Madame Royal et les banques, ou le retour de Charles Dickens

//Madame Royal et les banques, ou le retour de Charles Dickens

Madame Royal et les banques, ou le retour de Charles Dickens

Ils sont 400 000 en France, 400 000 « Ebenezer Scrooge », dont le jeu est enfin dévoilé ; Les voilà, les responsables de la pauvreté, ces 400 000 employés des banques dont Madame Royale a dénoncé le jeu. Dickens avait déjà dessiné Scrooge, ce vieil usurier avare, qui réapparaît derrière le portrait qu’en donne la candidate socialiste : « les banques font du profit sur le dos des pauvres, les riches ont le moyen de renégocier leurs prêts, les pauvres croulent sous les tarifications bancaires … Il faut interdire les publicités scandaleuses qui plongent les familles dans le surendettement ». Bref, à l’instar du loto, cette argumentation est facile, pas chère et peut rapporter gros. Mais, comme toujours dans cette nature de raisonnement, le slogan à l’emporte-pièce se substitue à la réflexion et à la réalité.

Jusqu’à la loi bancaire de 1984, le système bancaire français est constitué par une mosaïque d’établissements répondant à des textes parfois très anciens et surtout très disparates, pouvant dans certains cas ne concerner qu’une seule banque. Les passe droits et privilèges sont la règle. Il est caractérisé par un très fort dirigisme en raison soit d’une appropriation publique de banques (Crédit Lyonnais, Société Générale, BNP, etc.), soit d’une très forte tutelle de l’Etat (Crédit Agricole, Caisses d’Epargne …). La concurrence y est faible, autrement dit les prix – les taux d’intérêt – y sont élevés. Les services « gratuits » mis à disposition des « usagers » sont payés par les emprunteurs ou les contribuables, tant le poids des prêts bonifiés est important (la quasi-totalité des prêts à long terme). En 1984, le gouvernement (socialiste) d’alors fait voter une loi instaurant une (relative) harmonisation des textes, avec seulement 6 catégories d’établissements de crédit, et même 5 depuis 1999, les Caisses d’Epargne ayant rejoint le groupe des banques coopératives. Cette réforme, qui peut être qualifiée de « libérale », induit une concurrence entre banques. De fait, à compter du milieu des années 80, les habitudes des clients changent : ils n’hésitent plus à comparer les prix pour aller au mieux disant, que ce soit en terme de crédit ou de placement (n’oublions pas le grand moment des SICAV monétaires qui ont pu rapporter plus de 10% l’an, sans risque).

Dans ce contexte, les banques ont vu leurs marges s’éroder. Elles ont réagi en diversifiant leurs activités, à l’international, ou en développant des portefeuilles financiers de trésorerie qui ont joué par exemple sur la « transformation » consistant à emprunter à court terme pour replacer à long terme et bénéficier ainsi de la courbe des taux. Encouragées par les autorités de tutelle pour qui l’existence de marges est une garantie de pérennité, elles se sont mises aussi à tarifer : services jadis gratuits et désormais payés par ceux qui les utilisent, nouveaux services … La tarification qui faisait quelques points du « produit net bancaire » (la richesse créée par les banques) en 1980 a augmenté pour atteindre 20 % en 2001 et 18 % en 2004.

Cette tarification est parfois négative, c’est-à-dire qu’elle ne rémunère pas un service mais sanctionne une entorse à la relation contractuelle qui lie le client et la banque. S’il est vrai que le traitement des incidents de paiement génère des coûts, le paiement ou le rejet d’un chèque sans provision par exemple donnent lieu à perception de commissions parfois considérables et même outrancières qui peuvent s’accumuler formant ainsi un effet « boule de neige ». Alors est ce dire que les « pauvres » sont pieds et poings liés devant ces tarifications sanction ?

Il faut cesser de croire que les incidents de paiement sont le fait des ménages modestes. Ils concernent des clients issus de toutes les couches de la population. Une grande partie des incidents vient des personnes surendettées, c’est-à-dire celles qui sont « dans l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de leurs dettes non professionnelles ». Il existe depuis 1989 une législation (loi Neiertz) permettant le traitement de tels cas, renforcées à plusieurs reprises et notamment en 2003 avec la loi Borloo. Sauf à ce que le plaignant soit de mauvaise foi (et les conditions définissant la mauvaise foi sont fort restrictives), les décisions des commissions de surendettement consacrent très souvent la perte d’une partie des capitaux empruntés et annulent les tarifications négatives. Autant dire que les banques sont vigilantes dans l’octroi de prêt, ce que certains, parfois les mêmes qui dénoncent l’accès au crédit, ne manquent pas non plus de rappeler.

Alors pourquoi le surendettement ? A en croire Madame Royal, c’est parce que les « pauvres », incapables de se contrôler, s’endetteraient sans vergogne, cédant aux sirènes publicitaires. Ne prenons pas les citoyens pour des niais. La réalité est tout autre. Il s’agit le plus souvent (dans trois quarts des cas) de « surendettement passif » c’est-à-dire subi. Les difficultés financières viennent d’un accident de la vie qui réduit fortement les revenus, accident soit personnel comme le divorce, soit professionnel comme le chômage. On observe d’ailleurs que le nombre de dossiers déposés à la Banque de France reproduit le cycle de l’activité économique. Il reste que le nombre de ménages surendettés est difficile à mesurer. La principale source est fournie par le fichier des incidents de remboursement de crédit aux particuliers (le FICP) de la Banque de France. Après correction (car un couple conduit à 2 inscriptions), il y aurait fin 2004 moins de 650 000 ménages représentant moins de 4 % des crédits. Le surendettement reste d’ampleur contenue. Y voir le résultat d’un matraquage publicitaire au détriment des plus démunis est rien moins qu’excessif.

La nouvelle de Dickens s’achève par la rédemption à Noël de l’usurier Scrooge. Peut être, à sa façon, Madame Royal pourrait connaître aussi la rédemption. S’il y a un surendettement massif, qui appelle lui une action rapide et forte, tant sur les effets et sur les causes, c’est celui de l’Etat. Et les banques, elles, n’y sont pour rien. Aussi, plutôt que de se laisser aller à des facilités poujadistes, pourquoi ne pas s’attaquer courageusement au vrai problème ?

By | 2017-03-13T11:20:45+00:00 22 octobre 2006|Général|Commentaires fermés sur Madame Royal et les banques, ou le retour de Charles Dickens

No Comments

  1. quizas 22 octobre 2006 at 10 h 22 min

    il n’en demeure pas moins que toute publicité pour les prêts à la consommation devrait être interdite; s’ils font de la pub, c’est que derrière ça rapporte énormément aux banques comme aux grandes surfaces qui ont crée le service; vous même vous êtes fait piégé par un fournisseur d’accés internet, donc vous pouvez bien imaginer je pense que pour des ménages pris à la gorge avec des revenus de misère le piège peut être fatal : je suis donc contre toute pub concernant ces crédits, sachant que toute pub est forcément mensongère pour attirer sa proie

  2. Ornais 22 octobre 2006 at 11 h 21 min

    La pauvreté c’est la faute des banques ..
    La maladie la faute des medecins .. et des erreurs medicales …Suprimons les medecins , il n’y aura plus de gens handicapés par la faute de ces immondes profiteurs ..

    Pas mal comme reflexion !!

    Ici , il n’y a plus de toubib , donc plus d’erreurs .. mais des rebouteux

    Suprrimons les banques , obligeons les a etre toutes les memes et c’est l’usure qui va revenir ..

    Je propose de suprimer les elections , ca nous evitera de nous retrouver avec des elus incompetents qui font du mal a la France .

    Mettons au pouvoir une Reine ou un Roi eclairé qui nous sauvera des miseres du monde !! Et centralisons la banque en une seule institution , la "Banque de France" ..( crée par Bonaparte ) , belle idee , la banque unique , avant le parti unique

  3. DesDettes 22 octobre 2006 at 11 h 31 min

    à Alain Lambert,

    " Les difficultés financières viennent d’un accident de la vie qui réduit fortement les revenus, accident soit personnel comme le divorce, soit professionnel comme le chômage."

    Peut-être, mais en cas d’accident, plus vous avez de dettes, plus les conséquences sont douloureuses. Donc plus vous êtes encouragé à vous endetter par temps calme, plus vous vous exposez à des retours de manivelles brutaux en cas de fort coup de vent.

    Dans toutes les économies fleurissantes du monde occidental la croissance est soutenue à coups d’accès au crédit facilité. Naturellement, en cas de renversement de la tendance, les difficultés pour rembourser deviennent considérables.

    Ainsi aux USA ou en Espagne, il semblerait que le recul du marché de l’immobilier ait des conséquences dommageables sur la capacités des emprunteurs à honorer leurs dettes, les acculant dans des cas de plus en plus nombreux à la faillite.

    Personnellement je n’ai jamais souscrit qu’un seul crédit à la consommation au cours de ma vie car il était à 0% d’intérêt ! Et je puis témoigner que je n’en éprouve pas pour autant de frustration. Bien que mes revenus lissés sur une longue période flirtent avec le Smic.

    C’est le prix de ma liberté. Tout au moins est-ce ainsi que je le conçois. J’en fais un brin de publicité car cette façon de voir est rarement mise en valeur dans une société fondée sur la consommation.

  4. AB Galiani 22 octobre 2006 at 12 h 05 min

    A DesDettes,
    Au passage, le billet est de moi-même …
    Votre propos est infiniment interessant. J’y vois d’abord que votre raisonnement est celui d’un citoyen responsable, ce que j’apprécie. Concernant le surendettement, c’est d’abord un drame personnel. Ceci dit, la résolution des cas de surendettement a toujours un coût élevé pour les banques, et ce d’autant plus que le juge considérera que l’analyse du dossier est empreinte de négligences (à juste titre). Elles sont dans leur trés grand ensemble plutôt prudente. J’observe en France la simultanéité de 2 discours : d’un coté on reproche aux banques d’être responsables du surendettement, de l’autre coté, on leur reproche leur frilosité excessive … Curieuse incohérence, non ?

  5. AB Galiani 22 octobre 2006 at 12 h 07 min

    A Quizas,
    N’oubliez pas que le banquier est un commerçant : il veut vendre, d’où la pub … mais il souhaite aussi être payé. Il n’a donc rien à gagner au suredettement.
    Accessoirement, j’ajoute que, comme trés souvent, j’adhère aux propos d’Ornais, marqués au coin du bon sens

  6. Jakouille la fripouille 22 octobre 2006 at 12 h 12 min

    La Gazette du parti socialiste -19- 20 oct.

    Marie-Ségolène Royal a adopté, jeudi soir à Clermont-Ferrand, un ton résolument d’extrème-gauche avec des accents proches… d’Arlette Laguiller.

  7. UMPSciencespo 22 octobre 2006 at 13 h 40 min

    pour débattre de la politique économique de Mme Royal, voici un débat initié sur le site de l’UMP Sciences po: umpsciencespo.hautetfort….

  8. Alain Lambert 22 octobre 2006 at 15 h 44 min

    Le changement de photo est tout simplement lié à un oubli de ma part. A.B. Galiani est bien meilleur en économie qu’en « mise en ligne » de photo, c’est le motif de ce petit décalage. Désormais, vous avez la photo choisie par lui. Cordialement.

  9. Gerfo 22 octobre 2006 at 16 h 46 min

    Si les socialistes étaient capables de s’attaquer aux vrais problèmes, ça se saurait.
    D’ailleurs ça se verrait aussi (la France n’en serait pas ou elle en est).
    A défaut d’avoir des propositions réalistes, on retombe dans les faux-fuyants.
    C’était la spécialité de Mitterrand, les choses n’ont pas changé.
    Pour échapper aux dures réalités, Glavany nous propose même de « donner du sens » à l’élection, comme l’aurait fait Mitterrand.
    Il est vrai que le lyrisme à la Mitterrand, était très payant dans les chaumières, chez les bobos ou les pseudos-intellectuels. Il permettait d’endormir les masses et détourner leur attention des problèmes du moment.
    Apres les quatorze ans de pillage par Mitterrand et sa bande ( ou son association de malfaiteurs) on à vu où « donner du sens » peut conduire. Les Français le paient encore aujourd’hui.
    Mais pour autant, les douze ans de Chirac resteront comme un immense gâchis, doublé d’une immense frustration, tant les attentes de changement n’ont pas été traitées.

    Ce dont les Français ont besoin aujourd’hui, c’est de responsables politiques qui s’attaquent aux vrais problèmes, sans chercher de faux-fuyants, et contrairement aux 26 ans passés soient capables de gérer correctement le pays (c’est à dire l’argent des contribuables).
    Cela nous changerait et permettrait de tourner le dos à ceux qui cherchent à « donner du sens » pour combler le vide de leurs propositions.

  10. un délateur d'iniquité 22 octobre 2006 at 19 h 02 min

    A vous lire, A.B. Galiani, il semble que les banquiers sont tout beau et tout gentil. A vous lire, A.B. Galiani, il apparaît que les citoyens, ce que je crois complètement, ne sont ni dupes et ni facilement influençables. A vous lire, A.B. Galiani, les banques sont foncièrement innocentes et les publicistes, relativement intègres (ils ne font que leurs métiers, finalement), A vous lire, AB Galiani, votre connaissance du système bancaire français vous permet indiscutablement de suggérer la responsabilité des français dans leurs mauvaises gestions de leurs finances privées et de plomber, par la même occasion et comme il se doit, les propos de la Royale, A vous lire enfin, A.B. Galiani , c’est oublier complètement, les messages volontaristes et humanistes qui font la particularité des blogs proposés par Monsieur le Ministre Alain Lambert !

    Ok, oublions donc ce préambule, simple éclaircissent entre citoyens respectueux. Vous avancez les chiffres : "fin 2004, moins de 650 000 ménages représentant moins de 4 % des crédits. Le surendettement reste d’ampleur contenue". 650 000 ménages, A.B. Galiani, êtes-vous conscient de l’ampleur de la situation ? Que vous faut-il encore pour relever le critique de la situation, des chiffres qui atteignent ceux du surendettement des ménages britanniques par exemple ? Les Banques françaises, les industries énergétiques et les leaders de la consommation de masse ont accumulés des profits record en 2005 et cette année aussi d’ailleurs. Les banques françaises, à juste titre, ont lutté pour leurs saluts, en privilégiant une stratégie de diversification. Il n’empêche que les banques font trop souvent leurs beurres en abrutissant les particuliers clients par la tarification d’agios importants et des tarifications de leurs prestations encore trop excessives. Pour cela, la Royale n’a pas forcément tort. Sans vouloir généraliser, les services proposés par les banques restent encore trop onéreux ! Par ailleurs, cher A.B. Galiani, expliquez-moi pourquoi, il est si difficile de changer de banque aujourd’hui encore ? Dès que vous émettez cette idée à votre banquier, c’est toute une énumération de frais de clôture de comptes qui vous tombe sur la gueule et dégouté, impuissant, vous ne souhaitez qu’oublier et continuer à vous faire matraquer comme il se doit… Par que, forcément, les banques ne sont en aucun cas le fléau que la Royale semble nous faire croire. Dîtes-moi encore, A.B. Galiani, pourquoi quand un particulier souhaite contracter un plan d’épargne, il se retrouve affubler, presque à son insu, de contrats d’assurance décès, de contrats d’assurances tellement divers et variés, écrits en tout petit en bas d’un des innombrables feuillets, qui me pousse encore à croire que les banquiers restent manifestement peu honnêtes… Mais bon, cela doit sans doute représenter un accident passager dont j’ai malheureusement fait les frais. Pour les autres, cela se passe beaucoup mieux sans doute et le système bancaire français reste, à l’évidence, un principe même d’intégrité. La Royale a forcément tort sur toute la ligne… Ah là là ! Vive le système bancaire français et que ceux qui le critique soit damné !

  11. AB Galiani 22 octobre 2006 at 20 h 21 min

    Fichtre, Monsieur (ou Madame) Delateur d’Iniquité est fort remonté.
    Non, je ne crois pas que les banquiers soient "tout le monde il est beau, tout le monde, il est gentil" et vous mettez à trés juste titre le doigt sur la clarté des relation "banques clients". Mais ce n’était pas là le propos.

    Je maintiens cependant que les banques ne poussent pas au surendettement. Ce dernier est bien davantage la conséquence d’une dégradation de la situation économique. Si on veut empecher le surendettement, à vous entendre, il faut donc interdire l’accès au crédit aux plus modestes … Pour eviter 1 personne qui connaitra le surendettement, ce sont donc 50 personnes qui se verront interdites de crédit !!!! Soyons sérieux ! La loi Neiertz (et c’est tout à l’honneur de cette dame) offre des sorties honorables à des situations pénibles en contraignant les banques à vrai preuve de prudence ! La cause de la pauvreté n’est pas le système bancaire.

    Ce qui m’indigne, moi, c’est qu’une dame qui prétend occuper la plus haute fonction de l’Etat ressorte les vieux fantasmes que l’extrême droite et l’extreme gauche ont agité de tout temps, la dénonciation de la "ploutocratie". C’est bien, ça distrait, mais malheureusement cela ne relève pas le niveau d’analyse et de reflexion.
    Je crois que Madame Royale est fachée avec l’économie, c’est son droit, mais cela ne l’autorise pas à dire n’importe quoi.

  12. Ornais 22 octobre 2006 at 20 h 48 min

    Je trouve bizarre votre maniere de penser M le delateur d’iniquité .. A vous lire il y 650 00 menages qui sont tenus par des gens sans cervelle .

    C’est vrai les frais de banque ne sont pas des cadeaux mais il y a une concurence ainsi alors que certaines banques vont prendre des frais sur un retrait dans un distributeur qui n’est pas du reseau .. d’autre vont vous recompenser d’aller sur ceux du leur .

    Par ailleurs , il n’est qu’ a chercher a contracter un emprun pour verifier que la concurence entre taux existe .. Apres que la banque prenne une garantie par une assurance décé me semble normal

    Certains , gegnet plus que d’autres .. et alors ? C’est la vie et c’est normal … Un medecin a le droit de gagner plus qu’un manutentionaire .. pour un footeux , c’est vrai que la je m’etonne mais ce n’est pas grace a moi

    Les banquiers sont malhonnetes .. vus semblez suffisement malin pour faire jouer la concurence . Les gens les plus faibles vont a la Poste ou a la caisse d’epargne …

    Au fait les cadres du PS , ils sont a la Poste ?

    Dire que la pauvreté est la faute des banques est stupide ..Elles vievnt de la richesse et donc des echanges .. moins il y en a moins elle gagnent .

    L’argent prend de la valeur en servant aux echanges pas en restant dans un coin a attendre .N"oubliez pas que les HLM sont construit avec l’argent des Caisse d’Epargne .. Vous voulez l’equitee le partage , alors placez y votre argent

  13. Bernique 22 octobre 2006 at 22 h 12 min

    lire l’article de le Boucher dans le Monde sur l’enjeu français. 0n comprend alors mon pessimisme!

  14. cultilandes 22 octobre 2006 at 23 h 34 min

    650 000 ménages surendettés, c’est beaucoup, trop!

    Les banques font généralement attention à ne pas prêter sans précaution, sans garantie… Alors on se tourne vers les "organismes de crédit" qui sont moins regardants sur les taux d’endettement, mais qui appliquent des taux d’intérêt proches de l’usure. Ce type de surendettement doit, à mon avis, être moins lié aux divorces et pertes d’emploi que l’endettement auprès de banques classiques.

    Mais comment expliquer et justifier que ces organismes de crédit "fautifs" soient généralement des filiales de banques "vertueuses"? Belle vitrine et arrière salle douteuse…

  15. AB Galiani 23 octobre 2006 at 10 h 38 min

    A Cultilandes
    650 000 ménages, c’est effectivement trop. Mais c’est à rapporter aux 25 ou 30 millions de ménages qui ont des crédits … Les ménages pour surendettement actif, c’est-à-dire ceux qui ont accumulé les crédits jusqu’à plus soif, ce qui laisse présumer une faute grave de la banque, n’excèdent guère 170 000, ce qui répond partiellement à la remarque sur les « organismes de crédit ».
    Revenons au fond de la question : En France la tarification bancaire n’excède pas 20 % du PNB (produit net bancaire), alors qu’elle se situe allègrement entre 30 et 40 % en Europe. Pourquoi y a-t-il aussi peu de banques étrangères « grand public »en France ? Une des raisons, c’est que ces banques doivent tarifer moins que dans leur pays d’origine.
    Le surendettement n’est pas la cause de la pauvreté mais , comme déjà écrit, la cause d’un accident de la vie, dont le chômage. Sauf à assimiler l’octroi d’un crédit à un acte délictueux, il me semble difficile d’interdire le crédit, notamment aux plus modestes. Je laisse aux détracteurs du système bancaire le soin d’expliquer que l’accès à la propriété leur sera interdit. Il est à souligner que le fait de ne pas pouvoir faire face à son loyer ou ne pas faire face aux échéances du prêt immobilier sont similaires : le premier ne choque guère, le second, si … pourquoi ?
    En jetant l’opprobre sur les banques, il ne faut pas oublier que la Gauche cherche à faire oublier ses propres responsabilités !

  16. marc 23 octobre 2006 at 13 h 02 min

    Il est invraisemblable, lorsque l’on s’en prend nominativement à quelqu’un, de ne pas prendre la peine d’orthographier son patronyme correctement : madame Royale !!!
    et ce n’est pas une faute de frappe, puisque l’erreur figure à plusieurs reprises dans le texte d’Alain LAMBERT
    ce n’est que l’expression d’une ignorance, d’une désinvolture, voire d’un manque de respect, cela est bien dommage
    cordialement

  17. AB Galiani 23 octobre 2006 at 13 h 57 min

    A Marc,
    Sur un ton fort peu amène, vous me faites observer que j’ai abimé l’orthographe de Madame Royal.
    C’est exact. Ce n’est pas une faute de frappe, simplement un réflexe acquis depuis la petite enfance concernant les accords.
    Je ne commente pas les qualificatifs que vous m’attribuez : ce qui est excessif est insignifiant. Sachez simplement que le débat démocratique implique forcément des désaccords mais n’empêche pas le respect et je ne pense pas avoir été injurieux ou grossier. L’emploi du terme "Madame" est d’ailleurs une marque de politesse et de courtoisie envers la candidate socialiste.
    Je prie donc Madame Royal de m’excuser d’avoir abimé son nom.

  18. marc 23 octobre 2006 at 17 h 38 min

    je vous prie de m’excuser, si la faute était involontaire comme vous l’indiquez
    mais, comme vous le savez, les jeux de mots sur le patronyme de S. Royal sont fréquents (quelqu’un ici a même cru utile de l’appeler Marie-Ségolène dans un but évident de dénigrement), et je trouve ces jeux de mots déplacés; c’est exactement comme les attaques visant l’aspect physique de tel ou tel
    c’est vrai aussi que je réagis toujours vivement quand le nom de quelqu’un (de surcroît connu) est mal orthographié ou mal prononcé, car cela me paraît souvent relever de l’attaque ad hominem
    désolé si je vous ai froissé
    cordialement
    marc

  19. AB Galiani 23 octobre 2006 at 18 h 26 min

    A Marc
    Vous avez fort bien fait de me signaler cette erreur d’orthographe, que je me suis empressé de corriger dans le texte, et je vous en remercie.

  20. Ornais 23 octobre 2006 at 19 h 01 min

    Moi , je me sens insulté par la candidate socialiste se presentant sous le pseudonyme de Mme S Royal . Pourquoi n’est elle pas fiere de ses origines , de son nom et prenom ?Pourquoi eprouve t’elle le besoin de les occulter ?

    L’usage de se nom de scene me dérange car il est du meme mode que celui de Johnny Hallyday – Jean Phillipe Smet .. j’ai le sentiment qu’on emploie se peudonyme comme un paquet de biscottes ou un jambon .. un nom porteur , pour vendre des idees falacieuses Si j’ai envie de rever en achetant de la musique , je demande des hommes et femmes politique , nom du reve , mais de la verité ..

    Monsieur Strauss Khan ne se fait pas appeler Robert Dupont pour vendre plus facilement sa candidature , il ne cache pas ses origines bourgeoises

    Pourquoi Joseph (Iossif) Vissarionovitch Djougachvili a t’il preféré se faire appeler Joseph Acier ?

  21. Cl PICAUT 23 octobre 2006 at 19 h 26 min

    la banque à la fois mystérieuse et haïe Pourquoi tant d’opprobre ?

    On passera sur le couplet socio philosophique :la France judéo chétienne….etc

    traitons quelques grands points

    point 1 la Banque ne prête qu’aux Riches et/ou s’il y a de bonnes garanties:

    Cela a été vrai longtemps du fait même de la culture et du peu de développement des connaissances théoriques.

    aujourd ‘hui on refléchit d’abord à la faisabilité intrinsèque d’un investissement (privé, patrimonial, entrepreneurial) et si seulement si le dossier est économiquement viable alors arrivéele chapitre sûretés.En outre les sociétés de cautions ont permis l’accès au crédit sans garanties personelles.

    pour le crédit de masse , le banquier fait appel à des modéles econométriques , probabiliste, multi régression …etc

    point 2 les banquiers sont frileux et ne prennent aucun risque :

    S’ils ne prenaient pas de risque, leurs bilan et compte de résultat seraient dépourvus de provisions et de perte sur créaances irréouvrables.

    on parle de banque mais de quel type de banquier ?
    la banque de détail ou l’investment bank ? pas la m^me chose
    le premier est un créancier, l’autre est un associé qui est capital risker.

    On ne peut demander à un banquier de détail de représenter 90%
    du passif d’un de ses clients.

    le problème est pour les entreprises leur faiblesse capitalistique.
    en France rien n’est fait pour sérieruselent permettre de renforcer "le Haut de bilan"

    Les lois ont souvent considéré le banquier comme celui qui devait toujours payer la casse.
    il doit jongler entre l’évitement du soutien abusif et la rupture brutale de crédit et risque de devoir combler le passif.
    ceci a engendré de la frilosité en termes d’accompagnement de l’entrerpsie en difficulté.
    On attend avec impatience la jurisprudence sur le nouvelle loi sur les difficultés des entreprises.

    point 3 la banque a tous les droits
    faux
    la banque fait partie des entreprises les plus surveillées
    AMF, Commissions Bancaires, Trésor, code monétaire et financier, BDF
    réglemntation bale II et sa moindre incartade est sanctionnée financièrement et par publication.

    point 4 les banques sont agressives

    OUI c’est vrai mais comme tout secteur actuellement.
    Tout repli de part de marché condamne la banque à devenir le vassal
    d’une autre.

    point 4 les banquiers sont froids et cyniques :
    pas forcément. Quand un débiteur ne paie pas, le plus souvent on fait de l’amiable et si malheureusement cela se passe mal en dernier lieu on réalise les garanties. Les procédures contentieuses sont longues et coûteuses.

    point 5 les banques traitent mal les clients "pauvres"
    le législateur a créé un service bancaire de base minimal. ceci a permis d’éviter des dérappages.Parfois les banques créent des émanations sur le crédit alternatif.
    Elles doivent faire encoredes progrès.

    ***
    j’ai essayé d’être objectif ,faisant partie de cette affreuse confrérie(sourire)

  22. AB Galiani 24 octobre 2006 at 6 h 25 min

    A Cl Picaut,
    Rien à ajouter …
    Sinon qu’il existe un vieux fond gréco-latino-catholique qui condamne l’argent ; "l’interet est le prix du temps, mais le temps n’appartient qu’à Dieu", disait St Thomas d’Aquin. Et les relations avec le commerce d’argent sont toujours conflictuelles. C’est donc facile de dire "la pauvreté, c’est la faute aux banques ".

  23. raleur 25 octobre 2006 at 18 h 36 min

    ces propos sur les banques me rappellent il y a une vingtainre d’années le ministre du budget (aujourd’hui sénateur du Puy de Dome) qui vitupérait contre "ces banquiers quui ne pensaient qu’à nous piquer notre blé" (je cite de mémoire) alors que les principales banques françaises étaient nationalisées donc sous sa tutelle !