monde de l’économie réelle réinvente la proximité, la prise en compte de chacun comme une personne et non un effectif, la réduction des distances, l’offre de services personnalisés et non plus banalisés, voilà que la sphère publique fait l’inverse. Comme d’habitude, elle suit les modes avec 20 ans de retard quand celles-ci sont passées. Pire, elle prend les choses totalement à l’envers. Ce qui fait la spécificité de la France, c’est son nombre de communes. Nous aurions eu tout intérêt à commencer par l’encouragement aux communes nouvelles sous la forme du volontariat. Très vite les intercommunalité seraient devenues ces nouvelles communes, lesquelles auraient constitué les relais des départements sur l’ensemble du territoire national. Le coup est parti totalement à rebours de ce simple bon sens. Les régions ont été élargies au point, pour certaines, d’en faire des monstres dont la gestion sera ruineuse et inefficace, tellement éloignées des citoyens que la démocratie locale en sera affectée. Ensuite on s’est attaqué aux départements, maintenant aux intercommunalités, et demain aux communes probablement. En matière de trouble de l’orientation spatiale, il pourrait être utile de faire examiner nos technocrates. Quant aux députés, c’est plutôt le trouble de l’autonomie qui les guette. Leur remplacement par des robots simplifierait d’ailleurs la vie des gouvernements qui n’auraient plus à perdre leur temps pour les faire obéir. Ce qu’ils finissent toujours par faire. Bon, puisque la mode est au [...]

By | 2017-03-13T11:24:38+00:00 29 octobre 2015|Humour, Réflexion|0 Comments

Oui, le droit continental vaut bien le droit anglo-saxon !

Un contre point utile à Doing Business Le droit français est bien coté par la Fondation pour le droit continental présidée par M. Jean-François Dubos, maître des requêtes honoraire au Conseil d'Etat. Elle a récemment publié son index de la sécurité juridique (ISJ). Voilà enfin une réponse de poids à l'indicateur de facilité de faire des affaires, publié depuis des années par le rapport Doing Business de la Banque Mondiale, et qui reléguait le droit continental - et donc français ! - au rang d'espèce en voie d'extinction. L'index est construit en agrégeant six domaines du droit (contrats, responsabilité, immobilier, travail, règlement des différends). La France apparaît en 3ème position, après la Norvège et l'Allemagne, alors que le Royaume-Uni occupe la 4ème position et les Etats-Unis la 12ème. La Fondation souligne donc que "les pays de droit continental, pris dans leur ensemble, et plus particulièrement les pays européens, offrent un système de droit relativement sûr". La meilleure note de la France se situe en droit des sociétés, et la pire (qui reste cependant raisonnable, à plus de 5/10), en droit des contrats - c'est donc sur ce point qu'il reste des progrès à effectuer. Le droit des contrats sera bientôt réformé... Mais par ordonnance ! Ce qui prive la souveraineté nationale du nécessaire débat démocratique sur une question aussi importante, le droit des contrats étant le support principal des affaires. Il est également un élément essentiel de l'autonomie de la volonté, source créatrice de droit, sans oublier que "les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites", en vertu de l'article 1134 du code civil. Un droit français tellement perfectible A la vérité notre droit national pourrait être mille fois meilleur, si le pouvoir législatif et réglementaire voulait bien mettre un terme à la prolifération [...]

By | 2017-03-13T11:24:40+00:00 16 octobre 2015|Normes, Politique, Réflexion|0 Comments

Attentat au siège de Charlie Hebdo : Une lâcheté indicible.

  Indignation et soutien aux familles. Nous sommes tous choqués, indignés, révulsés par cet attentat dont le siège de Charlie Hebdo a été la cible. Si la liberté, la démocratie sont ainsi bafouées, pensons aussi aux familles des victimes, et exprimons-leur notre soutien et notre solidarité. Cet acte terroriste est d’une lâcheté repoussante. D’une violence inqualifiable. Aucun de nous ne doit manquer pour défendre les valeurs de la République et les droits fondamentaux qui en sont le fondement. Sans liberté de la presse il n’est pas de démocratie. Les repères qui assurent la stabilité et la continuité de notre République doivent plus que jamais être affirmés et défendus. Le combat pour la liberté est celui de tous. Les drapeaux de notre collectivité seront en berne demain 8 janvier 2015.

By | 2017-03-13T11:25:18+00:00 7 janvier 2015|Réflexion|2 Comments